Médiatropiques : page d'accueil. Chaque semaine, par des sujets de fond, nous posons notre regard sur les réalités du monde. 
 
 
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Le Festival Images investit la ville de Vevey durant 3 semaines
Samedi 4 septembre: Ouvertures des expositions et vernissages en ville dès 11h. Cérémonie officielle: 17h à l’Ex-EPA : discours et remises des prix. En présence de l’Homme Bleu
Dès 21h, Digital Natives All Night Long (DJ set / CH). Entrée libre, consommation payantes
Un festival gratuit ! Entièrement gratuit, le Festival Images 2010 présente plus de 50 projets artistiques d'envergure, dont une partie en intérieur et une partie en extérieur.
Des expositions en plein air: En 2010 le Festival Images présente des expositions de photographies en format monumental, sur les façades des bâtiments, dans les rues et les parcs de la ville. A découvrir notamment un projet urbain exclusif de l’artiste JR intitulé Unframed, et réalisé en coproduction entre le Festival Images et le Musée de l’Elysée, Lausanne.
Un musée éphémère : l’Ex-EPA. Installé dans un ancien centre commercial de 5000m2 transformé pour l’occasion, le musée éphémère Ex-EPA présente de nombreuses expositions, dont celles de René Burri, David Lynch, PAK Scheung Chuen, et des lauréats des grands prix de photographie et de cinéma Christian Lutz et G.M.B Akash. L’Ex-EPA servira également de lieu d’accueil : le festival y installe boutique, bar et librairie.
De nombreuses collaborations. Le Festival Images collabore avec les institutions de la Riviera dédiées à l’image. Ainsi le CEPV-Ecole de Photographie de Vevey présente l’exposition Photographe et modèle consacrée au travail couplé de Malick Sidibé et de ses étudiants en photographie. Le Musée Suisse de l’appareil photographique présente l’exposition Tintypes dédiée au ferrotypes américains du XIXe siècle. Le Musée Jenisch - Cabinet cantonal des estampes s’installe au dernier étage de l’Ex-EPA en produisant l’exposition David Lynch. I Hold You Tight. Nouvel espace pour l’image contemporaine à Vevey, Quai N°1 accueille le premier travail d’ordre photographique de l’artiste belge Hans Op de Beeck. Le Musée Historique de Vevey accueille les artistes Jean-Jacques Lebel et Anna Artaker.
Les événements parallèles. Une quinzaine de lieux ou associations de Vevey se joignent au Festival Images pour présenter expositions ou événements de manière parallèle. Sont de la partie le Cinéma Rex, le Rocking Chair, l’Hôtel des Trois Couronnes, la Galerie 22bis, l’association Finistereproductions et le Bout du Monde, l’association [baryte], La Villa « Le Lac », la Galerie Clément, les associations Rats et Gran Caldo, Vitr’in Vevey, l’Alimentarium, l’association Stalingrad-Volgograd Mémoire, l’Espace L.A.C et le collectif Strates.

Infos pratiques : Festival Images 2010 du 4 au 26 septembre 2010. Vernissage public : le samedi 4 septembre, 11h - 19h. Cérémonie d’ouverture : Ex-EPA, 17h-2h. Horaires des expositions en intérieur : tous les jours de 11h à 19h. Tarifs: Toutes les expositions sont gratuites (sauf Nuit David Lynch et soirées RKC). Accueil: Bâtiment de l'Ex-EPA, Rue d'Italie 56-58, 1800 Vevey
 
Au  quotidien

France
Y’a plus de saisons !
 par Pierre Henry

L’été, la France, ce doux pays de mon enfance, prend généralement des formes vallonnées ou sablonneuses, souvent lumineuses parfois orageuses. Et qu’il s’échappe en pente douce ou dans le pré, il offre toujours un grain de légèreté et de diversité, la possibilité d’une diversion temporaire, en somme toute vacancière. Mais depuis quelques années, l’été trahit ses promesses. L’atmosphère est lourde, poisseuse, irrespirable. Tout a vraiment commencé en juin 2005.

Cette année-là, Nicolas Sarkozy décidait de lancer et de tester le concept d’immigration choisie, en dénonçant l’hydre de l’immigration irrégulière planant sur nos campagnes. En juillet, il prenait pour cible un jeune gitan tarbais de 14 ans, auteur présumé de 10 % des crimes et délits commis dans la ville. Vous imaginez ? Mineur, gitan, multirécidiviste et tarbais, le bonheur à portée de main, de quoi initier une bonne campagne sécuritaire. C’est ainsi que la machine fut lancée. Elle ne s’arrêtera plus. En 2006, l’été fut sombre. Un vrai temps de crottin. Les estivants qui avaient choisi Dunkerque comme lieu de villégiature se mirent à grelotter. Le 15 août, le thermomètre affichait 17 degrés. En Espagne, les incendies faisaient rage. Au Liban, le tir des canons se taisait sous les oliviers. Et le soir, le ministre de l’Intérieur Sarkozy s’invitait au journal de 20 heures, avec un message simple : la crise des banlieues était le résultat d’une intégration défaillante. Les socialistes espagnols avaient eu tort de régulariser, lui ne le ferait jamais. Les migrants en situation irrégulière n’ont d’ailleurs qu’une vocation, celle d’être expulsés.

C’est ainsi que deux jours plus tard, le squat géant de Cachan était évacué sous une nuée de caméras. Une intuition me suggéra l’urgence de démontrer à travers un texte l’impasse, mais aussi «l’avenir d’une illusion sécuritaire et libérale». Mais que pèse un livre face à un cocktail vainqueur, mixture à base d’exclusion, de délinquance, d’immigration et d’islam radical ? Après l’épisode du Fouquet’s, Nicolas Sarkozy nous offrit en 2007 un été décomplexé entre séjour sur yacht au large de l’île de Malte et à Wolfeboro sur fond de crise conjugale. Les deux ans qui suivirent furent une gestion continue des trois i (Identité, Immigration, Insécurité) sur le mode de la sous- traitance, oscillant entre bourde sur les auvergnats, loi sur la burka, dénonciation de la polygamie et dérapage pas contrôlé du tout, lors du débat sur l’identité nationale.

Nous voilà en 2010, à deux ans de la présidentielle. Qui, à part le président – premier ministre et ministre de tout, peut bien franchir un nouveau cap et relancer la machine à diviser ? Il sait bien lui, l’originaire du triangle «Neuilly-Auteil- Passy », que l’insécurité en banlieue et les propos d’un illuminé extrémiste font facilement sens à la télévision. Il a de la mémoire et du savoir-faire . Il suffit d’ethniciser les récits pour évacuer durablement la question sociale et républicaine, c’est-à-dire celle de l’universalisme, de l’égalité des droits et des devoirs, de l’accès aux services publics. Ce modèle de radicalité a de surcroît, pense t-il, un avantage : les électeurs de droite moralement déstabilisés par sa politique, n’auront pas d’autres choix que de se ranger derrière lui face à la réaction indignée de la gauche coalisée. Alors, sur fond de chômage massif et de conflits d’intérêts au sein de son gouvernement, il recommence à nous pourrir l’été avec une séquence de communication de haute intensité. Il assimile l’immigration à la délinquance, joue avec le droit de la nationalité et cible les Roms après le saccage d’une mairie par des Français, gens du voyage. Le voyageur estival qui sort de l’hexagone a alors la francophilie en berne.

Dans les capitales européennes, les Unes des quotidiens moquent la France, titrant sur le Sarkogate ou l’affaire Woerth-Bettancourt. Les journaux réagissent avec indignation et inquiétude lorsque notre pays fabrique des boucs émissaires. Mais quelle que soit la saison, une certaine droite n’a que faire des critiques : ce ne sont ni les éditorialistes étrangers, ni les migrants qui font ou défont une élection. Ils ne votent pas. De provocations en surenchères, le chaos organisé et souhaité peut appeler, selon un schéma bien établi, à une demande supplémentaire d’ordre. Et si cela ne suffit pas, la prochaine étape lèvera le dernier tabou : celui d’une alliance de l’UMP avec une extrême droite recomposée autour de Marine Le Pen. En attendant l’automne et un nouveau gouvernement, qui pourrait bien revêtir la tenue commando, force est de constater que l’été cette année encore nous a échappé. De quoi nous faire douter des saisons ou à tout le moins nous faire espérer la fin d’un cycle. Mais cela est déjà une autre histoire qui ne relève pas du hasard, mais bien d’une volonté collective !
 

culture

Rentrée littéraire

La rentrée littéraire a démarré le jeudi 19 août. Au total, ce sont 701 nouveaux romans, dont 497 français, qu'il faudra départager. Petit tour des dates des prix littéraires attribués entre octobre et novembre.

