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Sénégal: la candidature de Wade pour un 3e mandat en 2012 fait polémique

Les critiques contre la candidature du président Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle de 2012 s'amplifient au Sénégal, l'opposition et des juristes dénonçant un troisième mandat synonyme de "violation" de la Constitution alors que le parti au pouvoir le juge légal.

Le président Wade, 84 ans, élu en 2000 pour sept ans, réélu en 2007 pour un deuxième mandat de cinq ans après modification constitutionnelle pour passer au quinquennat, a annoncé en septembre 2009 sa candidature à la présidentielle de 2012 pour un troisième mandat. La Constitution du Sénégal, adoptée en 2001, limite le nombre de mandats présidentiels à deux, mais le président Wade a été élu pour la première fois en 2000 avec une loi fondamentale datant de 1963 qui ne limitait pas les mandats. Pour l'opposition, Abdoulaye Wade va boucler en 2012 ses deux mandats légaux: 2000-2007 et 2007-2012. Pour le Parti démocratique sénégalais (PDDS, au pouvoir) le décompte doit se faire à partir de 2007, date d'entrée en vigueur du quinquennat, non 2000. "Wade ne peut se présenter pour un troisième mandat s'il ne fait pas de coup d'Etat constitutionnel", affirme Ibrahima Sène, un responsable d'un parti membre de la coalition de l'opposition. "Il ne peut pas se présenter pour un troisième mandat sauf à violer la Constitution", renchérit Pape Demba Sy, professeur de droit constitutionnel à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. "L'esprit de la Constitution de 2001 est d'éviter des présidents qui font vingt ans au pouvoir comme Léopold Sédar Senghor (1960-1980) et Abdou Diouf (1981-2000) et d'avoir dix ans au maximum. Mais comme Wade a été élu en 2000 (avec la Constitution de 1963), il fallait assurer une période transitoire en acceptant exceptionnellement qu'il fasse éventuellement douze ans", ajoute M. Sy, un rédacteur de la Constitution de 2001. Pour le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye, membre du PDS, "la Constitution permet à Wade de se représenter en 2012". "Ceux qui disent que le président de la République ne doit pas se présenter ne font pas du droit", a-t-il dit. Début août, un mouvement politique dénommé "Terminus 2012" a été lancé à Dakar pour s'opposer à un troisième mandat du président Wade. "Aucun texte ou aucune disposition" ne lui permet "de faire exception" à la règle des deux mandats, dit son initiateur, Amadou Guèye. Les candidats à la présidentielle de 2012 peuvent déposer un recours devant le Conseil constitutionnel pour invalider la candidature de Wade. Mais pour Ibrahima Sène, "Wade a verrouillé" le Conseil constitutionnel en nommant récemment à sa tête un nouveau président, Cheikh Tidiane Diakhaté, présenté comme favorable au chef de l'Etat sénégalais. "Ce n'est pas ce Conseil qui va dire que Wade ne peut pas se présenter en 2012. Que les amis du Sénégal, qui veulent sauver ce pays, convainquent Wade de respecter la Constitution", dit M. Sène. Enseignant en droit public à l'Université Cheikh Anta Diop, Ababacar Guèye pose un problème d'âge: "Le Conseil constitutionnel doit invalider la candidature du président Wade. On risque d'élire un président de la République qui aura presque 90 ans, avec des risques de crise politique au Sénégal". "Un faux débat", rétorque le porte-parole du président Wade, Serigne Mbacké Ndiaye. "Le président Wade est en excellente santé. Il n'y a rien à dire sur ses capacités intellectuelles".
SÉNÉGAL: Des élèves d'écoles coraniques dans des conditions proches de  « l'esclavage »

