Médiatropiques : page portraits. Chaque semaine, nous posons notre regard sur les personnalités du monde noir qui font l'actualité 
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La femme au centre de l'inspiration de Ghislaine Sathoud
Ghislaine Sathoud quitte son pays, le Congo-Brazzaville, en 1995. Elle poursuit ses études en France, puis au Canada. Elle obtient, successivement, une Maîtrise en relations internationales (France) et une Maîtrise en Sciences politiques (Université de Québec, Montréal). Devenue citoyenne canadienne, elle se passionne, aujourd'hui, à l'écriture et à la recherche en milieux ethno-culturels. Nous avons accédé à l'ensemble de son travail d'écriture. Avec le choix d'en faire, à la fois, une approche analytique et une lecture des textes choisis. Portrait d'une femme de lettres. 
 
 
 
 
Berthe Kayitesi dans l'après génocide rwandais

Moments tragiques et désespérants que ceux traversés par Berthe Kayitesi, née en 1978 au Rwanda. Elle a 16 ans lorsque le génocide des Tutsis éclate en avril 1994. Elle est contrainte de devenir chef de famille, de s’occuper de ses frères et de sa soeur, à la suite du massacre de ses parents. Commence l’errance ponctuée de séjours en orphelinat et dans des familles d’accueil. Après avoir évité la mort de justesse, elle séjourne quelques mois en RDCongo où elle assiste à l’exode des assassins. Interview. 

 
 
 
 

Patricia Faraut et Africa Femmes Performantes en Congrès à Kinshasa

Une délégation de l'ONG Africa Femmes Performantes conduite par sa présidente, Mme Patricia Faraut, effectuait en juillet 2009, une visite de travail à Kinshasa, capitale de la RDCongo. Cette visite s'inscrivait dans le cadre des préparatifs de la 3ème édition d'Africa Femmes Performantes, prévue à Kinshasa. La délégation d'AFP a eu une séance de travail, le 20 juillet, avec Madame Louise Mwayuma, directrice adjointe du cabinet du chef de l'état congolais, assistée de Mme Paola Gbenye, conseillère et représentante de la présidence aux travaux préparatoires du congrès. La 3ème édition est une suite logique des rencontres initiées depuis la création de l'AFP en 2005. En effet, la 1ère édition du congrès en 2007, en la salle des Congrès de l'Espace Grande Arche de la Défense, à Paris, permettait aux femmes de partager leurs expériences, de créer des réseaux, de définir des alliances et des partenariats d'affaires. La 2ème édition, toujours à Paris, se plaçait sous le signe du « déclic » nécessaire aux Africaines pour faire prospérer leurs entreprises.  Ces congrès se veulent un atout pour la visibilité et la promotion de la femme noire entrepreneur dans le monde. Association apolitique à but non lucratif, AFRICA FEMMES PERFORMANTES initie des activités qui promeuvent et développent l'entrepreneuriat féminin africain. Mme Patricia Faraut, sa présidente, nous en dit un peu plus, à la veille du 3ème congrès que tiendra son ONG à Kinshasa du 28 novembre au 4 décembre 2009. 
 

 

Les grandes causes de Marie-Andrée Ciprut
Elle est d’origine martiniquaise. Psychologue-psychothérapeute  de formation, elle est engagée dans la cause des femmes migrantes par le biais de l'écriture, des réflexions et des séances de thérapies qu'elle dirige. Ce leitmotiv a toujours accompagné sa démarche : aider les femmes à défendre la dignité, le respect et l'intégrité qui leur reviennent. Portrait.
 

 

Myriam Kachour entre l'identité et les frontières

Moulée dans la culture d'une mère française et d'un père algérien, Myriam Kachour est d'une rare personnalité. Elle exprime la vie qu'elle voit; elle fixe ses impressions, par le biais de l'art, dans un beau vrai. Son art traduit la terre qui l'a vue naître et les milieux qui la voient grandir  et évoluer. Un quotidien d'artiste qu'enrichissent différents voyages et qu'on retrouve dans des gestes, des actes et des paroles aux connotations philosophiques. Elle se définit comme une terrienne. Cette jeune et belle femme, au sourire omniprésent, nous dévoile une grande ouverture d'esprit et une délicate fraicheur.

Née en France en 1969 en banlieue parisienne, de père algérien et de mère française, Myriam Kachour trace son parcours en solitaire, dès  qu'elle décide, seule,  d’immigrer au Canada. Elle a 19 ans en 1989, lorsqu'elle pose ses valises à Montréal. "C’est depuis cette date que j’ exprime ma vie à travers la sculpture. Je quitte le Canada en 2006 afin d’ y rejoindre mon nouveau compagnon et m’installe à Bienne, en Suisse. D’abord sculpteur autodidacte, puis étudiante en sculpture au Fine Arts de l’Université Concordia de Montréal, j’ai reçu quelques bourses, avant d' exposer dans diverses galeries et musée, en exposition solo ou collective. Je n’ai jamais cessé mes recherches artistiques que ce soit en Amérique du Nord, en Afrique et en Europe. Aujourd'hui, on retrouve mon travail dans quelques collections nationales ou privées."
 


 

On en parle

Les cotons blancs de Fatma Charfi 

Sur l'un des murs de son salon, des mots et des idées. Ils traduisent certaines de ses observations quotidiennes quand ce n'est pas, par dérision, sa double appartenance. «Trop blanche pour être Africaine, trop africaine pour être Suisse, trop blanche pour être exotique, trop exotique pour être Suisse...» "J'ai la nationalité artiste", sourit, avec boutade, la suissesse d'origine tunisienne Fatma Charfi. Son oeuvre, Abrouc a reçu un grand impact international, à Dakar principalement, à l'occasion de la Biennale des Arts 2000. Présenté directement dans sa matérialité, pris en photo ou filmé, ce personnage sert une idée concernant l'homme dans sa réalité. En effet, cette démarche et ce processus créatifs personnels au niveau du concept, des techniques, de l'esthétique soutiennent avec justesse étonnante les préoccupations de l'artiste et sa longue et profonde réflexion sur l'homme, la vie, la mort et la société contemporaine. 

 

 
FEMMES-AUTEURS DES ANTILLES 

marise conde 

Les Guadeloupéennes Gisèle Pineau, Maryse Condé et Simone Schwarz-Bart; la Haïtienne Marie-Thérèse Colimon; les Hispanophones Ana Lydia Vega (Porto-Rico) et Nancy Morejean (Cuba); la Martiniquaise Suzanne Dracius-Pinalie , etc. Une liste non exhaustive (il ne s'agit pas d'un palmarès), des vocations créatrices antillaises qui s'expriment par l'écriture. Pour développer un regard critique sur la société. Point d'immobilisme intellectuel chez ces femmes-auteurs des Antilles. Elles s'investissent dans la double exigence d'enracinement et d'ouverture sur le monde. Esquisse des lectures. 
 
 
Cette semaine à  la Une
 
Dr Mambi Meido Hermine veille sur le centre hospitalier de Batchingou

 
 

     La diaspora africaine joue un rôle essentiel dans la mise en place des infrastructures sanitaires indispensables à l'amélioration des conditions de vie dans des villages africains. Son action lui vaut d'être considérée comme la sixième sous-région de l'Afrique. L'exemple des micro-projets est à saluer, en dépit des difficultés à surmonter pour les réaliser. La