Pour les néophytes, il n'est pas toujours évident de se repérer au milieu de la masse des prix littéraires qui récompensent, chaque année, les "meilleurs" romans de la rentrée. Goncourt, Renaudot, Interrallié, Fémina, Médicis, Décembre... Autant de noms prestigieux liés à un prix convoité. Et autant de spécificités sources d'éloges, de critiques ou de railleries. Il faut dire que les sujets de controverses ne manquent pas: jurys « vieillissant » à la légitimité contestée, poids des maisons d'éditions (à tel point que le prix Interallié fut rebaptisé « Intergrasset » ), lauréats surprises (Les Renaudot 2004 et 2007 ne figuraient pas dans la liste des sélections officielles du prix) etc... 

Bref, il plane sur les prix littéraires français, une part d'ombre semble-t-il indissociable de leur histoire. Soupçons de manipulations, intrigues, rituels d'attributions et composition des jurys entretiennent ainsi le mystère... ou la polémique. Quoiqu'il en soit, année après année, le monde des lettres se passionne toujours pour la remise de ces distinctions, point d'orgue de l'actualité littéraire . 

C'est l'Académie française qui traditionnellement ouvre le bal des récompenses: 

Grand Prix du Roman de l'Académie française   (année de création : 1915 ) 
- Date des sélections : 
1ère sélection : 30 septembre 
2ème sélection : 21 octobre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 28 octobre, Institut de France   (23 Quai conti, Paris VIe)
- Dotation du prix : 7 500 euros 
- Jury : Une douzaine d'académiciens (liste à venir)
- Lauréat de l'année 2009: Pierre Michon   pour Les Onze(éditions Verdier) 

Prix Fémina 
(année de création : 1904 ) 
-Date des sélections : 
1ère : 16 septembre 
2ème : 3 octobre 
3ème : 19 octobre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 2 novembre, Hôtel Crillon   (Paris VIIIe)
- Dotation du prix : aucune 
- Jury : exclusivement composé de femmes : Paule Constant, Claire Gallois, Benoîte Groult, Paula Jacques, Mona Ozouf, Christine Jordis, Viviane Forrester, Solange Fasquelle, Camille Laurens, Danièle Sallenave, Diane de Margerie, Chantal Thomas.
- Lauréat de l'année 2009: Gwenaëlle Aubry   pour Personne(Mercure de France) 

Prix Médicis 
(année de création : 1958 ) 
- Date des sélections : 
1ère : 16 septembre 
2ème : 14 octobre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 3 novembre, Hôtel Lutetia   (Paris VIe) 
- Dotation du prix : inconnue 
- Jury : une dizaine de membres dont Patrick Grainville, Denis Roche, Dominique Fernandez, Jacques Chessex, Anne Wiazemski, Jacqueline Piatier, Francine Mallet, Christine de Rivoyre.
- Lauréat de l'année 2009: Dany Laferrière   pour L'énigme du retour(Grasset) 

Prix Goncourt 
(année de création : 1896. première proclamation : 1903 ) 
- Date des sélections : 
1ère : 6 septembre 
2ème : 5 octobre 
3ème : 4 novembre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 8 novembre, chez Drouant   (Paris 2ème arr.) 
- Dotation du prix : symbolique (10 euros) 
- Jury : 10 membres élus à vie (âge limite d'exercice du droit de vote fixé à 80 ans) : Bernard Pivot, Edmonde Charles-Roux, Didier Decoin, Robert Sabatier, Patrick Rambaud, Tahar Ben Jelloun, Michel Tournier, Françoise Chandernagor, Jorge Semprun, Françoise Mallet-Joris. 
- Lauréat de l'année 2009: Marie NDiaye   pour Trois femmes puissantes(Gallimard) 

Prix Renaudot 
(année de création : 1925 ) 
- Date des sélections : 6 septembre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 8 novembre, chez Drouant   (Paris IIe) 
- Dotation du prix : aucune 
- Jury : Patrick Besson, Jean-Noël Pancrazi, Georges-Olivier Châteaureynaud, Dominique Bona, André Brincourt, Louis Gardel, J-M-G le Clézio, Franz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli.
- Lauréat de l'année 2009: Frédéric Beigbeder   pour Un roman français(Grasset) 
 

Prix Décembre
(année de création : 1989 ) 
- Date des sélections : 
1ère : 30 septembre 
2ème : 28 octobre 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 9 novembre, Hôtel Lutetia   (Paris 6ème arr.) 
- Dotation du prix : 30 490 euros 
- Jury : Un jury tournant composé de Pierre Bergé, Frédéric Beigbeder, Philippe Sollers, Laure Adler, Arnaud Viviant, Jérôme Garcin, Daniel Schneidermann, Patricia Martin, Bernard Frank, Christine Angot, Charles Dantzig, Jean-Paul Kauffmann, Florence Malraux, Catherine Millet, Cécile Guilbert, Eric Neuhoff, Dominique Noguez, Michel Crépu.
- Lauréat de l'année 2009: Jean-Philippe Toussaint   pour La vérité sur Marie (Minuit) 

Prix Interallié 
(année de création : 1930 ) 
- Date des sélections : (à venir) 
- Date et lieu de proclamation du lauréat : courant novembre, chez Lasserre   ( Paris VIIIe) 
- Dotation du prix : aucune 
- Jury : 10 journalistes masculins (plus le lauréat de l'année précédente) : Serge Lentz, Eric Ollivier, Jean-Marie Rouart, Jacques Duquesne, Pierre Schoendoerffer, Jean Ferniot, Claude Imbert, Eric Neuhoff, Philippe Tesson, Stéphane Denis.
- Lauréat de l'année 2009: Yannick Haenel   pour Jan Karski (Gallimard) 
 

 
francophonie
Nice accueillera les prochains Jeux de la Francophonie en 2013

La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie mercredi à Paris, a attribué mercredi l'organisation des 13e Jeux de la Francophonie à la ville française de Nice en 2013.La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie mercredi à Paris, a attribué mercredi l'organisation des 13e Jeux de la Francophonie à la ville française de Nice en 2013. Pour l'organisation de ces Jeux, manifestation à la fois sportive et culturelle, Nice était en concurrence avec Malabo, en Guinée Equatoriale et N'Djamena. Nice succèdera à Beyrouth, qui avait été l'hôte des Jeux cette année. La veille, les ministres des 70 Etats et gouvernements ayant en commun le français avaient décidé que le prochain sommet politique aurait lieu à Montreux, en Suisse, du 22 au 24 octobre 2010 et que celui de 2012 se déroulerait à Kinshasa, en République Démocratique du Congo. Montreux en revanche était seule candidate pour le sommet, remplaçant au pied levé Antananarivo, Madagascar étant dans l'impossibilité d'accueillir une telle réunion internationale en raison de l'instabilité institutionnelle et politique qui règne actuellement dans ce pays.

Hommage à Sotigui Kouyaté

Vendredi 8 octobre 2010, à 20 h 30 au Musée Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris / 01 45 00 91 75. Projection suivie d'une rencontre. Débat animé par Catherine Ruelle

Film London River,  de Rachid Bouchareb. 
Lui, c'est Ousmane, soixante ans, forestier. Son métier est de préserver l'écosystème. Il vit en France, il est musulman. Elle, c'est Elisabeth Sommers, cinquante-cinq ans. Elle vit à Guernesey, île anglo-normande. Elle parle le français. Elle est catholique. Ali, le fils d'Ousmane vit à Londres avec Jane, la fille d'Elisabeth. Ils n'ont plus aucune nouvelle d'eux depuis les attentats de Londres.
Ousmane va aller vers Elisabeth pour qu'ensemble ils les retrouvent. Une rencontre douloureuse qui réveillera leurs espoirs. Leus désirs refoulés. Une histoire simple où les barrières disparaissent ; seuls restent des êtres humains identiques face à la douleur.  Sotigui Kouyaté a été récompensé à Berlin,  par l'Ours d'argent 2009 du meilleur acteur pour son rôle dans ce film. 