DAKAR, avec IRIN- Des centaines de chefs religieux à la tête d'écoles  coraniques au Sénégal gardent leurs élèves « dans des conditions qui  s'apparentent à de l'esclavage », les forçant à des tâches relevant de  l'exploitation comme mendier dans la rue, et les privant de nourriture ou de  médicaments, a dit l'organisme américain Human Rights Watch (HRW) dans un  nouveau rapport. Ni les gouvernements sénégalais et bissau-guinéen, ni les dignitaires  musulmans, ni les parents n'interviennent pour mettre un terme à cette pratique et protéger les enfants de cette forme d'exploitation et de maltraitance, a dit l'organisme. « La mendicité forcée étant effectuée à des fins d'exploitation, cette pratique relève de l'esclavage », selon HRW. « Au moins 50 000 enfants du Sénégal sont victimes d'exploitation économique sous couvert d'une éducation religieuse : ils sont forcés à mendier pendant de longues heures au profit de leur professeur, et sujets à des maltraitances physiques graves s'ils ne parviennent pas à remplir leur quota », a dit à IRIN Matthew Wells, l'auteur du rapport. Au Sénégal, ces enfants, qui vivent chez un « marabout » (chef religieux) et fréquentent son école, ou « daara », sont connus sous le nom de 'talibés'. Plus de la moitié d'entre eux ont moins de 10 ans, et certains à peine quatre. Ils passent plus de sept heures par jour à parcourir les rues pour atteindre leur quota (en moyenne, 87 centimes de dollar américain) et la « grande majorité » des enfants interrogés par HRW sont régulièrement battus s'ils ne rapportent pas l'intégralité de la somme requise. 

Environ 99 pour cent des talibés avec lesquels HRW s'est entretenu doivent mendier pour se procurer les vivres et les médicaments dont ils ont besoin. « Quand je ne pouvais pas rapporter le quota, le "marabout" me battait ; même s'il ne manquait que cinq [francs] CFA, il me battait. C'était toujours le "marabout" lui-même », a raconté un ancien talibé de 13 ans à HRW. « Il sortait le câble électrique et . je me tenais là et . il me battait encore et encore, généralement au dos, mais parfois il ratait et me frappait à la tête ». Les talibés peuvent également être soumis à d'autres châtiments, notamment l'enchaînement et les positions de stress, pouvant constituer un acte de torture, selon le rapport. Chaque année, des centaines d'enfants fuient les « daaras » pour retourner chez eux, vivre dans la rue ou se rendre dans un centre de réinsertion parmi la dizaine de centres de ce type gérés par des organisations non gouvernementales (ONG). La plupart de ces enfants sont issus de familles pauvres des régions rurales du Sénégal ou de la Guinée-Bissau, convaincues d'offrir un plus bel avenir à leurs enfants en les confiant aux bons soins d'un « marabout ». Une minorité d'entre eux viennent de Guinée, de Gambie et du Mali. 

Une question de profit 

D'après HRW, les « marabouts » conservent la majorité de l'argent obtenu par les talibés et peuvent réaliser d'importants bénéfices : à Guédiawaye, une banlieue de Dakar, un « marabout » comptant 150 talibés 
dans sa « daara » empoche 116 000 dollars par an. La mendicité est essentielle à l'existence d'une « daara », ont déclaré des « marabouts » à HRW, pour couvrir les frais alimentaires, le loyer et autres coûts annexes. Ousamane Diamanka, « marabout » à Grand Yoff, une banlieue de Dakar, a 20 talibés à sa charge. « Certains "marabouts" exploitent les enfants et gardent l'argent pour eux, mais la majorité ne font pas ça : nous prenons soin des enfants, nous les emmenons à l'hôpital quand ils sont malades et les autorisons à aller voir leur famille régulièrement », a-t-il dit à IRIN. 

Les solutions 

Améliorer les conditions de vie des talibés en réglementant les « daaras »  et en établissant des normes minimales à respecter est une des solutions possibles, d'après HRW. Le gouvernement est actuellement en train de moderniser 100 écoles de ce type, et d'améliorer les conditions de vie de leurs élèves. C'est un progrès, a dit M. Wells, « mais étant donné que le nombre de talibés forcés à mendier continue d'augmenter, l'intervention du gouvernement est de toute évidence insuffisante ». A l'heure actuelle, il n'existe pas de système officiel de suivi et de communication des informations sur les maltraitances commises dans les « daaras », et seule une ONG (le SamuSocial) signale systématiquement aux autorités toutes les maltraitances dont elle a connaissance. Trop souvent, selon HRW, la générosité des organisations humanitaires, qui fournissent des médicaments et du matériel aux « marabouts », ne fait même qu'augmenter leurs profits. L'autre solution consisterait à mettre en application les lois actuelles. Forcer les enfants à mendier à des fins de profit économique est en effet illégal en vertu de la Convention relative aux droits de l'enfant et de la Charte africaine sur les droits et le bien-être de l'enfant ; et la traite des enfants est contraire à la législation contre le trafic ; enfin, la maltraitance physique des enfants est interdite par le code pénal sénégalais. Pourtant, les autorités n'engagent pas de procédures judiciaires à l'encontre des « marabouts » qui obligent les talibés à mendier, a dit HRW. L'organisme s'est également montré critique envers les ONG qui ont incité le gouvernement à adopter la loi 2005 contre le trafic, mais n'ont pas dénoncé l'absence de mesures prises pour mettre cette loi en application, a ajouté M. Wells. 