     Camerounaise Dr Mambi Meido Hermine de l'association GAB parle, dans les lignes qui suivent, de son expérience en la matière. Interview.
Batchingou est une village de 39 Km2 situé dans le département de Nde à l'Ouest du Cameroun. Son relief montagneux et son climat lui confèrent une douceur de vie enviable. Mais sa population estimée à 3407 âmes a besoin d'un centre hospitalier... 
Dr. M.M.H. : Ceci d’autant plus que Batchingou est assez reculé, par rapport aux autres villages comme Bangou ou Bamena,  traversés par la route principale reliant les deux villes les plus proches: Bafang à Bangangté. Pour ainsi dire, le premier hôpital se situe à 30 minutes de Batchingou, pour autant qu’on ait trouvé le moyen de transporter la personne souffrante jusque-là.  Une grande partie de la population réside relativement loin du centre du village. Nos routes étant ce qu’elles sont, je vous épargne des détails de nos aventures sur une « une moto-taxi » capable de porter trois personnes avec bagages… .Ces voyages particulièrement acrobatiques peuvent faire sourire tout le monde, sauf une future mère en phase de travail d’accouchement, par exemple.
Les villageois ont trouvé la solution par le biais de l'association que vous présidez, le Groupe d'Action pour Batchingou-Cameroun, en sigle GAB. A quelle date et pourquoi le GAB a été créé ? 
Dr. M.M.H. : Je tiens d’abord à vous révéler la devise de notre association qui est kouGABseuh. Ce qui signifie « recevoir pour redistribuer ». C’est la mise en valeur de la célèbre loi de solidarité si chère aux Africains. Ainsi, notre association qui a vu le jour à Genève le 4 octobre 2006, œuvre entre autres dans le but de rappeler à qui veut nous entendre, que certains objets qu’on croit hors d’usage ici, peuvent contribuer à sauver des vies ailleurs. Le centre de santé de mon village est un exemple de lieux, qui ne devraient plus exister au 21ème Siècle, en tout cas pas sous la forme actuelle. Mais je me presse d’ajouter que les habitants du village, plus que quiconque, ont le devoir de faire vibrer cette loi de solidarité à travers leur centre de santé entre autres.  Chaque citoyen est le premier concerné. Et mon devoir en tant qu’une reine traditionnelle, c’est de les convaincre que nous pouvons nous offrir, beaucoup mieux que ce que nous possédons  aujourd’hui. Yes, we can ! 

Votre association est à la base du projet "Centre de santé de Batchingou". Quelle est la capacité du centre en terme d'accueil ? Était-ce facile de doter le village d'un complexe sanitaire ? 

Dr. M.M.H. : Comment répondre à une telle question ?  Il faut d’abord savoir que le centre de santé de Batchingou qui existe depuis 1985 a connu des graves crises internes, voire des périodes de fermeture totale. Avant que nous ne prenions la chose en main, une nouvelle crise s’annonçait depuis un certain temps. Du reste, les habitants étaient de moins en moins satisfaits de la qualité de soin, voire du temps que le personnel pouvait leur consacrer. Cette situation était telle que même les personnes souffrantes se permettaient de boycotter leur petit centre de santé.  Cette désertification a renforcé l’incapacité de l’auto suffisance du centre, notamment sur le plan financier. Le salaire des assistants n’était plus régulier. Alors tout monde se « débrouillait » comme on dit là-bas, et les caisses se vidaient de plus en plus. Tout ce discours pour vous dire qu’il y a deux ans en arrière, il n’existait aucun chiffre statiquement fiable, pour évaluer la fréquentation du centre. On est reparti presque de zéro, en renouvelant complètement l’équipe soignante. Aux dernières nouvelles, la moyenne de fréquentation s’élève à 10 patients par jour. Nous pouvons être fiers de la nouvelle équipe, qui a vraiment du mérite, dans la mesure où les moyens à leur disposition sont, pour moins, limités.  Pourtant la lutte continue. Mais comment travailler efficacement dans un centre qui n’a même pas de l’eau courante ? 

Quel est le sentiment de la population locale à l'annonce de la reprise des activités du centre ? 

Dr. M.M.H. : Nous essayons simplement de redonner vie à une structure qui était moribonde il y a encore deux ans. Imaginez que même les chrétiens du village ne cessent de prier pour notre œuvre. C’est dire jusqu’où ils en attendent. Dès le départ de notre démarche, notre Roi et les notables ont procédé à une série d’offrandes aux Ancêtres, afin que le message de GAB soit bien compris et à tous les niveaux. Voilà qu’aujourd’hui vous vous faites, à votre manière l’ambassadeur de la défense du mieux-être de mon peuple. Pour ainsi dire nous sommes nombreux à croire qu’un jour il va s’ériger un petit hôpital à Batchingou. 

Après la reprise, le centre se met en place en terme du personnel et des structures. De quoi avez-vous besoin pour mieux avancer ? 

Dr. M.M.H. : De quoi avons-nous besoin …J’ai le choix de dire, par pudeur, que nous n’avons besoin de rien et le choix de dresser une très longue liste, au risque de vous décourager. Alors je préfère vous parler de nos urgences. Il nous faut à court terme un médecin à Batchingou. C’est pour cette raison qu’un jeune du village est entrain de préparer son examen d’entrée en faculté de médecine à l’Université des Montagnes. Il va sans dire que cette université est privée et que nous devons assumer les frais de cette formation, qui ne peut que durer quelques années. Mais cette université est réputée pour son sérieux, et pour la motivation de ses responsables. D’une manière générale, le plus urgent c’est la formation du personnel. Tout ceci, sans oublier que les murs de cette enceinte sont si vétustes qu'ils méritent des travaux de réaménagement. 

Est-ce facile d'initier un tel projet pour une aussi jeune association ? N'avez-vous pas besoin de partenariat pour mener des réflexions en vue de continuer, d'améliorer le projet ? 

Dr. M.M.H. : Et là, nous avons énormément des soucis. Car, hormis les deux infirmiers payés par l’Etat, c’est le centre qui doit former et rémunérer le reste du personnel. A l’heure où je vous parle, nous n’avons toujours pas remplacé le commis de laboratoire limogé l’année dernière, pour les raisons citées plus haut.  Allez y faire un tour. Il y a de quoi choquer celui qui est habitué à se faire soigner en Europe. Le centre c’est un ensemble de trois bâtiments dont le plus grand n’atteint pas la surface de mon appartement (HLM) à Genève. Les murs, sont tous en briques de terre. Un des bâtiments sert au logement du personnel. Le deuxième abrite le bureau ou la salle de consultation, la toute petite pharmacie et le coin qui sert de dépôt à la réserve des médicaments et matériels. Le dernier  bâtiment est destiné aux soins, à l’hospitalisation, au laboratoire et à la maternité.  Dans une telle vétusté, sans eau courante, que devient le concept même de la santé, sans règle élémentaire

d’hygiène et de propreté ? Mais je le répète, il s’agit de mon peuple et je me sens de plus en plus concernée. Comme partenaire, nous travaillons depuis deux ans avec l’association AGIRabcd, qui regroupe plusieurs centaines de retraités français. Ceux-ci veulent mettre leur temps et leur savoir au service des autres. C’est ainsi qu’un de leurs formateurs Mr Jacques Bufquin-Couteau, grâce à son travail et à la qualité de sa présence, est bientôt plus célèbre à Batchingou que moi-même. Il a ce don d’inciter le personnel à recourir à l’intelligence pratique, au bon sens, et toujours avec les moyens du moment. Je suis également en contact avec l’association « Ingénieurs/architectes sans frontières » de Genève. Dans plusieurs pays, ils assurent des installations fiables notamment en électricité,  selon les meilleures normes écologiques. Leur responsable que j’ai de nouveau rencontré cette semaine se dit prêt à s’engager pour un projet à Batchingou, à condition que les murs du dispensaire soient plus solides et l’ensemble mieux adapté pour l’installation en énergie solaire. D’où nous viendra de quoi reconstruire au moins un des trois bâtiments, en matériel plus résistant ? 

On parle de plus en plus de la redynamisation de la vie pour rendre attractif votre village et freiner l'exode rural. Quelle est votre appréciation de la situation ? Un centre hospitalier suffit-il à donner confiance aux habitants ? 

Dr. M.M.H. : Si vous prenez le temps d’observer, vous verrez que l’exode rural fait de moins en moins parler de lui. A ceci, il y a plusieurs raisons. La population mondiale cesse de croître, particulièrement en Afrique. L’une des conséquences c’est que la recherche consciente de gagne-pain, devance les autres préoccupations. Pour cela, certains jeunes formés en ville n’hésitent pas à s’installer au village. Être intellectuel  désormais ne suffit plus pour s’assurer un avenir professionnel. C’est sans complexe que les hommes (dits mâles) cultivent désormais la terre à Batchingou. De nos jours, cause de la surpopulation, personne n’est plus scandalisée d’apprendre qu’une maman africaine a abandonné sa progéniture. Nous parlons bien « des enfants de personne » qui mendient sur le trottoir de nos villes. Vivre au village, aujourd’hui privilégie la simplicité, l’essentiel. On exploite la terre ou des petits commerces, d’abord pour la subsistance de la famille. Dans notre cas, on peut dire qu’en fournissant un salaire contre des bons services, l’association GAB, soulage en plus les soucis matériels de quelques familles.  Quant à savoir si nous donnons plus confiance, d’une manière globale à la population…. . Qu’est GAB ?  sinon un petit groupe qui accompagne mes rêves d’un avenir meilleur pour mon peuple. Et si la dévotion de ceux qui s’engagent ainsi pouvait inspirer les élites, les expatriés, les jeunes notables et tous ceux qui gagnent bien leur vie… .Il y a assez à faire dans un village pour tout citoyen de bonne volonté. 

Quelles sont vos sources de financement ? Qui est habilité à contribuer à votre réussite ?

Dr. M.M.H. : La principale source de financement se constitue des cotisations et des dons des membres. Certains d’entre eux, à titre personnel, m’ont même payé deux voyages intermédiaires cette année, pour me permettre de mieux contrôler l’évolution du projet sur le terrain. Ce dont je continue à les remercier. Car au centre de santé, l’équipe de soin est très jeune. Non, le moment n’est pas encore venu de baisser la garde. Malgré le nombre important de dossiers que nous ne cessons d’envoyer, (ce qui coûte cher en temps et en argent) aucune entreprise ne nous a fait de don. Pourtant, comme vous le savez, il y a un réel besoin, fût-ce pour continuer la formation du personnel. Mais, grâce entre autres à la fête annuelle de GAB à Genève, nous récoltons des fonds, en continuant à faire connaître notre cause.  Lors de ces fêtes, je réserve toujours un espace pour des échanges d’ordre culturel. Mon titre de reine fait de moi un défenseur des valeurs propres à ma culture d’origine. J’estime en même temps que plus on se connaît mieux on peut coexister, à Genève ou ailleurs, en dépit de la différence culturelle. Et en parlant de cette fête, vous avez vu que la forte majorité des participants étaient des indigènes d’ici qui s’intéressent à une cause, en faveur d’un pays bien lointain. C’est à nous de les encourager à poser des questions sans lesquelles un vrai dialogue entre différents peuples ne peut s’instaurer. GAB n’a rien à y perdre. 
En dehors du centre hospitalier, avez-vous d'autres projets pour le village de Batchingou ? 
Dr. M.M.H. : Nous nous préoccupons également de l’éducation, car elle est à la base de tout, y compris de l’hygiène de vie, que suppose la santé.  Certes, mais mon plus grand rêve a toujours été de créer à Batchingou un centre de recherche comparative en médecine. Les pratiques traditionnelles doivent prendre toute leur place. Car .la santé à mon sens, appartient avant tout à la vision du monde propre à un peuple, malgré les apports de l’extérieur qui enrichissent l’ensemble. Je suis sûre que mes étudiants de Genève entre autres, aimeraient bien faire des stages dans un tel centre. L’Afrique profonde et authentique, reste encore à découvrir, particulièrement dans ce domaine. 
 Il n'y a pas que le centre hospitalier de Batchingou qui occupe votre temps. Vous êtes écrivaine. Parlez-nous de votre dernière publication... 

Dr. M.M.H. : Mon dernier livre s’intitule « Prière ». Ce cri de cœur se lit d’autant plus facilement que mes trois premiers livres sont des essais sur la médecine et les traditions africaines. Tout mon espoir en l’écrivant, était que ce petit livre inspire le lecteur qui cherche sa propre prière. Ceci est lié à mon intime conviction du fait que l’homme moderne ne prie pas assez. Chaque croyant devrait consacrer quelques minutes, par jour, au dialogue entre lui-même et Son Dieu, tel qu’il Le conçoit et l’accepte en ce moment-là. Personne n'a besoin d’une religion pour parler de son amour de la vie à son Dieu. Bref, par ces temps tumultueux, la prière devrait faire partie de notre alimentation quotidienne. Qu’avons- nous à y perdre ? D’autre part, je continue à gagner ma vie en tant que psychologue ou comme consultante en ethnopsychiatrie et psychologie transculturelle.  Parallèlement à tout cela, j’ai un manuscrit assez avancé, qui traite du patriarcat en pays bamiléké, ma région d’origine au Cameroun. 

Contact : GAB, case postale 49 CH 1211 Genève 28   Compte postal 17-307817-2 

propos recueillis par Cikuru Batumike 

Lire aussi

Mefieum Meido Hermine sur la thérapie mentale 
Un titre "Entre l'angoisse et l'arbre de paix", essai de 106 pages publié aux éditions Hélios à Genève. Un surtitre, les Meugnessies bamiléké du Cameroun. Un auteur: Mme Mefieuh Meido Hermine, reine traditionnelle, psychologue de formation. Une explication du livre: la thérapie mentale traditionnelle pratiquée sur les fous par des thérapeutes-divins, qui auparavant étaient atteints de la psychose hallucinatoire chronique. On y décrit l'univers anthropologique de thérapeutes, avant d'analyser l'impact de la culture sur le malade mental et la façon de gérer cette maladie dans une contrée africaine.
 
 
l'homme aux talents multiples
 
L'inoubliable Djibril Diop Mambety

Djibril DIOP Mambéty nous quittait le jeudi 23 juillet 1998 à Paris, des suites d'un cancer de la gorge. Comédien, acteur, producteur et réalisateur sénégalais, Djibril DIOP Mambéty, né en 1945 à Dakar était l'incarnation d'un artiste complet. Il se fait remarquer à l'âge de 23 ans avec la sortie d'un documentaire satirique, sur la vie des dakarois, de 16', 16 mm, C "Contras-City". La production en est assurée grâce à la participation du Ministère français de coopération. En 1970, il offre au public "Badou Boy", une fiction de 60' sur la vie à Dakar. Cette production sera suivie successivement de: "Touki Bouki" en 1973 (les péripéties des jeunes sénégalais tentés, mais non convaincus  par la nécessité d'émigrer);  "Diabugu" en 1979;   "Parlons grand-mère" en 1989 et "Hyènes" en 1990 (une adaptation de la pièce "La visite de la vieille dame" de Friedrich Durrenmatt).En 1994, le réalisateur Djibril Diop Mambeti entame la trilogie "Histoires des Petites Gens", avec, "Le Franc" (ce 44 minutes, 35 mm a obtenu plusieurs prix dont le Prix de la SACD au FIFF (Namur) en 1994, le Prix du meilleur court métrage au Fespaco  (Ouagadougou); "La petite vendeuse de soleil" en 1998 ( leçon de courage et exemple de défi, cette histoire de Sili, la petite mendiante, qui se met à vendre de journaux à la criée, met en exergue les capacités qu'ont les femmes africaines à jouer le même rôle que les hommes, dans la vie active). Le réalisateur Djibril s'est éteint avant que le  troisième titre de cette trilogie ait pu voir le jour. Rencontre à Locarno.

 
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Vient de paraître

Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre
de Cikuru Batumike. 

Collection : études africaines. Editions L'Harmattan, mai 2009, Paris. Poids : 120 g 100 pages. ISBN : 978-2-296-07779-9. Prix public TTC : 11,00 €; frais de port et emballage : 1,50 € pour la Suisse. Réservez votre exemplaire auprès de l'auteur : cikurubatumike@hotmail.com ou par un simple courriel aux éditions l'Harmattan, service de diffusion : presse.harmattan5@wanadoo.fr

 
L'exil
 
Maya Waber dit tout sur l’adoption

Le monde de l’adoption n’est pas un long fleuve tranquille. Des exemples sur le terrain et des livres abondent pour se faire l’idée des réalités de ce sujet socio-psychologique, toujours d’actualité. Le tout peut se résumer en trois points. D’une part des démarches en vue d’une adoption avec ses problèmes qui trouvent leur solution dans des réseaux d’orientation, de soutien et de consultations. Des renseignements socio-juridiques sont accessibles auprès du Service social international sur le sujet. De l’autre le statut juridique de l’adopté en terme de nationalité, de liens de filiation antérieurs, d’allocations familiales, du droit inaliénable et imprescriptible (absolu) pour l’adopté de connaître ses origines, dès sa majorité. Entre les deux, le quotidien réel de la personne adoptée. A l’école, dans le travail, dans la vie familiale et sociale, devant le juge de la jeunesse dans le cas de la délinquance, confronté à la problématique du respect de la culture d’origine, du mal-être. La majeure partie d’enfants adoptés en Suisse sont d’origine étrangère. Provenant d’une autre culture, ils restent confrontés aux problèmes liés aux difficultés d’adaptation. L’âge adulte venu, ils sont confrontés à un passé maintes fois difficile si pas malheureux. Leur quotidien se révèle être source de difficultés psychiques ou physiques. Le bon équilibre psychologique et familial reste à rechercher. Maya Waber est active au sein du Groupe Identité Enjeux dont l’objectif est de rassembler des jeunes qui vivent l’adoption autour de projets communs. Le Groupe existe depuis le mois de mars 2007 et son siège est à Neuchâtel en Suisse romande. L’art  est choisi comme moyen de partager les expériences. Des ateliers artistiques sont l’occasion d’une réflexion sur l’identité et la découverte de soi.

 
Les livres

Trois femmes noires dans les lettres anglophones : Buchi Emecheta, Françoise Ugochukwu et Lindiwe Mabuza

lindiwe mabuza 

Buchi Emecheta, Françoise Ugochukwu et Lindiwe Mabuza (en photo) : trois femmes du monde des lettres en Afrique anglophone. Leur démarche d'écriture ne diffère pas de celle des femmes auteurs de langue française. Elles nous offrent des rêves ou analysent les sujets existentiels sans égards à la langue usitée. En effet, qu'il s'agisse de la littérature négro-africaine d'expression française ou anglaise, la vitalité reste la même. Elles adoptent la même démarche par le fond et le rôle d'amorce aux débats sur leur existence et l'usage qu'on en fait. Elles décortiquent des situations semblables, celles d'une Afrique de rêve, d'une Afrique en perdition ou en progrès. En effet, les écrits des femmes africaines dépassent le simple cadre traditionnel de la langue pour s'inscrire dans les thématiques traitées: réhabilitation de la femme, remise en question certaines valeurs jugées caduques, rêves, conditions de l'humain, etc..
 

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