Ce qu'on en dit dans la presse

« Un homme et une femme partent à la recherche de leur enfant respectif, à Londres, en 2005, le jour des attentats. Beau film sobre, simple, émouvant. » Julien Welter, L'Express
« C'est sur l'évocation du fossé arbitraire séparant l'homme noir et la femme blanche que se joue la réussite du film. Père et mère murés dans leurs silencieuses solitudes, gens de campagne désarmés par la jungle urbaine, unis par une même panique et par des métiers symétriques mais auxquels les préjugés sociaux imposent des routes parallèles, le réflexe ridicule de se tenir à distance. » Jean-Luc Douin, Le Monde
« Brenda Blethyn reprend, en l'affinant légèrement, son personnage de Secrets et mensonges, de Mike Leigh. Sotigui Kouyaté, lui, est aussi bouleversant que dans Little Sénégal, du même Rachid Bouchareb. Le cinéaste est en perpétuel équilibre – fragile, tendu – entre fiction et documentaire. Il semble constamment à l'affût de ces deux solitaires tendres, paumés dans cette ville mutante (...) » Pierre Murat, Télérama
« Avec pudeur et discrétion, l'auteur d'Indigènes cerne leur angoisse et leur incompréhension qui croissent et s'entremêlent. Dans ce drame, magnifiquement interprété, il prolonge sa réflexion sur le déracinement et une nécessaire communication entre les peuples. Du cinéma généreux. » Laurent  Dijan, StudioCiné Live Blog

 

revue de presse afrique du 26 août avec RFI

Par Frédéric Couteau
Avec hier, l’exécution d’un otage algérien, un douanier qui a avait été enlevé en juin dernier et une tentative d’attentat à la voiture piégée contre une caserne en Mauritanie... « Décidément, le mois de Ramadan n’est pas un panneau de stop aux exactions d’Aqmi », relève Le Pays au Burkina. Le Pays qui en appelle à « une action conjuguée pour lutter contre cette force invisible. Une force, poursuit-il, qui traverse aisément les frontières du Niger, du Mali, de la Mauritanie et de l’Algérie et qui, elle, ne tergiverse pas sur les moyens et les manières pour frapper son ennemi. »

Et le quotidien burkinabé d’interpeller les chefs d’Etat de la région : « le Mauritanien Abdel Aziz, l’Algérien Bouteflika, le Malien Amadou Toumani Touré, et même n’importe quel autre chef d’Etat africain (car on ne sait où et quand cette terrible menace peut déposer ses guêtres), ont besoin de se donner la main. L’Algérie n’avait pas mieux fait lorsqu’elle en était l’hôte. Le président mauritanien, Abdel Aziz est le dos au mur. Combien de cavalcades esseulées tomberont-elles encore avant qu’on ne se rende à l’évidence de l’union salutaire ? », s’interroge Le Pays.

Un plan Marshall ?

Le Républicain au Mali renchérit : « Tant que les pays sahélo-sahariens, en synergie plutôt qu’en solo, ne mesureront pas la gravité du péril salafiste pour eux-mêmes d’abord et pour les autres ensuite, il n’y aura pas de réponse durable et efficace contre cet ennemi qui n’est pas l’ennemi de tout le monde. Déverser des tonnes d’armes ne suffira pas. Les communautés, et le plus souvent les communautés pauvres, doivent être de la  partie, affirme le quotidien malien. Al-Qaïda ne s’implantant que par la stratégie de la proximité, elle ne peut être défaite que par la même méthode. Or pour l’instant et pour ces communautés démunies (…), la providence c’est plus Belmokhtar et Abuzeid (les émirs d’Aqmi) que Bamako, Nouakchott, Niamey ou Alger. »

Pour Le Républicain, les Etats de la région et la communauté internationale doivent donc « jouer franc jeu » et libérer les moyens pour établir une sorte de « Plan Marshall de la sécurité » au Sahel.
Et pour ce qui est des déclarations de Nicolas Sarkozy hier sur la lutte contre le terrorisme international, le quotidien malien reste sceptique : « s’ils lui permettent de faire amende honorable, les propos guerriers de Nicolas Sarkozy ne modifieront pas fondamentalement la donne. »

D’autres raids ?

Le 22 Septembre, autre quotidien malien, estime, lui, qu’une intervention militaire directe de certains Etats, dont la France, au Sahel, est possible et s’en inquiète… « Déjà, la France et la Mauritanie ont mené un raid contre les terroristes sur notre territoire, relève le journal, usant du droit de poursuite accordé par Bamako à Nouakchott. Le ton est-il déjà donné ? », s’interroge-t-il. « Paris est même allé jusqu’à  annoncer que la lutte contre Aqmi se ferait avec ou sans le Mali. Alors, alerte ou intoxication ? », se demande encore Le 22 Septembre.

« En tout cas, cette annonce, vu la faiblesse de notre pays face à ces éléments indésirables, pourrait signifier une volonté d’intervention de certaines puissances internationales sur notre territoire, même contre notre gré, affirme le quotidien malien. Cela reviendrait à réduire le Mali à une colonie, au moment même où il fête les 50 ans de son accession à la souveraineté nationale et internationale. »
Et Le 22 Septembre d’en appeler lui aussi à une solution inter-régionale : « Dans la lutte contre le terrorisme, la solution est de nous aider à créer un cadre sahélo-saharien efficace, doté des moyens militaires humains et matériels nécessaires, appuyé par un échange de renseignements franc et régulier. C’est là que Paris et Washington doivent intervenir en priorité. »

De son côté, la presse algérienne continue de fustiger l’attitude des Européens face à Aqmi, à l’instar de Liberté : « l’Europe se barricade derrière ses frontières, écrit-il, paye les rançons pour libérer ses ressortissants otages mais elle ne contribue pas pour ainsi dire à la lutte contre le terrorisme. Bien au contraire, elle contribue à augmenter le niveau de la menace par le renforcement de ses moyens de frappe. Aqmi vient-elle, d’ailleurs, relève le quotidien algérien, à peine deux jours après la libération des deux otages espagnols, de lancer son message macabre. Une exécution et une tentative d’attentat kamikaze ! »

Encore !

Enfin, au Togo, de nouveaux ennuis pour le journaliste Didier Ledoux, ce reporter-photographe qui avait eu maille à partir le 10 août dernier avec un officier français. Cette fois, le journaliste a été passé à tabac par des gendarmes. Le quotidien togolais Liberté , pour lequel il travaille, explique que Didier Ledoux a été pris à partie par les forces de l’ordre alors qu’il effectuait un reportage près du Palais de justice de Lomé. « Conduit vers le camp de la gendarmerie, le journaliste a été relâché à côté de la Grande-Poste, raconte le journal. Une relaxe intervenue grâce à l’intervention de certains confrères parmi lesquels des responsables d’organisations de presse. Conduit à l’hôpital, le journaliste a reçu des soins et restera en observation pour quelques jours. »
Pour ce qui est des raisons de ce matraquage, aucune explication pour l’instant de la part des autorités.
 
 
 
 
 

On en parle


Poésie
Rendez-vous du 7 au 21 mars 2011 pour le 13e Printemps des Poètes sur le thème "d'infinis paysages"
 

 

 

Emeutes au Mozambique: dix morts en trois jours à Maputo

Les émeutes contre la vie chère au Mozambique se sont étendues pour la première fois vendredi à la province, alors que des incidents isolés continuaient de secouer Maputo au 3ème jour de violences qui ont fait dix morts et 443 blessés.

La police a tiré à balles réelles à Chimoio, à 750 km au nord de Maputo, lorsqu'une centaine d'émeutiers ont mis le feu aux étalages sur le marché principal, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police provinciale, Belmiro Mutadiwa. "Six personnes ont été blessées et deux ont été hospitalisées", frappées par des "balles égarées", a-t-il ajouté, affirmant que la police n'avait "pas tiré directement sur la foule". Une cinquantaine de protestataires ont été arrêtés. Dans la capitale, l'activité reprenait timidement en dépit d'actions éparses dans les quartiers périphériques. Les équipes de la Croix-rouge sur le terrain ont vu des groupes "très limités", de trois ou quatre personnes, mettant le feu à des pneus avant de fuir à l'arrivée de la police, a expliqué à l'AFP le porte-parole de l'organisme au Mozambique, Americo Ubisse. Après deux jours de heurts, les urgences des hôpitaux ont constaté une nette accalmie. Mais entre 07h00 (05h00 GMT) jeudi et 07h00 vendredi, "trois décès directement liés aux émeutes" ont encore été enregistrés, a indiqué le ministre de la Santé, Ivo Garrido. Pendant cette période, 149 nouveaux blessés ont été admis dans les hôpitaux de Maputo et de sa banlieue. Dans les 24 heures précédentes, les émeutes avaient fait sept morts et 228 blessés. L'annonce d'une hausse de 17% du prix du pain avait embrasé mercredi les quartiers pauvres de Maputo, jetant des milliers de personnes dans les rues. Malgré un retour apparent à la normale, la colère était toujours perceptible vendredi. "Les gens n'ont pas d'argent pour acheter de la nourriture", s'emportait Elisa Aldino, 48 ans, interrogée par l'AFP dans une des longues files d'attente devant les boulangeries. "Quand on n'a pas d'argent, on dort sans manger", ajoutait cette femme de ménage, venue du quartier pauvre de Maxaquene où les magasins, fermés mercredi, n'ont pas rouvert. Les bus avaient repris leur service. Mais les taxis collectifs, dont dépend la masse des plus pauvres pour se déplacer, étaient toujours absents et des patrouilles de police lourdement armées quadrillaient encore la ville. "Je ne suis pas sûr que la vie ait repris normalement", soulignait un habitant de Xiquelene, un des bidonvilles de Maputo où les émeutes ont été les plus violentes. Selon le gouvernement, le mouvement a coûté 122 millions de meticals (3,33 millions de dollars) à l'économie du pays. Le Mozambique, dévasté par la longue guerre civile (1976-1992) qui a suivi le conflit armé pour l'indépendance de l'ancienne colonie portugaise, connaît une misère alarmante. 65% de ses 20 millions d'habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Les prix ont flambé ces derniers mois en raison de la dépréciation de la devise nationale par rapport au rand sud-africain, qui a grimpé de 43% depuis le début de l'année. Le pays dépend étroitement des importations venues de son grand voisin. En 2008 déjà, six personnes avaient été tuées dans des émeutes contre la hausse des prix des taxis collectifs.

 
Cette semaine à  la Une
 

Guinée : élection présidentielle
Cellou Dalein Diallo plus confiant que jamais

Candidat du second tour de l’élection présidentielle guinéenne, l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, crédité de près de 43,69 % des voix au premier,  se dit sûr de sa victoire. Pour Cellou Dalein Diallo, c’est certain : à l’issue du second tour, il deviendra le premier président guinéen élu librement et démocratiquement. « Je suis confiant, je sais qu'il n'y a aucun risque pour moi de perdre ce second tour », a-t-il déclaré jeudi 2 septembre. Revenant sur ses résultats du premier tour et les rapprochements stratégiques qu’il a ensuite noués, il a effectué la démonstration suivante : « J'ai réalisé une performance de 44 % des voix, j'ai conclu des alliances avec des partis qui ont réalisé au total 18 %. Je pense que (...) j'ai toutes les chances de l'emporter et de manière éclatante. »

Bonne conduite

Le candidat de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) se trouvait jeudi à Ouagadougou, sur une invitation de Blaise Compaoré, médiateur dans la crise guinéenne. Ce dernier devait ensuite recevoir Alpha Condé, l’opposant historique qui affrontera Cellou Dalein Diallo. Alpha Condé a obtenu 18,25 % des suffrages le 27 juin dernier. De passage à Paris mercredi, il a mis en garde contre toute tentative de fraude. « Nous savons qu'il y a eu une fraude gigantesque au premier tour. Je n'accepterai pas de fraude au second tour », a déclaré le leader du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). L’objectif de Blaise Compaoré, en réunissant les deux protagonistes de l’élection, est d’apaiser le climat de tension. Il prévoit de proposer aux deux candidats de souscrire à un « code de bonne conduite », afin de prévenir les éventuels débordements, les violences pré-électorales et les tentatives de fraudes. Le président guinéen par intérim Sékouba Konaté devrait rejoindre à Ouagadougou Cellou Dalein Diallo, Alpha Condé et Blaise Compaoré, pour la signature de ces accords.

Rapport sur la RDC: le Rwanda menace de limiter sa collaboration avec l'ONU

Le Rwanda menace de restreindre sa coopération avec l'ONU quelques jours avant la publication d'un rapport du Haut commissariat des Nations unies accusant le Rwanda de crimes en République démocratique du Congo de 1996 à 1998.

Une version non finale de ce rapport, publiée jeudi par le journal le Monde et par la BBC, détaille les massacres, viols et pillages commis par des militaires de plusieurs pays et notamment du Rwanda au cours des deux guerres qui se sont déroulées au Congo. "Toute initiative qui serait prise sur la base de ce rapport nous obligerait à nous retirer des divers engagements que le Rwanda a pris avec les Nations unies, notamment en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix", a écrit la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. Dans un communiqué transmis vendredi sur le site de l'agence rwandaise de presse, le gouvernement accuse les Nations unies d'avoir laissé publier ce rapport afin de détourner l'attention d'une série de viols commis par les rebelles à proximité d'un camp de casques bleus dans l'est de la RDC. "Le gouvernement du Rwanda estime que ce projet divulgué est malveillant, choquant et ridicule" dit un communiqué. "Le moment de la publication de ce rapport est très révélateur" affirme le texte de Ben Rutsinga, membre du bureau du porte-parole du gouvernement. Selon lui "il semble que les Nations unies tentengt de détourner l'attention internationale de sa dernière faute dans la région des Grands Lacs, où récemment des centaines de Congolaises ont été violées sous le regard des forces de maintien de la paix".

reportage
RDC – Dégâts importants au centre de développement de l’Archidiocèse de Bukavu

 Les Missionnaires Xaviériennes déterminées à reconstruire après l’incendie du 22 août 2010



Kinshasa, le 26 août 2010 – DIA - La Sœur Delia Guadagnini, Supérieure Générale des Missionnaires Xaviériennes pour la République Démocratique du Congo et le Burundi, de Bukavu, chef-lieu du Sud Kivu à l’Est de la RDC, s’est confiée à l’Agence Fides après l’incendie qui a consumé une partie de leur centre Olame de l’archidiocèse de Bukavu le dimanche 22 août 2010, en ces termes : « Nous recommencerons et nous reconstruirons ce que le feu à détruit ». 

Le Centre Olame, fondé en 1959, dépend du bureau diocésain de développement (Bureau diocésain de développement – BDD) et s’occupe de la formation et de la promotion de la femme. Ce centre coordonne une série de centres paroissiaux pour la formation des femmes et des jeunes filles. Il offre en particulier une formation aux femmes qui n’ont pas pu aller à l’école, en proposant des activités d’alphabétisation et de formation de base. Le centre Olame, dirigé par Mme Mathilde Muhindo, œuvre en faveur de toutes les femmes de l’archidiocèse : non seulement celles qui vivent à Bukavu, mais aussi celles vivant dans les villages. Une autre activité très importante du centre est l’assistance aux femmes victimes de viols, une pratique très répandue dans la région. Près de 200 femmes et jeunes filles reçoivent de l’aide psychologique : un service d’écoute et d’accompagnement leur est offert. Rappelons que l’incendie, provoqué par des causes naturelles, a entièrement détruit les deux moulins et tout le stock de maïs, de sorgho et de soja, utilisé pour la préparation de farines destinées à l’alimentation des enfants. Les autres établissements du centre ont été épargnés. Malgré les dégâts subis,  la Supérieure régionale la Sœur Delia Guadagnini n’entend pas lésiner sur les moyens : « Cela ne nous empêchera pas d’aller de l’avant et nous reconstruirons ce qui a été détruit. Notre mot d’ordre est « recommencer » », a-t-elle dit. (Agence catholique DIA  www.dia-afrique.org)

 
Les nouveaux «Frères d'Italie»
par Federica Araco

Alin est un jeune de 17 ans. Depuis quatre ans il vit à Ostie, dans la banlieue romaine. Il a un tempérament revêche, avec ses camarades et ses professeurs, qui cache un profond besoin d'acceptation et sa difficulté d’adapter son appartenance roumaine au contexte italien. Masha a 18 ans, elle est née en Biélorussie et a été adoptée par une famille italienne. Pendant longtemps elle n'a pas eu de nouvelles de son frère qui a finalement réussi à la retrouver. Elle voudrait le serrer à nouveau dans ses bras, même si elle a peur de rouvrir les douloureuses plaies du passé. Les parents de Nader sont égyptiens et vivent en Italie depuis plus de vingt ans. Lui est né ici, il y a seize ans, et affronte les conflits de l'adolescence en se cognant aux traditions culturelles de sa famille.

Fratelli d'Italia (Frères d'Italie, 90', Italie, 2009), du réalisateur Claudio Giovannesi, est un documentaire en trois épisodes qui raconte, à travers trois histoires, les parcours d'intégration semés d’embûches que les jeunes d'origine étrangère doivent affronter pour vivre en Italie. Il invite aussi à une plus ample réflexion en nous efforçant de mieux comprendre la vie de cette deuxième génération à laquelle le droit de citoyenneté continue d'être nié. En Italie, il y a 862 000 jeunes nés de parents étrangers. 457 000 sont nés dans notre pays, les autres sont arrivés en bas âge lors d’un regroupement familial. Ils sont et se sentent italiens, mais du point de vue juridique et social, ils continuent d'être considérés «étrangers» car enfants d'immigrés. L'accès à la citoyenneté, condition essentielle pour avoir les mêmes droits que les enfants de parents italiens, prévoit de fait une procédure administrative longue, tortueuse, et souvent aporétique.

 «J'ai tourné ce film parce que l'Italie, à mon avis, n'arrive pas encore à reconnaître son identité multiculturelle, elle se cache derrière une illusion d'orgueil national et refuse la valeur positive de la diversité», explique le jeune documentariste. «Je considère fondamentale et émouvante chaque forme de meltin’pot. La population que l'on appelle immigrée est, en réalité, notre nouveau tissu social, une richesse qui doit être accueillie dans sa complexité et avec ses infinies contradictions», poursuit-il.

Frères d'Italie est le fruit de deux ans de travail en collaboration avec l'institut technico-commercial Paolo Toscanelli d'Ostie, dans la banlieue romaine, où presque 30% des élèves sont d'origine étrangère. «J'ai choisi comme protagonistes trois adolescents, en racontant leur vie au quotidien, en observant leurs rapports interpersonnels et les conflits qui les tourmentent», raconte Giovannesi. L'emblème de ce sinueux parcourt d'intégration est l'école, où souvent les enseignants ne réussissent pas à garantir une formation satisfaisante aux élèves, de plus en plus victimes des faux besoins imposés par la consommation de masse. Dans un contexte ambigu, parfois violent, l'accablante croissance individuelle se cogne à l'exigence de standards réfractaires aux traditions religieuses et culturelles des communautés de provenance. C'est le cas de Nader: sang égyptien et style de vie italianissime. Comme beaucoup de jeunes de son âge, ce garçon aux yeux vifs et éclatants rêve de devenir footballeur professionnel, il aime les filles (il a une copine italienne, contre la volonté de ses parents), et à l'école il est tellement rebelle qu'il en est arrivé à se faire suspendre, avant un redoublement annoncé.

«Le conflit de génération dans le film nous renvoie au thème de l'identité. La différence qui sépare pères et fils est à l'origine des problèmes qui se posent aux première et deuxième générations d'immigrés» commente Giovannesi. «J'ai essayé de considérer le concept d'intégration au-delà de son abstraction utopique, en le traitant au cœur même de la réalité», continue le réalisateur. «Je me suis rendu compte que l'intégration, même quand elle est fortement désirée, n'est pas toujours réalisable: c'est un parcours sans fin, qui nécessite une redéfinition de l'identité, complexe et responsable, que les deux parties -les nouveaux arrivants et ceux qui les accueillent- doivent engager de manière paritaire. Alin, Masha et Nader vivent les joies et les conflits d'une «génération pont» entre des cultures différentes, fruit de la profonde mutation sociale qui caractérise l'Italie de nos jours. 

«Au début cela n'a pas été facile du tout: je n'étais pas habituée à être suivie par quatre techniciens du matin au soir», raconte Masha, protagoniste du deuxième épisode. «Ils m'accompagnaient partout, en portant d'encombrants équipements: à l'école, à la maison, aux rendez-vous avec mon copain. Avec le temps, la caméra est devenue une amie toujours à mes cotés, à qui j'ai pu confier mes émotions et mes peurs». Et elle ajoute: «c’était une expérience super et j’espère que le film pourra venir en aide aux jeunes, aux parents et aux enseignants. Je conseille à tous de le voir parce que, souvent, les gens jugent les immigrés sans connaissance de cause, sans rien connaître de leurs histoires, des difficultés qu'ils sont obligés de surmonter».

Le documentaire a obtenu la mention spéciale du jury au "Roma Film Festival 2009", section L'autre cinéma/extra «pour le regard surprenant, envoutant et pressant avec lequel le documentaire entre dans la vie de trois adolescents italiens fils d'immigrés». 
 
 
actuel 
Seize femmes puissantes
Par François Busnel

Il y a les beaux livres et les grands livres. Les livres qui peuvent changer une vie et ceux qui peuvent changer la vie. Photo de groupe au bord du fleuve appartient à toutes ces catégories. Voilà pour les étiquettes. De quoi s'agit-il ? De l'odyssée d'une femme brusquement propulsée à la tête d'un mouvement de revendication qui finira par ébranler le pouvoir traditionnel. Voilà pour le contexte. Mais Emmanuel Dongala ne se contente ni des étiquettes ni d'une toile de fond : romancier, il ne tombe jamais dans le didactisme, ne verse pas dans l'exotisme, se garde de tout idéalisme. Bref, il contourne ces "ismes" qui réduisent la pensée à des slogans, tracent une ligne de partage entre le bien et le mal, le noir et le blanc. Méréana casse des pierres tout au long de la journée dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Autour d'elle, quinze femmes. Elles ne se connaissent pas. Peu à peu, on découvrira quelles mésaventures les ont conduites à devenir ces forçats qui réduisent en gravier les pierres du fleuve. Lorsque le président de ce beau pays décide de construire un aéroport international et que les prix des matières premières se mettent à flamber (y compris celui des prostituées venues des pays voisins), ces femmes décident de doubler le prix de leur sac de gravier. Les hommes qui les achètent pour une bouchée de pain ne l'entendent pas ainsi. Bagarres. Coups. Humiliations. Tortures. Emprisonnements. Tirs. Les femmes du bord du fleuve se mobilisent et ne céderont pas. Seize femmes puissantes. Elles ont choisi Méréana comme porte-parole. En revendiquant une hausse du prix de leur travail, elles mettent à mal les traditions, qui veulent que la loi de l'Etat soit une chose et la loi ancestrale une autre. Avec ce superbe roman, Emmanuel Dongala porte un coup terrible au pouvoir des hommes en Afrique. Il dénonce les violences sexuelles, l'hypocrisie religieuse, la tyrannie du mariage, l'oppression domestique. Parfois, ce roman ressemble à un Germinal africain. Il y a du Zola chez Dongala, l'un des meilleurs romanciers de langue française, né au Congo d'une mère centrafricaine, que la France a refusé d'accueillir lorsqu'il en fit la demande (tandis que la guerre civile ravageait son pays) et qui enseigne aujourd'hui... aux Etats-Unis.

LES NOIRS À CUBA AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE 1898-1933
Marginalisation et lutte pour l'égalité
Marc Sefil
Préface d'Alain Yacou

Recherches et documents Amériques latines
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE HISTOIRE IMMIGRATION, INTERCULTUREL MONDE CARAÏBES 

La recherche montre le rôle éminent joué par les populations issues du continent africain dans l'histoire "post-colombienne" de la Caraïbe. Ces travaux manifestent l'existence d'une véritable "voie noire" dans le processus de recomposition politique économique, social et surtout culturel amorcé dans cet espace après l'extermination de ses premiers occupants. L'évaluation et l'évolution de la condition des Noirs à Cuba au début du XXe siècle constituent le thème central. L'Harmattan ISBN : 978-2-296-11894-2 • mai 2010 • 280 pages

Les crapauds-brousse par Tierno Monénembo
Par Baptiste Liger

Avec les Crapauds-brousse, Monénembo s'emploie à livrer une chronique sociale acerbe de la société africaine. En 2008, à la surprise générale, le prix Renaudot était attribué à Tierno Monénembo pour Le roi de Kahel. Si le grand public a pu être dérouté par le choix de cet auteur guinéen, les amoureux de littérature africaine savaient qu'il s'agissait d'un auteur de première importance - preuve en est avec Les crapauds-brousse, paru en 1979 et peut-être son plus beau roman. Le crapaud : un batracien au physique réputé ingrat qui, pourtant, selon une légende peule, fut la créature préférée de Dieu. Mais pourquoi lui a-t-il laissé une enveloppe charnelle si peu flatteuse ? Cette allégorie animalière sert de point de départ à une fable acide sur l'ascension de Diouldé. Après ses études d'électricité en Hongrie, le jeune homme ambitieux revient au pays, dirigé par le despote Sâ Matraq (à lire phonétiquement - clone à peine voilé du dictateur Sékou Touré). Alors qu'il se prépare à une vie tranquille auprès des "intellectuels", ce garçon va vite découvrir un envers du décor particulièrement corrompu, dont il pourrait bien être la victime. Chronique sociale acerbe, Les crapauds-brousse vaut aussi pour sa langue, magique et imagée, dont l'influence se fait sentir aujourd'hui chez nombre d'auteurs - Alain Mabanckou en tête.n

 

Les élites des banlieues françaises choyées par… les Etats-Unis

 
 

En France, le « diversity management », la gestion de la diversité, a du mal à passer des bonnes intentions aux actes. Outre-Atlantique, c'est une réalité. L'ambassade américaine à Paris repère et forme les jeunes français prometteurs issus des quartiers populaires via son programme de « visiteurs internationaux ».

Aux Etats-Unis, c'est un concept politique. Et il s'enseigne. Le « diversity management » (gestion de la diversité), dans un pays qui vient d'élire son premier président noir, est l'un des thèmes de l'« International Visitors Program » (Programme pour les visiteurs internationaux). Chaque année, ils sont 4.000 jeunes, dont une trentaine de Français conviés aux Etats-Unis pour trois semaines de séminaire. Ressortissants des pays où les Etats-Unis ont une ambassade, issus des formations de jeunesse des partis ou d'associations jugées influentes, ils sont appelés à être la future élite de leurs pays et sont invités à ce séminaire où l'on évoque aussi bien le manque d'accès à l'eau courante en Alabama que l'évolution des droits civiques. Le programme est en place depuis soixante ans. En leur temps, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Laurent Fabius y ont participé. 

Mais depuis la fin des années 1990, l'Oncle Sam n'invite pas chez lui que les nouveaux diplômés de grandes écoles. « On regarde ce que les jeunes font sur le terrain, pas quelle école ils ont fait. Ceux qui fondent un magazine ou une association de réflexion sur la banlieue sont forcément des gens d'avenir », explique Lora Berg, attachée culturelle de l'ambassade américaine à Paris, dont tous les employés sont invités à repérer les jeunes prometteurs. Mais c'est surtout une Française, Randiane Peccoud, qui supervise ce travail. Réunions, lancement de projets, bouche-à-oreille… L'ambassade suit tout ce qui bouge dans les quartiers populaires, avec des techniques de réseau classiques. Elle dispose aujourd'hui de la meilleure liste de la diversité en France. 

« Le pouvoir se prend »

Invitée à Washington en tant que fondatrice de l'association Les Indivisibles (lire ci-contre), Rokhaya Diallo pense que, « contrairement à la France, les Etats-Unis ont compris qu'il y avait des Noirs, des Beurs, des Ultramarins qui peuvent compter. Pour des raisons démographiques, il y en a qui perceront ». Et donc, autant les aider. Le séminaire comporte aussi une branche consacrée aux techniques de campagne politique. Les conseillers en communication démocrates y enseignent comment démarcher les électeurs en porte-à-porte, comment se constituer un réseau. « Ce que j'en ai tiré, c'est que le pouvoir ne se demande pas, il se prend », s'enthousiasme Reda Didi, fondateur du think tank Graines de France. 

Car ce programme révèle une différence de fond entre la France et les Etats-Unis. Dans un pays qui pratiquait la ségrégation il y a cinquante ans, les minorités participent aujourd'hui aux conseils d'administration et sont dans les plus hautes sphères politiques. « La France continue de traiter les questions de diversité comme si elle était obligée, elle n'a pas compris qu'il en allait de sa propre dynamique », observe Marc Cheb Sun, fondateur de « Respect Mag ». « Aux Etats-Unis, la diversité est vue comme une grande force. Même s'il y a des signes encourageants, ce n'est pas encore le cas en France », souligne Lora Berg. 

Les participants semblent satisfaits : les Etats-Unis leur portent un intérêt qu'ils disent ne pas recevoir en France. « Les mêmes personnes qui sont discriminées en France sont promues aux Etats-Unis », résume Rokhaya Diallo. « J'ai envoyé un tract sur mon think tank aux députés français ; personne ne m'a répondu. Par contre, ça a enthousiasmé plusieurs membres du Congrès américain », ajoute Reda Didi. Comme les autres, il assure toutefois ne pas avoir mis son sens critique dans sa poche pour succomber à un nouveau rêve américain. 

CORENTIN BAINIER

Monde
Identité

Afrique: des signes venus des sables
Par Bruno D. Cot

Berceau de l'humanité, le continent africain a souvent été présenté comme celui de l'oralité. Faux. Bien avant l'Europe, des civilisations brillantes y inventaient des systèmes d'écriture parfois encore usités de nos jours.

"En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle." Aussi belle et profonde que puisse être la pensée d'Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien du siècle passé, elle repose sur un terrible malentendu. Oui, l'Afrique, plus que tout autre, est le continent de l'oralité, mais contrairement à un discours politique convenu - inspiré de plusieurs siècles de colonisation - elle n'est pas sans écriture. Loin de là. Ou, plutôt, au plus loin de l'humanité dont elle est le berceau, l'Afrique, via l'Egypte et la civilisation hiéroglyphique, pourrait bien être aussi à l'origine de la première écriture, avant celle de Mésopotamie (voir L'Express du 14 juillet dernier). "Ethnologues et linguistes ont fait d'extraordinaires avancées ces dernières décennies et, au-delà du cas égyptien, le continent africain a possédé plusieurs systèmes d'écriture antiques du côté du Soudan, de l'Ethiopie et en Afrique du Nord", explique Bertrand Hirsch, le directeur adjoint du Centre d'études des mondes africains (Cemaf). Revue de détail. 

Le Méroïtique 
Le premier de ces systèmes d'écriture prend corps dans cette aire géographique qui s'appelait la Nubie, un vaste territoire qui a la particularité de partager le Nil avec l'Egypte. Là, quelque trois millénaires avant notre latin, dans le royaume koushite dit de Kerma, né au sud de la troisième cataracte du Nil, s'est développée une langue vraisemblablement parlée par les élites. "Nous en connaissons l'existence par l'intermédiaire d'une correspondance entre les souverains indigènes et les Egyptiens, où apparaissent des noms avec des éléments méroïtiques", explique Claude Rilly, du laboratoire Langage, langues et culture d'Afrique noire (Llacan/CNRS), et qui dirige la Section française de la direction des antiquités du Soudan. Mais après sa chute, vers 1500 av. J.-C., le royaume de Kerma, à l'exception de deux stèles, n'a pas laissé de vestiges. Les restes de l'empire sont rapidement colonisés par l'ennemi voisin. S'ouvre alors une période de fusion des cultures : les Egyptiens viennent construire des monuments majestueux, comme le temple d'Abou-Simbel, sous le règne de Ramsès II (1279-1213 av. J.-C.), tandis que les Koushites "s'égyptianisent". Ils adoptent certains dieux dans leur propre panthéon (Amon, Isis, Osiris) et s'émerveillent devant les hiéroglyphes. Pour autant, côté langue, le méroïtique ne semble pas abandonné, s'imposant comme le parler du peuple et du commerce alors que l'égyptien serait celui des hauts dignitaires. "Pourtant, les deux langues parfaitement répandues sont aussi différentes que le français et le turc", poursuit Claude Rilly, qui s'étonne de leur coexistence aussi longue. Parce que, si elle ne repasse pas les plats, l'Histoire tourne : au viiie siècle av. J.-C., les Koushites reprennent possession de leur territoire et, mieux, s'emparent de la Haute-Egypte. Le coeur du pouvoir se déplace de Napata vers Méroé, toujours plus au sud. Comme s'il s'agissait de mieux se démarquer de l'influence pharaonique. "En 250 avant notre ère émerge le royaume de Méroé, durant lequel se développe, enfin, une écriture méroïtique qui n'enregistre plus seulement quelques noms, mais l'ensemble de la langue", raconte le chercheur du Llacan. Cette nouvelle ère ne dure qu'une centaine d'années, mais va laisser aux archéologues un bon millier de documents scripturaux. Selon les linguistes, il existait deux écritures méroïtiques, l'une hiéroglyphique et l'autre cursive. La première est indéniablement d'inspiration égyptienne, même si les signes n'ont ni la même valeur ni la même direction : "Ils regardent en fin de ligne", explique joliment Claude Rilly. L'autre, dite "cursive", apparaît comme une variation du démotique, avec des hiéroglyphes simplifiés, "quasiment sténographiés".

Longtemps, le méroïtique est resté un mystère pour les archéologues. Il a fallu attendre presque un siècle entre sa découverte (1821) et son déchiffrement (1911) par le Britannique Francis Llewellyn Griffith. "Et encore, on sait lire l'écriture, mais on ne la comprend pas, précise Claude Rilly. Comme un bon latiniste sait lire du turc, mais ne le comprend pas pour autant." Avant d'estimer qu'aujourd'hui "à peine 5 % du vocabulaire et un tiers de la grammaire ont véritablement été déchiffrés". Pour avancer, il faudra du temps et la découverte d'autres vestiges, plus riches. Le méroïtique, langue originelle, purement phonétique, est bien une invention africaine. Elle supprime définitivement le dogme qui voudrait que ce continent n'ait pas été suffisamment intelligent pour créer une écriture propre et demeure un envoûtant mystère pour les archéologues.

L'écriture éthiopienne 
Elle n'a pas de nom, son origine reste l'objet de conjectures, mais elle est mère de toutes les langues du pays. L'écriture antique éthiopienne serait née de part et d'autre de la mer Rouge, en symbiose avec le royaume de Saba. "On évoque souvent un substrat yéménite, sans plus de précision étant donné la rareté des inscriptions", explique Meaza Revol-Tissot, chercheuse à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco). Dès le ve siècle avant notre ère, les relations entre Saba et Erythrée ne font aucun doute : la langue, mais aussi les dieux et même l'emblème royal sont intimement liés. Jusqu'à la création en Ethiopie, au ier siècle apr. J.-C., du royaume d'Aksoum, avec sa propre langue, le guèze (ou éthiopien classique), qui va s'étendre de la province du Tigré à une partie de l'Erythrée. "Elle était la langue des milieux savants et de la religion, ce qui explique sa durée dans le temps, puisqu'elle va être utilisée jusqu'au xe siècle de notre ère", ajoute Meaza Revol-Tissot. Avant de préciser : "On peut la comparer au latin, puisque d'elle sont nés le tigrigna parlé au nord et surtout l'amharique, qui demeure, aujourd'hui, la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde (après l'arabe) et la plus importante d'Ethiopie." Au point de jouer un rôle identitaire de premier ordre.

Le Libyque 
Il persiste un doute sur son antériorité qui se compte, non en décennies, mais en siècles. Cette écriture, dite aussi "libyco-berbère", puise sa source au fond des grottes, dans des abris-sous-roche à vocation religieuse ou sur les monolithes que l'on croise, ici ou là, au milieu du désert du Sahel. Quelques inscriptions qui, plus tard, vont permettre de créer une écriture alphabétique propre aux Berbères, au coeur d'une immense aire géographique allant de l'Afrique du Nord au Mali. "Les traces les plus certaines, exhumées sur le site de l'actuelle Dougga (Tunisie), datent de 138 av. J.-C., mais des spécialistes estiment qu'elle remonte au viie siècle avant notre ère", explique Bertrand Hirsch. Une controverse chronologique sans fin, mais pas sans arrière-pensées : le libyque pourrait avoir une origine indigène, à savoir une genèse locale sans influence extérieure ; ou endogène, inspirée par un alphabet sémitique, probablement le phénicien. Mais dans le premier cas, il devient le substrat de l'identité berbère, celle qui revendique une histoire de l'Afrique du Nord avant l'arrivée des Arabes. Aujourd'hui, la théorie la plus aboutie serait celle d'une origine autochtone née d'un ensemble de signes appartenant à l'art géométrique, qui aurait été perfectionné par différents emprunts à d'autres langues pour donner un alphabet propre.
"L'autre caractéristique fondamentale de l'écriture libyco-berbère est d'avoir traversé le temps jusqu'à nos jours", raconte Mohamed Aghali-Zakara, de l'Inalco. En effet, ce "rameau libyque" s'est séparé, sous l'Antiquité, en trois alphabets qui "possèdent une évidente continuité scripturale", reprend le chercheur : oriental (Algérie, Tunisie, Libye), occidental (Maroc, une partie de l'Algérie, jusqu'aux îles Canaries) et saharien. De ce dernier est né le tifinagh, qui demeure l'écriture des Touaregs. A aucun moment il ne sert à fixer la mémoire historique ou à développer une quelconque littérature. "Là encore, le tifinagh est, pour le peuple du désert, une marque identitaire forte, qui a perduré parce qu'ils en ont eu un usage ludique", ajoute Mohamed Aghali-Zakara. Outre quelques inscriptions symboliques écrites par les adultes (marques de propriété, signatures), il s'apprend à l'adolescence, sur le sable, pour des jeux ou pour écrire de petits messages amoureux. "Leur usage s'apparente à celui des jeunes en Occident qui, frénétiquement, envoient des dizaines de textos par jour", conclut le spécialiste des Touaregs. De quoi relativiser la moderne toute-puissance de notre dieu "téléphone portable." 
 

 
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Droit à la santé
Séropositive, Clémentine l'avoue: "Je ne me cache plus pour en parler"

Tenue le 5 juin dernier à l'hôtel NH de Fribourg, la 2ème journée de consultations entre l'ASS et les églises africaines était marquée par des ateliers, des discussions et diverses interventions d'experts en matière du VIH/sida. Moment fort de ce rendez-vous, le témoignage de Mme Clémentine* (prénom d'emprunt) touchée dans sa chair par le virus ravageur. Reportage.

Le jour où Clémentine apprends sa séropositivité, le ciel lui tombe sur la tête. Un grand choc de sa vie. Aux interrogations succède le dénie. "Ce n'est pas possible. Pas à moi. A quoi ont servi toutes les précautions prises pour se protéger de la maladie ?". Du sexe à moindre risque aux préservatifs, il a suffi un moment d'inattention. Dans ce genre de situations, on reste dans le doute. Le diagnostic du médecin était-il le bon ?  Après le temps d'interrogations et du dénie de son statut sérologique, voici que Clémentine se met à regretter. Elle réalise dorénavant que sa vie sera courte. Et qu'à 37 ans, elle n'en a pas vraiment profité. Elle s'en veut, elle dont les enfants n'auront peut-être pas l'opportunité de profiter du bonheur promis, cette nouvelle vie qu'elle est venue chercher Suisse.Lire la suite en pages Diasporisons

Le musée du quai Branly présente cet été, à travers 170 oeuvres majeures et 80 documents, une importante exposition consacrée aux traditions artistiques d’Afrique Centrale, à savoir le Gabon, la République du Congo et la République démocratique du Congo. Véritable voyage initiatique menant le visiteur des forêts du Nord aux savanes du Sud, l’exposition démontre les liens existant entre les oeuvres produites dans les régions bordant le majestueux fleuve Congo, par diverses populations de langues bantoues. Derrière la variété des masques et sculptures fang, hemba, kwélé ou kota, l’exposition met en lumière les oeuvres majeures de l’Afrique Centrale, dans leur conception, leurs structures et les liens artistiques qui les rapprochent. Les trois thèmes de l’exposition, fondamentaux communs à ces peuples iconophiles, sont complémentaires : les masques et statues ayant le « visage en forme de coeur », et qui assurent l’unité et l’identité des groupes respectifs ; 
l’importance de l’ancêtre fondateur et des membres éminents de son lignage ; la représentation de la femme dans les royaumes de la savane, équilibrant l’autorité des hommes, liée au mystère de la régénération de la terre, de l’agriculture, de la vie humaine. Musée du quai Branly 37, quai Branly  75007 – Paris Tél : 01 56 61 70 00 mardi, mercredi et dimanche : de 11h à 19h et jeudi, vendredi et samedi : de 11h à 21h. 
 
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 en librairie

Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre
de Cikuru Batumike. 
Collection : études africaines. Editions L'Harmattan, mai 2009, Paris. Poids : 120 g 100 pages. ISBN : 978-2-296-07779-9. Prix public TTC : 11,00 €; frais de port et emballage : 1,50 € pour la Suisse. Réservez votre exemplaire auprès de l'auteur : cikurubatumike@hotmail.com ou par un simple courriel aux éditions l'Harmattan, service de diffusion : presse.harmattan5@wanadoo.fr

Lettres...
Les correspondances entre deux personnes aux origines culturelles éloignées, en terme géographique, se suivent mais ne se ressemblent pas. Les lettres de Marie Ito et de Cikuru Batumike, réunies ici, gardent un ton original. Au lieu d’être une perception née d’un choc de cultures, elles révèlent un échange qui ne se limite pas au seul cadre des référents culturels. 
Lettres à (de) l’amie qui me veut du bien, Nb de pages : 88, aux Editions Baudelaire, avril 2009. ISBN : 9782355081170 Achat par correspondance : 13 € + 3 € de port.
 
Littérature
 
Mamadou Mahmoud N’Dongo
La Géométrie des variables

De Paris à Berlin, en passant par New York et Amsterdam, pour son troisième roman, Mamadou Mahmoud N'Dongo nous entraîne dans l'univers des communicants politiques, doux euphémisme pour désigner ceux qu'on nomme aussi les « faiseurs de pluie » ; hommes de l'ombre, dandys cyniques ou désabusés, véritables artisans d'un succès ou d'une défaite politique ; de Mitterrand à Sarkozy, de Reagan à Obama, d'Abdou Diouf au seigneur de guerre libérien Darius Jones, c'est plus de trente ans de l'histoire politique que nous invite à parcourir l'auteur en compagnie de ses personnages Pierre-Alexis de Bainville et Daour Tembely. La Géométrie des variables est un roman qui nous mène dans les arcanes du monde politique en nous offrant un éclairage inédit et plein de lucidité sur les liens qu'entretissent les puissants de ce monde avec leurs conseillers. C'est aussi un livre sur l'engagement : artistique, intellectuel, et même amoureux, dans une civilisation où le fait de former un couple métis peut être considéré comme un choix politique... Le regard que porte le romancier sur le monde contemporain est à la fois précis, dénué de tout artifice, hanté par la quête d'une vérité tronquée, et teinté d'humour. Roman, Gallimard, Collection Continents noirs320 pages. ISBN : 9782070130429
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L'Art d'être un homme
Afrique, Océanie
Exposition conçue et réalisée par le musée Dapper, présentant environ 150 oeuvres, souvent inédites, provenant de collections publiques ou privées.

En Afrique, comme en Océanie, les hommes apparaissent rarement sans ornement. Portés au quotidien ou lors de cérémonies cultuelles, les parures et les emblèmes témoignent d'expériences vécues notamment lors des rites d'initiation qui marquent les différentes étapes de la vie d'un individu. La transformation de l'apparence première, autrement dit du corps nu, est révélatrice du statut occupé dans la communauté. Tous les signes, objets et marques corporelles, affichent l'identité d'une personne et la situent au sein d'un groupe où elle trouve sa place selon son âge, son sexe, sa fonction - celle de chef, de chasseur, d'officiant ou de devin jouissant d'un certain prestige. Les hommes parés sont au centre de relations complexes où se tissent une infinité de liens tant sociaux que religieux, liens avec les autres membres de la société, les ancêtres et les êtres du monde surnaturel. Musée Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris / 01 45 00 91 75

Débat sur l'identité nationale: vingt écrivains "pour une identité-monde"

"Agacés" par le débat sur l'identité nationale lancé pendant l'hiver par le gouvernement, vingt écrivains défendent la notion d'"identité-monde", dans un recueil de réflexions initié par Jean Rouaud et Michel Le Bris."Agacés" par le débat sur l'identité nationale lancé pendant l'hiver par le gouvernement, vingt écrivains défendent la notion d'"identité-monde", dans un recueil de réflexions initié par Jean Rouaud et Michel Le Bris. Sous un titre hommage à Rimbaud, "Je est un autre", sous-titré "Pour une identité-monde", leurs contributions viennent de sortir aux éditions Gallimard. "Nous sommes plusieurs à avoir été agacés par ce débat sur l'identité nationale et la médiocrité du discours ambiant", confie à l'AFP Jean Rouaud, l'un des initiateurs avec Michel Le Bris, fondateur d'Etonnants Voyageurs dont la 21è édition se tenait ce week-end à Saint-Malo. "J'ai envoyé (en décembre 2009) un texte au Monde à ce sujet en développant l'idée que, pas plus que la littérature n'est circonscrite à un territoire, l'identité ne l'est non plus", poursuit le prix Goncourt 1990. Puis les choses se sont enchaînées. "Nous avons rédigé un texte avec Michel (Le Bris). Nous l'avons adressé à différents auteurs en leur demandant de réagir sur le sujet". Ainsi est né "Je est un autre", dans le droit fil du festival Etonnants Voyageurs. "Une identité unique relève de l'absurdité à une époque où nous vivons ces migrations permanentes, où nous sommes touchés par ces flux d'informations, où chacun est témoin de ces télescopages de cultures", dit Michel Le Bris. "Nous sommes le résultat d'une multitude d'identités que nous reconstruisons par l'imaginaire", assure-t-il. "Qu'on le veuille ou non, la France est aujourd'hui multiple. Le nier, le refouler, c'est proprement absurde", estime celui que se définit comme "français, anglais, américain... écrivain du monde entier et breton par ailleurs". "Ma vie entière a été un apprentissage de la diversité", résume pour sa part l'écrivain Juan Goytisolo, qui, il y a plus de 20 ans, se définissait ainsi: "Castillan en Catalogne, français à Madrid, espagnol à Paris, latin en Amérique du nord, nasrani au Maroc et maure partout". ("Je est un autre - Pour une identité-monde", sous la direction de Michel Le Bris et Jean Rouaud - NRF/Gallimard - 220 pages - 18 euros).