« En tant qu'organisation humanitaire, nous plaidons régulièrement auprès des gouvernements, et nous nous efforçons d'améliorer les systèmes de protection de l'enfance », a dit à IRIN Martin Dawes, porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). « La maltraitance des enfants est illégale. Nous nous réjouissons de la publication de ce rapport et renouvelons notre appel auprès des autorités concernées en faveur de la protection des enfants et du respect de leurs droits ». La loi n'étant pas appliquée, les trafiquants d'enfants et les « marabouts » s'enhardissent, a averti HRW, et le nombre de « daaras » a doublé entre 2002 et 2009, selon un responsable du ministère de la Famille. Les politiciens sont souvent trop intimidés par le pouvoir social, politique et économique important des « marabouts » pour sévir. « Si vous touchez à un "marabout", vous touchez aux confréries, et ici, c'est très difficile. Vous perdez des voix ; vous pouvez même perdre vos fonctions ; et vous vous exposez à des ennuis », a dit un responsable du ministère de la Famille. Malgré tout, un certain nombre de chefs religieux et d'éminents érudits musulmans du Sénégal pourraient s'allier au gouvernement pour mettre un terme à la mendicité forcée, a dit M. Wells. « Le gouvernement pourrait approcher ces leaders de manière plus proactive pour s'assurer que la réglementation et la responsabilité ne sont pas interprétées comme une menace à l'éducation coranique, mais seulement à ceux qui la corrompent ». 

 
Santé

KENYA: Les guerriers massaïs sur le front du VIH/Sida

avec IRIN - Alors que les tentatives visant à sensibiliser la communauté massaï du Kenya aux dangers du VIH se sont souvent heurtées au refus de la communauté d'accepter des changements préconisés par des membres externes, une nouvelle initiative fait appel aux « morans », ou guerriers massaïs, afin de diffuser des messages de prévention. 

« Les Massaïs sont un peuple très traditionnel et la meilleure façon de leur adresser des messages est de s'insérer dans leur communauté sans essayer d'affaiblir leur culture. Nous leur offrons la liberté d'apprendre en utilisant leurs systèmes culturels afin de les sensibiliser à la santé de la reproduction », a déclaré Peter Ngura, gestionnaire de programme dans le cadre d'un projet destiné aux jeunes nomades mené par l'Association pour la médecine et la recherche en Afrique (AMREF en anglais), une ONG dédiée à la santé et au développement.  « Nous formons les 'morans' comme pairs éducateurs et nous nous servons d'eux pour adresser des messages aux autres 'morans', car ce sont les uniques autres personnes avec lesquelles la culture massaï les autorise à interagir librement », a-t-il poursuivi.  « Les 'morans' écoutent seulement leurs chefs 'morans', et c'est la raison pour laquelle ce sont ces personnes que nous formons afin qu'elles forment à leur tour leurs camarades 'morans' qui sont sous leur supervision », a-t-il précisé.  Les « morans » sont de jeunes hommes âgés de 15 à 25 ans chargés de protéger leur communauté et leur bétail. En outre, ils sont encouragés à avoir des partenaires multiples et vivent la plupart du temps dans la brousse, isolés du reste de la communauté. Ils ne communiquent qu'avec leurs amies, les aînés et les chefs qui leur rendent visite afin de partager les croyances traditionnelles massaï. 

Lelein Kanunga est un chef « moran » qui a rompu avec la tradition et consacre son temps à sensibiliser les autres « morans » aux dangers du VIH, dans le cadre du programme mené par l'AMREF.  « J'ai été sensibilisé aux dangers que représentent les rapports sexuels non protégés, la circoncision féminine et la violence à l'égard des femmes et j'ai décidé qu'il était en mon devoir de sensibiliser à mon tour mes amis 'morans' », a-t-il confié à IRIN/PlusNews. « Nous pratiquons par exemple [la mutilation génitale féminine], mais je sais qu'il n'existe pas de raisons valables à cela. »  Les statistiques sur le taux de prévalence du VIH au sein de la communauté massaï, qui représente près de 2 pour cent de la population kényane, sont limitées. Toutefois, en vivant relativement isolés de la société moderne, les Massaïs ont plutôt été épargnés par le virus, par rapport aux autres habitants de la vallée du Rift - une province qui affiche un taux de prévalence de 7 pour cent.  Cependant, à l'heure actuelle, de nombreux jeunes Massaïs quittent leur communauté afin de gagner leur vie comme chauffeurs ou commerçants dans de vastes régions urbaines à forte prévalence VIH. En outre, ils reviennent dans leur village, continuent d'observer les coutumes traditionnelles, comme la polygamie, et exposent ainsi leur communauté à des risques accrus de
contracter le virus.  « Il est difficile de dire aux 'morans' de quitter leurs amies, car ils passent leur temps à parler de filles et de sexualité. Toutefois, ils savent désormais que le préservatif peut les protéger contre le VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles et ils s'en servent », a ajouté Lelein Kanunga. « Ce n'est pas facile, mais aujourd'hui, certains d'entre nous disent à des parents : 'nous ne marierons vos filles que si elles ne sont pas excisées'. » 

La culture au profit de la participation communautaire 

James Reteti, un autre « moran » devenu pair éducateur, s'est mis à utiliser une calebasse qui sert traditionnellement de pot à lait, afin de transporter et distribuer des préservatifs à ces camarades « morans ».  « Les 'Morans' accordent de l'importance à la calebasse dans laquelle on transporte le lait qui leur est destiné. Selon eux, la calebasse sert à transporter des choses précieuses», a-t-il précisé. « Nous nous servons de ces calebasses comme distributeurs de préservatifs. Ils comprennent ainsi que le préservatif est une chose importante pour eux. »  Selon M Ngura de l'AMREF, l'un des aspects clés du projet est la participation des chefs culturels massaïs qui exercent une grande influence dans la communauté.  « Selon la tradition, ce sont les aînés qui prennent les décisions et leurs dires sont entendus. Par conséquent, nous faisons appel à ces aînés afin de transmettre, par exemple, des connaissances sur les dangers de la polygamie, du mariage précoce des jeunes filles, de la mutilation génitale féminine et sur l'importance du planning familial », a-t-il souligné.  Jusqu'à présent, le programme a formé 70 chefs « morans » comme pairs éducateurs dans les districts de Kajiado, Magadi et Loitoktok, dans la province de la vallée du Rift.

 
Colonisation: 
Mahmoud Abbas menace de dissoudre l'Autorité palestinienne
Mahmoud Abbas a menacé de dissoudre l'Autorité palestinienne qu'il préside en cas d'échec des Etats-Unis à obtenir d'Israël l'arrêt de la colonisation dans les Territoires occupés.

Dans une déclaration tard vendredi à la télévision officielle palestinienne, M. Abbas a affirmé que "si Israël ne cesse pas la colonisation et si l'appui des Etats-Unis aux négociations s'effrite, j'oeuvrerais en vue de mettre un terme au régime d'autonomie palestinien". L'Autorité palestinienne a été instaurée en 1994 au retour à Gaza du chef historique de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Arafat, après 27 d'exil. Elle était prévue, selon l'accord d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, pour une période transitoire qui devait, en principe, prendre fin en mai 1999. Présidée par M. Arafat, décédé en 2004, puis par M. Abbas, l'Autorité palestinienne exerce un pouvoir exécutif, législatif et théoriquement sécuritaire sur la Cisjordanie et la bande de Gaza, avant la chute de ce territoire en 2007 aux mains des islamistes du Hamas. Les négociations de paix israélo-palestiniennes, relancées début septembre à Washington après un blocage de 20 mois, avaient été à nouveau suspendues quelques semaines plus tard, les Palestiniens refusant de les reprendre tant qu'Israël n'arrête pas la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. "Je ne peux accepter de rester président d'une Autorité qui n'existe pas en cas de poursuite de l'occupation israélienne de la Cisjordanie", a argué M. Abbas. "Je dis cela aux Israéliens: je les informe qu'en tant qu'occupants ils peuvent rester, mais la situation ne peut pas demeurer en l'état". En octobre, un responsable palestinien, Khaled Mismar, participant à une réunion inter-palestinienne à Amman avait affirmé que M. Abbas avait laissé entendre qu'il pourrait démissionner si les négociations avec Israël échouaient. Dans le passé, des responsables palestiniens avaient évoqué la possibilité d'une démission de M. Abbas et d'une dissolution de l'Autorité palestinienne, face au blocage du processus de paix. M. Abbas avait lui-même annoncé en 2009 qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat lors des élections générales qui devaient avoir lieu en 2010 mais qui avaient été reportées.

C’est plus qu’un pot-de-vin : Obama laisse tomber les droits palestiniens
Auteur : Ramzy Baroud 

La politique pour le Moyen-Orient du Président US, Barack Obama, pourrait bien s’avérer la plus néfaste jusqu’à présent dans l’histoire, surpassant même la politique de droite du Président George W. Bush. Même ceux qui ont mis en garde contre l’optimisme patent qui a accueilli l’arrivée d’Obama à la Maison-Blanche, même ceux-là doivent aujourd’hui être stupéfiés de voir jusqu’où descend le Président US pour apaiser Israël - tout cela dans une dangereuse logique selon laquelle il faut absolument faire avancer le processus de paix.

L’ancien diplomate pour la paix au Moyen-Orient, Aaron David Miller, prétend qu’en politique étrangère, « toute avancée dans le monde atrocement douloureux des négociations arabo-israéliennes est importante ». Et d’ajouter : « L’administration Obama a beaucoup de mérite de garder à bord du navire les Israéliens, les Palestiniens et les Etats arabes clés pendant les moments très difficiles. Le Président US s’est emparé de cette question et il s’accroche - exigence incontournable pour le succès. » Mais à quel prix, Miller ? Et ne croyez-vous pas que le succès d’une partie peut aussi signifier l’échec total et lamentable d’une autre ? La secrétaire d’Etat US, Hillary Clinton, aurait passé huit heures avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, rien que pour le persuader d’accepter l’un des plus généreux pots-de-vin jamais offerts par les Etats-Unis à une puissance étrangère. L’accord inclut de céder à Israël des avions de combat américains pour une valeur de trois milliards de dollars (en plus des milliards de dollars d’aides dans le cadre du programme annuel), de couvrir Israël par un veto contre toute résolution du Conseil de sécurité des Nations unies qui serait jugée lui être défavorable, d’exclure Jérusalem-Est de tout gel de la colonisation (donc de tolérer l’occupation illégale de la ville et son nettoyage ethnique en cours). Et, plus dangereux encore, « la promesse écrite des Etats-Unis que ce sera la dernière fois que le Président Obama demandera par voies officielles aux Israéliens de mettre fin à toute construction coloniale ».

Importante. Apaiser. Succès. Sont-ce vraiment là les justes termes pour décrire cet odieux scandale ? Même le terme de « pot-de-vin », qui est abondamment utilisé pour qualifier la générosité américaine, n’est pas celui qui convient ici. Les pots-de-vin ont défini la relation entre la toujours plus généreuse Maison-Blanche et un Congrès de collaborateurs pour gagner les faveurs d’un Israël toujours plus exigeant et de son lobby de Washington toujours plus menaçant. Ce n’est pas le concept de corruption qui doit nous choquer, mais l’ampleur de celle-ci et le fait que le pot-de-vin soit proposé par un homme qui se positionne lui-même comme un artisan de la paix (et qui fut, en effet, authentifié comme tel, avec la gracieuse permission du Comité du prix Nobel de la paix). Ce qui est également choquant, c’est le maigre retour qu’Obama peut attendre en échange de tous ces dollars durement gagnés par les contribuables US. Selon Atlantic Sentential, ce ne sera qu’ « un simple prolongement de trois mois du moratoire sur la colonisation expiré depuis fin septembre ». Admettant d’emblée que ce n’était que pures « manœuvres de mi-mandat », Noah Feldman, dans le New York Times, pose la question : « Obama peut-il réussir là où tant d’autres ont échoué ? ». Il donne un avant-goût de sa réponse : « Israël et l’Autorité palestinienne ne rendront pas, bien entendu, les choses faciles ».

Vous êtes sérieux, Feldman ?

Le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, dont le mandat a déjà pris fin, doit actuellement vivre les moments les plus humiliants et les plus difficiles de sa si peu éminente carrière. Un moment, il avait espéré que l’arrivée du Président Obama lui épargnerait, à lui et à son Autorité, plus de hontes. Imaginant que le Président se rangerait à son côté dans sa position « modérée », il a mis tous ses œufs dans le panier Obama, il a même défié le gouvernement démocratiquement élu des Palestiniens dans les territoires occupés. Il est même allé jusqu’à mettre fin à l’enquête internationale sur les crimes israéliens lors de la récente guerre israélienne contre Gaza, rien que pour ne pas contrarier le gouvernement de Netanyahu ni heurter les sensibilités proisraéliennes du Congrès US. Certes, Abbas a essayé, à certains moments, d’apparaître comme un dirigeant déterminé et sûr de lui. Il a recherché l’occasion de reprendre les pourparlers de paix, il a conditionné son acceptation à des actions israéliennes qui ne se sont en réalité jamais concrétisées, et finalement, il a sollicité l’aide de la Ligue arabe, une organisation aux abois et indécise, qui n’a aucun mandat politique. Comment Abbas et son Autorité ont-ils pu rendre les choses « difficiles » pour les Etats-Unis, Feldman ? Un gouvernement qui se respecte doit-il accepter des concessions, faites en son nom, sans avoir la possibilité de donner son propre avis ? Mais c’est exactement ce qu’a fait l’Autorité palestinienne, et à maintes reprises, avec Abbas.

Et pourtant, bien des Israéliens ne sont pas satisfaits de ce marchandage. Caroline B. Glick, écrivant dans le Jerusalem Post, décrit le gel des constructions dans les colonies juives illégales en Cisjordanie comme « un viol discriminatoire des droits de propriété de citoyens respectueux des lois (qui est) à vous en couper le souffle ». Elle a même l’outrecuidance d’assimiler ce pitoyable moratoire à un « abandon de terres ». Pour ce qui est de cet important marché des F-35, c’est « tout simplement bizarre », soutient-elle car après tout, « Israël a besoin des F-35 pour se défendre contre des ennemis comme l’Iran ». Stupéfiant. Les USA offrent généreusement les droits palestiniens sur un plateau d’argent à Israël, et la mentalité d’extrême droite, qui imprègne aujourd’hui les grands courants politiques et la société en Israël, trouve cela encore inacceptable. Mais, à part cette réponse israélienne arrogante, et les tentatives des médias US à trouver du positif dans ce scandale Obama, une question doit être soulevée. Que va-t-il arriver maintenant qu’Obama a finalement montré qu’en réalité, il n’était pas différent de ses prédécesseurs ? maintenant que les Etats-Unis ont perdu le contrôle de leur propre politique étrangère au Moyen-Orient ? que, franchement, Netanyahu s’est avéré plus déterminé, plus tenace et avec plus de ressources que le Président américain ?

Allons-nous poursuivre le même raisonnement, encore et toujours, ou enfin le temps est-il venu pour les Palestiniens de réfléchir hors des sentiers battus états-uniens ? Les Arabes peuvent-ils enfin s’en écarter pour rechercher d’autres partenaires et alliés dans la région et dans le monde qui ont compris le lien entre paix, stabilité politique et prospérité économique ? Il est peut-être temps pour eux de faire avancer leur relation avec la Turquie, d’établir des contacts avec l’Amérique latine, de demander des comptes à l’Europe et d’essayer de comprendre et d’engager la Chine. Les récentes élections US ont montré que le battage médiatique d’Obama avait fait son temps aux Etats-Unis mêmes. Peut-on au moins espérer que les Palestiniens, les Arabes et leurs amis se rendront compte que tout cela n’était, effectivement, que du battage médiatique - avant qu’il ne soit trop tard ?
 

 Ramzy Baroud

RDCongo

Un Vélo-Corbillard conduit un Fardc à sa dernière demeure

Les Fardc congolais du Nord-Kivu meurent aussi ! Ils sont pauvres, très pauvres, leur solde (quand elle est envoyée de Kinshasa) étant soit détournée en cours de route soit coiffée dans des « opérations-retour » à l'expéditeur. Le militaire qui a remis cette photo à notre confrère Beni Lubero n'avait pas des mots justes pour décrire l'appauvrissement des Fardc congolais engagés dans la très médiatisée opération AMANI LEO. 

QUAND un militaire tombe malade, ou quand sa femme accouche ou est malade, quand ses enfants sont malades ou doivent aller à l'école, c'est un problème, un gros problème car souvent un militaire n'a pas d'argent sur lui. Les commandants des unités ne savent pas où envoyer un militaire malade parce qu'ils trainent plusieurs factures impayées dans plusieurs hôpitaux ou centres de santé de la place. 

En cas de décès, on se bute à la difficulté de trouver un cercueil. