FEMMES-AUTEURS
DES ANTILLES
marise conde
Les Guadeloupéennes Gisèle Pineau, Maryse Condé
et Simone Schwarz-Bart; la Haïtienne Marie-Thérèse Colimon;
les Hispanophones Ana Lydia Vega (Porto-Rico) et Nancy Morejean (Cuba);
la Martiniquaise Suzanne Dracius-Pinalie , etc. Une liste non exhaustive
(il ne s'agit pas d'un palmarès), des vocations créatrices
antillaises qui s'expriment par l'écriture. Pour développer
un regard critique sur la société. Point d'immobilisme intellectuel
chez ces femmes-auteurs des Antilles. Elles s'investissent dans la double
exigence d'enracinement et d'ouverture sur le monde. Esquisse des lectures.
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SALALA
Mbasalàla Zafimaneva dit M’Bassa : chant, danse. Bereziky
: chant, luth kabôsy, danse. Benjamin Casimir dit Kazy : chant, hochet
katsa, tambour langoro, danse.
Salala et Tiharea sont deux trios vocaux, l’un masculin et l’autre féminin.
Ils ont développé une expression ancrée dans la culture
du sud de Madagascar, et plus particulièrement dans celle du peuple
Antandroy, « ceux du pays épineux », qui vit majoritairement
dans cette région aride et rocailleuse. Fondé en 1983 par
M'Bassa, Salala (dont le nom signifie « espérance »)
propose une musique créative, influencée par les anciens
chants populaires, en particulier le beko, un genre lié aux cérémonies
funéraires traditionnelles. A cappella ou accompagnés d’un
luth ou de percussions, les chants de Salala laissent une large part à
la spontanéité et à l’improvisation du moment.
TIHAREA
Talike Gellé: voix, tambour langoro, danse. Eliane Randriamanana:
voix, hochet katsa, danse. Annie Andriamanana: voix, luth kabôsy,
katsa, danse.
Quant aux trois chanteuses de Tiharea, elles interprètent de splendides
polyphonies dont émergent d’étonnants effets vocaux : accents
gutturaux, halètements ou raclements de gorge. Par leur chant, elles
décrivent volontiers la situation des femmes dans la société
malgache. Leur féminité s’affirme de façon ironique
lorsqu’elles s’attristent sur la disparition des « vrais hommes »,
ou plus douloureuse quand elles content les rivalités entre les
épouses d’un polygame. Pour Tiharea, le chant est un remède
contre les maux de l’âme, la jalousie ou la lâcheté.
Cette soirée nous fera découvrir une musique aux accents
rares, faite de surprises et d’émotions fortes. |
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Patricia
Faraut et Africa Femmes Performantes en Congrès à Kinshasa

Une délégation de
l'ONG Africa Femmes Performantes conduite par sa présidente, Mme
Patricia Faraut, effectuait en juillet 2009, une visite de travail à
Kinshasa, capitale de la RDCongo. Cette visite s'inscrivait dans le cadre
des préparatifs de la 3ème édition d'Africa Femmes
Performantes, prévue à Kinshasa. La délégation
d'AFP a eu une séance de travail, le 20 juillet, avec Madame Louise
Mwayuma, directrice adjointe du cabinet du chef de l'état congolais,
assistée de Mme Paola Gbenye, conseillère et représentante
de la présidence aux travaux préparatoires du congrès.
La 3ème édition est une suite logique des rencontres initiées
depuis la création de l'AFP en 2005. En effet, la 1ère édition
du congrès en 2007, en la salle des Congrès de l'Espace Grande
Arche de la Défense, à Paris, permettait aux femmes de partager
leurs expériences, de créer des réseaux, de définir
des alliances et des partenariats d'affaires. La 2ème édition,
toujours à Paris, se plaçait sous le signe du « déclic
» nécessaire aux Africaines pour faire prospérer leurs
entreprises. Ces congrès se veulent un atout pour la visibilité
et la promotion de la femme noire entrepreneur dans le monde. Association
apolitique à but non lucratif, AFRICA FEMMES PERFORMANTES initie
des activités qui promeuvent et développent l'entrepreneuriat
féminin africain. Mme Patricia Faraut, sa présidente, nous
en dit un peu plus, à la veille du 3ème congrès que
tiendra son ONG à Kinshasa du 28 novembre au 4 décembre 2009.
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DEBAA
La danse extatique des femmes de
Mayotte
L'ensemble Debaa a reçu le Prix France
Musique des Musiques du monde 2009. Ousseni Nourou Idrissa, Faidati Idrissa
: chant, tambour msindrio . Sadanati Mahamouda, Moina Saindou : chant,
tambour tari. Assanati Hamidani : chorégraphie. Madania Ali, Inchati
Mahamouda : imam. Toyba Idrissa, Adidia Said, Nihadi bint Said Attoumani,
Mariama Mahamouda, Ismainla Akissami, Moida Abdou, Zaika Hamada, Andilati
Alidy : danse
La présence de l’islam est forte sur l’île
de Mayotte. On y rencontre des pratiques spirituelles qui s’inscrivent
dans l’esprit du soufisme, comme les chants et danses appelés debaa,
pratiqués exclusivement par les femmes et les jeunes filles. Alignées,
vêtues de la tenue blanche traditionnelle, parées de leurs
plus beaux atours, les femmes exécutent leur chorégraphie
en se balançant au rythme des tambours, tantôt assises, tantôt
debout, pour évoquer le mouvement des vagues de l’océan en
une longue ondulation aux courbes sinueuses. Tirés des livres sacrés,
les chants du debaa, en langue arabe, s’adaptent à différents
contextes. Ils se font chants de louange lorsque les danseuses accueillent
les pèlerins à leur retour de la Mecque ; ils deviennent
rites expiatoires durant la période du Ramadan. La mélodie
chantée par la soliste est inlassablement reprise par le chœur,
tandis qu’un ensemble féminin de percussions les accompagne de ses
figures rythmiques aux timbres variés.
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On
en parle
Anouar
Brahem
Tunisie/France
Philippe De Jonckheere. Cela doit faire une quinzaine
d’années que j’écoute la musique d’Anouar Brahem, depuis
Conte de l’incroyable amour, et j’ai entre-temps comblé mon retard
de Barzakh, je n’ai fait l’impasse finalement, dans toute sa discographie,
que de son disque avec Jan Garbarek, fatigué par anticipation du
son de ce saxophoniste dont je savais d’avance qu’il écraserait,
par habitude, l’oud d’Anouar Brahem, comme il le fait avec tous ces musiciens
orientaux, il l’a même fait avec Nusrat Fateh Ali Khan, alors je
ne donnais pas cher des sonorités fragiles de l’oud de Brahem. Et
au fil des disques, un tous les deux ans, à peu près, j’ai
toujours été surpris par la capacité de ce musicien
à me surprendre par le renouvellement de sa musique, alors même
que les instrumentations restaient sobres, trois ou quatre musiciens tout
au plus, et ne donnaient donc pas a priori de chances évidentes
au renouvellement par ce biais — en la matière on peut davantage
faire confiance à un autre joueur d’oud, Rabih Abou Khalil, qui
lui puise justement son renouvellement, ses nouvelles directions en faisant
varier plus drastiquement ses orchestrations à la fois par le nombre
et la nature des instruments. Dans son dernier disque the Astounding eyes
of Rita, en hommage au poème de Mahmoud Darwish, Rita and the rifle,
Anouar Brahem introduit la percussion en quartet, avec un joueur discret
de darbouka et de bendir (vous me ferez une heure de chaque — pas certain
que cette private joke atteigne la seule personne susceptible de la comprendre),
et avec une très belle association avec un joueur de basse acoustique,
s’oblige lui-même à des mouvements peut-être mois contemplatifs,
davantage dans le tempo, le swing presque. Avec ces ryhtmes plus marqués,
plus appuyés — ce n’est pas non plus la rythmique de Led Zeppelin
hein ? — les deux solistes ont, apparemment, une marge de manoeuvre plus
grande et s’évadent paradoxalement plus facilement avec ce fil à
la patte rythmique. Et pourtant le renouvellement ne vient pas seulement
de là. On ne peut s’empêcher de comparer cet album à
Thimar avec John Surman aux clarinettes, notamment basse, et Dave Holland
à la contrebasse, sans doute à cause de la présence
à nouveau d’une clarinette basse près de l’oud, mais aussi
pour les passages de relai, rares sont les moment dans Thimar où
les trois musiciens jouent en même temps, plus souvent à deux
et souvent aussi seuls, et on sentait comment justement les alliages avaient
été difficiles à trouver, les deux musiciens occidentaux
étaient restés respectueux de leur hôte oriental, presque
taiseux. Il semble qu’Anouar Brahem ait bénéficié
de son association précédente avec un piano et un accordéoniste
et ait pu trouver à cette occasion des passerelles inédites
qui bénéficient grandement à la fluidité entre
les instruments dans ce disque. Avec intelligence ces nouveaux éléments
de vocabulaire, dans une langue qui n’est pas étrangère,
juste fusionnelle avec tous les dangers qu’une telle entreprise comporte,
ne sont pas systématiquement mis en avant, mais au contraire inclus
avec équilibre au sein même d’une musique qui si elle a mûri
n’en a pas oublié ce qu’elle était quelques disques auparavant,
et ce qu’elle a toujours été, depuis le début, l’écoute
profonde des musiciens entre eux, cherchant chaque fois, avec beaucoup
de mérite où se trouvent les frontières poreuses que
son propre instrument entretient avec l’instrument de l’autre. |
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Ngozi N. Okonjo-Iweala, la femme
à solutions
La Nigériane est le numéro deux de la
Banque mondiale. Récompense d’une belle carrière au service
du monde entier.
Par Chérif Elvalide Sèye

« Okonjo-Wahala ». En langue yorouba, l’une des principales
ethnies du Nigeria, l’expression signifie « la femme à problèmes
». C’est vrai que des problèmes, elle en a causé. Mais
pour la bonne cause. Dans le pays le plus grand d’Afrique, qui passe également
pour l’un des plus corrompus au monde, son arrivée à la tête
du Ministère de l’économie et des finances a envoyé
en prison rien moins que le chef de la police nationale et fait révoquer
trois ministres, deux juges, deux amiraux et un gouverneur. Elle est naturellement
l’objet des pires menaces dans un pays où règne une insécurité
endémique. Les problèmes, c’est plutôt pour ceux qui
en causent à son pays, au chevet duquel l’a appelé le président
nigérian Olusegun Obasanjo, qui venait d’être élu,
à l’issue d’une élection démocratique qui refermait
une longue page de dictature militaire.
Une anarchie totale
Obasanjo hérite d’un pays où l’Etat est
quasi inexistant. L’informel absolu règne en maître dans l’économie.
Nul ne songe à payer des impôts, les banques s’ouvrent partout
dans une anarchie totale, la planche à billets fonctionne au rythme
du déficit public à résorber. La masse monétaire
s’est accrue de 21,5% en 2002 et de 24,2% en 2003. Le taux d’inflation
est à deux chiffres. 23%. Le naira, la monnaie locale, a quatre
différents taux de change. Alors que s’achève son premier
mandat, le président décide de s’attaquer désormais
au dossier économique. Pour remettre l’économie du pays sur
les rails, il s’entoure d’une véritable « dream team ».
Son conseiller économique, Charles Chukwuma Soludo, est nommé
gouverneur de la Banque centrale. Nasir El-Rufai, autre brillant sujet,
diplômé également de Harvard Business School et de
Georgetown University, prend en charge l’Agence pour la privatisation.
Du côté du secteur privé, Tony Elumelu, PDG de United
Bank for Africa (UBA). « J’ai rarement vu quelqu’un d’aussi rude.
» Elle parvient à ses fins. 60% de la dette du Nigeria au
Club de Paris, soit 18 milliards de dollars, sont effacés. C’est
la deuxième plus importante annulation de dette du Club de Paris
en cinquante ans d’existence. Au gouvernement enfin, pour la première
fois, une femme. Brillante tête d’œuf, Dr Ngozi Okonjo-Iweala, une
économiste diplômée de Harvard et de l’Institut de
technologie du Massachusetts. Iweala n’a pas fait que de brillantes études.
Elle a surtout une expérience variée de tous les champs du
développement et des finances. Entrée à la Banque
mondiale en 1983, elle y a déjà tout fait. De 1989 à
1991, assistante spéciale principale du vice-président chargé
des opérations, elle a l’occasion de se familiariser avec la formulation
des politiques des pays. La Chine et le Burkina Faso sont ses premiers
terrains d’expérimentation. Quand les pays de la Zone franc subissent
leur première dévaluation, bien traumatisante, de 50% de
leur monnaie, le franc CFA, elle vole à leur secours. Le Rwanda,
sort-il du terrible génocide, Ngozi est à ses côtés.
Dans le Moyen-Orient pétrolier, elle entreprend de développer
l’agriculture. Elle n’entreprend pas tout cela dans ses bureaux douillets
de Washington. Elle est sur le terrain pour se rendre compte par elle-même.
Empathie
« Ce n’est pas quelqu’un qui se réfugie dans
les Hilton », se souvient Olivier Lafourcade, qui fut son supérieur
à la banque. « Elle est en empathie avec le milieu rural »,
ajoute-t-il. Puis, pendant six ans, elle s’est occupée de l’Asie
de l’Est, devenant directrice des opérations pour la Malaisie, la
Mongolie, le Laos et le Cambodge, alors que ces pays sont confrontés
à une grave crise financière. Après l’Asie, le Moyen-Orient
de 2000 à 2003. Ngozi connaît aussi la vénérable
maison de l’intérieur pour avoir été directrice en
charge du changement institutionnel et de la stratégie de 1995 à1997,
chargée à ce titre du programme de réforme institutionnelle
de la banque. Secrétaire du conseil d’administration, elle apprend
les subtilités de la gestion des hommes, des humeurs et des égos.
« Un boulot infernal ! Il faut concilier les désirs des 24
administrateurs représentant les Etats membres de l’institution
avec ceux de la direction. Elle y réussissait sans se fâcher
avec personne », souligne Pierre Duquesne, ancien administrateur
pour la France auprès de la Banque mondiale. Cette expérience
multiforme ne lui sera pas de trop pour le nouveau défi qu’elle
accepte. Le président de la banque, James Wolfensohn, est sollicité
en 2000 par le président nigérian Obasanjo pour lui fournir
un conseiller capable de l’aider à organiser et à rationaliser
la gestion économique du pays. Le conseiller est tout trouvé,
une Nigériane de surcroît. Mais peut-elle accepter une mission
aussi casse-cou en laissant à Washington le calme douillet de sa
vie de famille, son mari, le chirurgien Dr Ikemba-Iweala, et ses quatre
enfants ? Le challenge ne lui fait pas peur. La voilà au Nigeria.
Mission si bien remplie que lui est proposé le Ministère
des finances en 2003. La tâche est d’une autre ampleur. Il s’agit
de s’occuper de revenus gouvernementaux de plus de 45 milliards de dollars
par an, du quotidien de plus de 150 millions d’habitants.
Tout ou rien
La mission a failli pourtant ne jamais commencer. Pour
de mystérieuses raisons, Obasanjo lui enlève le Trésor
et le Budget. Pas question. C’est tout ou rien. Ce sera tout. Elle ne perd
pas une minute. Premier chantier, la privatisation des aciéries.
Elles sont certes déficitaires, mais les syndicats y sont puissants.
Il faut les affronter. Aucune hésitation. Idem pour les télécommunications.
Le monopole étatique renchérit les coûts et plombe
la qualité du service. Inimaginable, la ministre décide de
rendre publiques les recettes du pétrole, dont le pays est le premier
producteur africain avec environ deux millions de barils par jour. Les
montants sont astronomiques, mais les populations n’en profitent guère.
Ce n’est pas elle qui décide de l’affectation des recettes, prérogative
du président qui doit arbitrer un savant partage entre budget fédéral,
ristournes aux régions productrices, allocations aux collectivités
locales. Mais la simple publication des recettes est pour elle une formidable
pression pour que « l’argent du pétrole aille dans les écoles
et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns
».
Piège de la dette
Elle n’a pas bataillé que contre les lobbies et
autres pouvoirs établis de son pays. L’auteur de The Debt Trap in
Nigeria : Towards a sustainable debt strategy (Le piège de la dette
au Nigeria, vers une stratégie viable de la dette) s’attaque naturellement
à la dette de son pays. 30 milliards au seul Club de Paris. Les
négociations promettent d’être ardues. Pour se donner une
plus grande marge de manœuvre, elle évite le Fonds monétaire
international, voie obligée pour prendre langue avec le Club de
Paris. Pas nécessairement. Il suffit d’avoir un programme encore
plus rigoureux. Logique, mais encore fallait-il y penser. Cela ne suffit
pas. Le pays a mauvaise réputation et d’importantes recettes pétrolières.
Les créanciers n’ont pas trop envie d’alimenter un système
corrompu. Cette corruption, au lieu de la handicaper, lui sert d’argument.
« Vous avez prêté à des gens corrompus et vous
osez réclamer le paiement de cette dette à l’un des pays
les plus pauvres du monde ? Vous n’allez tout de même pas laisser
tomber le premier gouvernement “propre” du Nigeria ? » Elle n’est
pas qu’habile. Elle peut aussi démontrer sa détermination
à changer le système en montrant les réformes courageuses
entreprises. Malgré tout, les créanciers lui demandent de
rembourser avant tout effacement. Elle leur oppose un argument contraire
: « Annulez d’abord et nous rembourserons après. » Un
des négociateurs se souvient : « J’ai rarement vu quelqu’un
d’aussi rude. » Elle parvient à ses fins. 60% de la dette
du Nigeria au Club de Paris, soit 18 milliards de dollars, sont effacés.
C’est la deuxième plus importante annulation de dette du Club de
Paris en cinquante ans d’existence. Elle la double d’un rachat innovateur
de la dette au secteur privé. Au total, la dette extérieure
du Nigeria passe de 35 à 5 milliards de dollars.
Bilan flatteur
La dette ainsi réduite, décidément
insatiable, elle entreprend de faire noter son pays pour lui donner accès
aux ressources financières du marché aux meilleures conditions.
En janvier 2006, le pays, fort des réformes mises en œuvre, de son
faible endettement, obtient la cote de crédit BB auprès de
Fitch et Standard and Poors. Le Nigeria y est en bonne compagnie avec des
pays émergents, le Brésil, le Venezuela, le Viêt Nam,
les Philippines et la Turquie. Au bout de trois ans, Ngozi a grandement
contribué à révolutionner l’économie nigériane.
Le taux de croissance a triplé en trois ans avec une moyenne de
6% par an. Le produit intérieur brut a été multiplié
presque par trois. Elle n’aura pas le loisir de poursuivre sa mission.
Les élections s’annoncent. Préoccupé par la prolongation
de son mandat, Obasanjo veut desserrer l’étau que Ngozi a imposé
au pays. A moins que le président n’ait pris ombrage des nombreux
pronostics qui en font son successeur tout désigné. Difficile
toutefois de la limoger après un tel bilan. Les Affaires étrangères
apparaissent au pouvoir l’endroit idéal où la confiner sans
qu’elle ne mette son nez dans les petits arrangements entre politiciens.
Elle a compris. L’agenda présidentiel a changé. Il n’est
plus question de relever l’économie du pays. Il faut conserver le
pouvoir. Ngozi réalise qu’elle n’y a plus sa place. Au bout de trois
mois à peine, elle démissionne en août 2006 des Affaires
étrangères. Elle ne chôme bien sûr pas. Elle
crée un fonds de 50 millions de dollars pour les femmes africaines
chefs d’entreprise, fonde un centre de recherche sur les politiques de
développement africaines...Le président Robert Zoellick,
connaissant sa valeur, la rappelle à la Banque mondiale. «
Elle a combattu courageusement la corruption et n’oublie jamais les plus
démunis qu’elle veut servir, non en les assistant, mais en les rendant
autonomes », justifie-t-il. A peine réinstallée, elle
continue une autre croisade contre la piètre réputation de
son continent. « L’Afrique n’est plus un problème, dit-elle,
mais un continent d’opportunités. Elle a connu un taux de croissance
de 6% pendant plusieurs années et se porte mieux. C’est vrai, la
crise est là, celle des prix des produits alimentaires notamment,
et moins de 5% de nos terres sont irriguées, contre 40% en Asie
du Sud. Mais il faut cesser de considérer l’Afrique comme un malade.
» Si le président de la Banque mondiale cesse d’être,
un jour, un homme, blanc et américain, Ngozi a ses chances. Qui
dit mieux ?
Cette semaine à
la Une
Dr
Mambi Meido Hermine veille sur le centre hospitalier de Batchingou
La diaspora africaine joue
un rôle essentiel dans la mise en place des infrastructures sanitaires
indispensables à l'amélioration des conditions de vie dans
des villages africains. Son action lui vaut d'être considérée
comme la sixième sous-région de l'Afrique. L'exemple des
micro-projets est à saluer, en dépit des difficultés
à surmonter pour les réaliser. La
Camerounaise Dr Mambi
Meido Hermine de l'association GAB parle, dans les lignes qui suivent,
de son expérience en la matière. Interview.
Batchingou est une village
de 39 Km2 situé dans le département de Nde à l'Ouest
du Cameroun. Son relief montagneux et son climat lui confèrent une
douceur de vie enviable. Mais sa population estimée à 3407
âmes a besoin d'un centre hospitalier...
Dr. M.M.H. : Ceci
d’autant plus que Batchingou est assez reculé, par rapport aux autres
villages comme Bangou ou Bamena, traversés par la route principale
reliant les deux villes les plus proches: Bafang à Bangangté.
Pour ainsi dire, le premier hôpital se situe à 30 minutes
de Batchingou, pour autant qu’on ait trouvé le moyen de transporter
la personne souffrante jusque-là. Une grande partie de la
population réside relativement loin du centre du village. Nos routes
étant ce qu’elles sont, je vous épargne des détails
de nos aventures sur une « une moto-taxi » capable de porter
trois personnes avec bagages… .Ces voyages particulièrement acrobatiques
peuvent faire sourire tout le monde, sauf une future mère en phase
de travail d’accouchement, par exemple.
Les villageois ont trouvé
la solution par le biais de l'association que vous présidez, le
Groupe d'Action pour Batchingou-Cameroun, en sigle GAB. A quelle date et
pourquoi le GAB a été créé ?
Dr. M.M.H. : Je
tiens d’abord à vous révéler la devise de notre association
qui est kouGABseuh. Ce qui signifie « recevoir pour redistribuer
». C’est la mise en valeur de la célèbre loi de solidarité
si chère aux Africains. Ainsi, notre association qui a vu le jour
à Genève le 4 octobre 2006, œuvre entre autres dans le but
de rappeler à qui veut nous entendre, que certains objets qu’on
croit hors d’usage ici, peuvent contribuer à sauver des vies ailleurs.
Le centre de santé de mon village est un exemple de lieux, qui ne
devraient plus exister au 21ème Siècle, en tout cas pas sous
la forme actuelle. Mais je me presse d’ajouter que les habitants du village,
plus que quiconque, ont le devoir de faire vibrer cette loi de solidarité
à travers leur centre de santé entre autres. Chaque
citoyen est le premier concerné. Et mon devoir en tant qu’une reine
traditionnelle, c’est de les convaincre que nous pouvons nous offrir, beaucoup
mieux que ce que nous possédons aujourd’hui. Yes, we can !
Votre association est
à la base du projet "Centre de santé de Batchingou". Quelle
est la capacité du centre en terme d'accueil ? Était-ce facile
de doter le village d'un complexe sanitaire ?
Dr. M.M.H. : Comment
répondre à une telle question ? Il faut d’abord savoir
que le centre de santé de Batchingou qui existe depuis 1985 a connu
des graves crises internes, voire des périodes de fermeture totale.
Avant que nous ne prenions la chose en main, une nouvelle crise s’annonçait
depuis un certain temps. Du reste, les habitants étaient de moins
en moins satisfaits de la qualité de soin, voire du temps que le
personnel pouvait leur consacrer. Cette situation était telle que
même les personnes souffrantes se permettaient de boycotter leur
petit centre de santé. Cette désertification a renforcé
l’incapacité de l’auto suffisance du centre, notamment sur le plan
financier. Le salaire des assistants n’était plus régulier.
Alors tout monde se « débrouillait » comme on dit là-bas,
et les caisses se vidaient de plus en plus. Tout ce discours pour vous
dire qu’il y a deux ans en arrière, il n’existait aucun chiffre
statiquement fiable, pour évaluer la fréquentation du centre.
On est reparti presque de zéro, en renouvelant complètement
l’équipe soignante. Aux dernières nouvelles, la moyenne de
fréquentation s’élève à 10 patients par jour.
Nous pouvons être fiers de la nouvelle équipe, qui a vraiment
du mérite, dans la mesure où les moyens à leur disposition
sont, pour moins, limités. Pourtant la lutte continue. Mais
comment travailler efficacement dans un centre qui n’a même pas de
l’eau courante ?
Quel est le sentiment
de la population locale à l'annonce de la reprise des activités
du centre ?
Dr. M.M.H. : Nous
essayons simplement de redonner vie à une structure qui était
moribonde il y a encore deux ans. Imaginez que même les chrétiens
du village ne cessent de prier pour notre œuvre. C’est dire jusqu’où
ils en attendent. Dès le départ de notre démarche,
notre Roi et les notables ont procédé à une série
d’offrandes aux Ancêtres, afin que le message de GAB soit bien compris
et à tous les niveaux. Voilà qu’aujourd’hui vous vous faites,
à votre manière l’ambassadeur de la défense du mieux-être
de mon peuple. Pour ainsi dire nous sommes nombreux à croire qu’un
jour il va s’ériger un petit hôpital à Batchingou.
Après la reprise,
le centre se met en place en terme du personnel et des structures. De quoi
avez-vous besoin pour mieux avancer ?
Dr. M.M.H. : De quoi
avons-nous besoin …J’ai le choix de dire, par pudeur, que nous n’avons
besoin de rien et le choix de dresser une très longue liste, au
risque de vous décourager. Alors je préfère vous parler
de nos urgences. Il nous faut à court terme un médecin à
Batchingou. C’est pour cette raison qu’un jeune du village est entrain
de préparer son examen d’entrée en faculté de médecine
à l’Université des Montagnes. Il va sans dire que cette université
est privée et que nous devons assumer les frais de cette formation,
qui ne peut que durer quelques années. Mais cette université
est réputée pour son sérieux, et pour la motivation
de ses responsables. D’une manière générale, le plus
urgent c’est la formation du personnel. Tout ceci, sans oublier que les
murs de cette enceinte sont si vétustes qu'ils méritent des
travaux de réaménagement.
Est-ce facile d'initier
un tel projet pour une aussi jeune association ? N'avez-vous pas besoin
de partenariat pour mener des réflexions en vue de continuer, d'améliorer
le projet ?
Dr. M.M.H. : Et là,
nous avons énormément des soucis. Car, hormis les deux infirmiers
payés par l’Etat, c’est le centre qui doit former et rémunérer
le reste du personnel. A l’heure où je vous parle, nous n’avons
toujours pas remplacé le commis de laboratoire limogé l’année
dernière, pour les raisons citées plus haut. Allez
y faire un tour. Il y a de quoi choquer celui qui est habitué à
se faire soigner en Europe. Le centre c’est un ensemble de trois bâtiments
dont le plus grand n’atteint pas la surface de mon appartement (HLM) à
Genève. Les murs, sont tous en briques de terre. Un des bâtiments
sert au logement du personnel. Le deuxième abrite le bureau ou la
salle de consultation, la toute petite pharmacie et le coin qui sert de
dépôt à la réserve des médicaments et
matériels. Le dernier bâtiment est destiné aux
soins, à l’hospitalisation, au laboratoire et à la maternité.
Dans une telle vétusté, sans eau courante, que devient le
concept même de la santé, sans règle élémentaire
d’hygiène et de
propreté ? Mais je le répète, il s’agit de mon peuple
et je me sens de plus en plus concernée. Comme partenaire, nous
travaillons depuis deux ans avec l’association AGIRabcd, qui regroupe plusieurs
centaines de retraités français. Ceux-ci veulent mettre leur
temps et leur savoir au service des autres. C’est ainsi qu’un de leurs
formateurs Mr Jacques Bufquin-Couteau, grâce à son
travail et à la qualité de sa présence, est bientôt
plus célèbre à Batchingou que moi-même. Il a
ce don d’inciter le personnel à recourir à l’intelligence
pratique, au bon sens, et toujours avec les moyens du moment. Je suis également
en contact avec l’association « Ingénieurs/architectes sans
frontières » de Genève. Dans plusieurs pays, ils assurent
des installations fiables notamment en électricité,
selon les meilleures normes écologiques. Leur responsable que j’ai
de nouveau rencontré cette semaine se dit prêt à s’engager
pour un projet à Batchingou, à condition que les murs du
dispensaire soient plus solides et l’ensemble mieux adapté pour
l’installation en énergie solaire. D’où nous viendra de quoi
reconstruire au moins un des trois bâtiments, en matériel
plus résistant ?
On parle de plus en plus de la redynamisation de la
vie pour rendre attractif votre village et freiner l'exode rural. Quelle
est votre appréciation de la situation ? Un centre hospitalier suffit-il
à donner confiance aux habitants ?
Dr. M.M.H. : Si vous prenez le temps d’observer, vous
verrez que l’exode rural fait de moins en moins parler de lui. A ceci,
il y a plusieurs raisons. La population mondiale cesse de croître,
particulièrement en Afrique. L’une des conséquences c’est
que la recherche consciente de gagne-pain, devance les autres préoccupations.
Pour cela, certains jeunes formés en ville n’hésitent pas
à s’installer au village. Être intellectuel désormais
ne suffit plus pour s’assurer un avenir professionnel. C’est sans complexe
que les hommes (dits mâles) cultivent désormais la terre à
Batchingou. De nos jours, cause de la surpopulation, personne n’est plus
scandalisée d’apprendre qu’une maman africaine a abandonné
sa progéniture. Nous parlons bien « des enfants de personne
» qui mendient sur le trottoir de nos villes. Vivre au village, aujourd’hui
privilégie la simplicité, l’essentiel. On exploite la terre
ou des petits commerces, d’abord pour la subsistance de la famille. Dans
notre cas, on peut dire qu’en fournissant un salaire contre des bons services,
l’association GAB, soulage en plus les soucis matériels de quelques
familles. Quant à savoir si nous donnons plus confiance, d’une
manière globale à la population…. . Qu’est GAB ? sinon
un petit groupe qui accompagne mes rêves d’un avenir meilleur pour
mon peuple. Et si la dévotion de ceux qui s’engagent ainsi pouvait
inspirer les élites, les expatriés, les jeunes notables et
tous ceux qui gagnent bien leur vie… .Il y a assez à faire dans
un village pour tout citoyen de bonne volonté.
Quelles sont vos sources de financement ? Qui est habilité
à contribuer à votre réussite ?
Dr. M.M.H. : La
principale source de financement se constitue des cotisations et des dons
des membres. Certains d’entre eux, à titre personnel, m’ont même
payé deux voyages intermédiaires cette année, pour
me permettre de mieux contrôler l’évolution du projet sur
le terrain. Ce dont je continue à les remercier. Car au centre de
santé, l’équipe de soin est très jeune. Non, le moment
n’est pas encore venu de baisser la garde. Malgré le nombre important
de dossiers que nous ne cessons d’envoyer, (ce qui coûte cher en
temps et en argent) aucune entreprise ne nous a fait de don. Pourtant,
comme vous le savez, il y a un réel besoin, fût-ce pour continuer
la formation du personnel. Mais, grâce entre autres à la fête
annuelle de GAB à Genève, nous récoltons des fonds,
en continuant à faire connaître notre cause. Lors de
ces fêtes, je réserve toujours un espace pour des échanges
d’ordre culturel. Mon titre de reine fait de moi un défenseur des
valeurs propres à ma culture d’origine. J’estime en même temps
que plus on se connaît mieux on peut coexister, à Genève
ou ailleurs, en dépit de la différence culturelle. Et en
parlant de cette fête, vous avez vu que la forte majorité
des participants étaient des indigènes d’ici qui s’intéressent
à une cause, en faveur d’un pays bien lointain. C’est à nous
de les encourager à poser des questions sans lesquelles un vrai
dialogue entre différents peuples ne peut s’instaurer. GAB n’a rien
à y perdre.
En dehors du centre
hospitalier, avez-vous d'autres projets pour le village de Batchingou ?
Dr. M.M.H. : Nous nous
préoccupons également de l’éducation, car elle est
à la base de tout, y compris de l’hygiène de vie, que suppose
la santé. Certes, mais mon plus grand rêve a toujours
été de créer à Batchingou un centre de recherche
comparative en médecine. Les pratiques traditionnelles doivent prendre
toute leur place. Car .la santé à mon sens, appartient avant
tout à la vision du monde propre à un peuple, malgré
les apports de l’extérieur qui enrichissent l’ensemble. Je suis
sûre que mes étudiants de Genève entre autres, aimeraient
bien faire des stages dans un tel centre. L’Afrique profonde et authentique,
reste encore à découvrir, particulièrement dans ce
domaine.
Il n'y a pas que
le centre hospitalier de Batchingou qui occupe votre temps. Vous êtes
écrivaine. Parlez-nous de votre dernière publication...
Dr. M.M.H. : Mon
dernier livre s’intitule « Prière ». Ce cri de cœur
se lit d’autant plus facilement que mes trois premiers livres sont des
essais sur la médecine et les traditions africaines. Tout mon espoir
en l’écrivant, était que ce petit livre inspire le lecteur
qui cherche sa propre prière. Ceci est lié à mon intime
conviction du fait que l’homme moderne ne prie pas assez. Chaque croyant
devrait consacrer quelques minutes, par jour, au dialogue entre lui-même
et Son Dieu, tel qu’il Le conçoit et l’accepte en ce moment-là.
Personne n'a besoin d’une religion pour parler de son amour de la vie à
son Dieu. Bref, par ces temps tumultueux, la prière devrait faire
partie de notre alimentation quotidienne. Qu’avons- nous à y perdre
? D’autre part, je continue à gagner ma vie en tant que psychologue
ou comme consultante en ethnopsychiatrie et psychologie transculturelle.
Parallèlement à tout cela, j’ai un manuscrit assez avancé,
qui traite du patriarcat en pays bamiléké, ma région
d’origine au Cameroun.
Contact : GAB, case
postale 49 CH 1211 Genève 28 Compte postal 17-307817-2
propos recueillis par Cikuru Batumike |
Lire
aussi
|
Mefieum
Meido Hermine sur la thérapie mentale
Un titre "Entre l'angoisse et l'arbre de paix", essai de 106 pages publié
aux éditions Hélios à Genève. Un surtitre,
les Meugnessies bamiléké du Cameroun. Un auteur: Mme Mefieuh
Meido Hermine, reine traditionnelle, psychologue de formation. Une explication
du livre: la thérapie mentale traditionnelle pratiquée sur
les fous par des thérapeutes-divins, qui auparavant étaient
atteints de la psychose hallucinatoire chronique. On y décrit l'univers
anthropologique de thérapeutes, avant d'analyser l'impact de la
culture sur le malade mental et la façon de gérer cette maladie
dans une contrée africaine. |

l'homme aux talents multiples
|
L'inoubliable
Djibril Diop Mambety
Djibril DIOP Mambéty
nous quittait le jeudi 23 juillet 1998 à Paris, des suites d'un
cancer de la gorge. Comédien, acteur, producteur et réalisateur
sénégalais, Djibril DIOP Mambéty, né en 1945
à Dakar était l'incarnation d'un artiste complet. Il se fait
remarquer à l'âge de 23 ans avec la sortie d'un documentaire
satirique, sur la vie des dakarois, de 16', 16 mm, C "Contras-City". La
production en est assurée grâce à la participation
du Ministère français de coopération. En 1970, il
offre au public "Badou Boy", une fiction de 60' sur la vie à Dakar.
Cette production sera suivie successivement de: "Touki Bouki" en 1973 (les
péripéties des jeunes sénégalais tentés,
mais non convaincus par la nécessité d'émigrer);
"Diabugu" en 1979; "Parlons grand-mère" en 1989 et "Hyènes"
en 1990 (une adaptation de la pièce "La visite de la vieille dame"
de Friedrich Durrenmatt).En 1994, le réalisateur Djibril Diop Mambeti
entame la trilogie "Histoires des Petites Gens", avec, "Le Franc" (ce 44
minutes, 35 mm a obtenu plusieurs prix dont le Prix de la SACD au FIFF
(Namur) en 1994, le Prix du meilleur court métrage au Fespaco
(Ouagadougou); "La petite vendeuse de soleil" en 1998 ( leçon de
courage et exemple de défi, cette histoire de Sili, la petite mendiante,
qui se met à vendre de journaux à la criée, met en
exergue les capacités qu'ont les femmes africaines à jouer
le même rôle que les hommes, dans la vie active). Le réalisateur
Djibril s'est éteint avant que le troisième titre de
cette trilogie ait pu voir le jour. Rencontre à Locarno.
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mélodie
RENÉ LACAILLE
Bal Séga de La Réunion
Le CD Cordéon - Kaméléon a reçu le Grand
Prix du disque 2009 de l'Académie Charles Cros (catégorie
Musiques du Monde)
René Lacaille : chant, accordéon, accordina. Yanis Lacaille:
percussion, charango. Marc Lacaille : percussions, chant, basse, trompette.
Oriane Lacaille : chant, percussions, clavier. Le séga est avec
le maloya le genre majeur de La Réunion et d’autres îles de
l’Océan Indien. Pour chacune de ces îles, le séga diffère
dans son style, mais il se danse toujours en se déhanchant, l’homme
tournoyant autour de la femme. La musique, qui s’est développée
d’abord parmi les esclaves, s’est ensuite nourrie des quadrilles parisiens
que dansaient les propriétaires des plantations et leurs familles.
Figure emblématique de la scène réunionnaise, René
Lacaille est issu d’une lignée de musiciens. Dès l’âge
de sept ans, il accompagne son père aux percussions dans les «
bals à poussière », avant de découvrir la guitare
et le saxophone, avec lequel il signe son premier tube, Sax séga.
Fondateur du groupe Caméléon avec le poète et chanteur
Alain Peters, il s’installe en métropole et s’impose comme auteur-compositeur
multi-instrumentiste : chanteur, accordéoniste, guitariste vagabondant
parfois du charango au ukulélé … Il aime les sonorités
et les rythmes métissés, comme l’attestera son concert détonnant,
mêlant des thèmes traditionnels, ségas ou maloyas,
flirtant avec le blues, la samba ou toute autre musique capable d’émouvoir.
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Les
livres |
Trois
femmes noires dans les lettres anglophones : Buchi Emecheta, Françoise
Ugochukwu et Lindiwe Mabuza
lindiwe mabuza
Buchi Emecheta, Françoise Ugochukwu et Lindiwe
Mabuza (en photo) : trois femmes du monde des lettres en Afrique anglophone.
Leur démarche d'écriture ne diffère pas de celle des
femmes auteurs de langue française. Elles nous offrent des rêves
ou analysent les sujets existentiels sans égards à la langue
usitée. En effet, qu'il s'agisse de la littérature négro-africaine
d'expression française ou anglaise, la vitalité reste la
même. Elles adoptent la même démarche par le fond et
le rôle d'amorce aux débats sur leur existence et l'usage
qu'on en fait. Elles décortiquent des situations semblables, celles
d'une Afrique de rêve, d'une Afrique en perdition ou en progrès.
En effet, les écrits des femmes africaines dépassent le simple
cadre traditionnel de la langue pour s'inscrire dans les thématiques
traitées: réhabilitation de la femme, remise en question
certaines valeurs jugées caduques, rêves, conditions de l'humain,
etc..
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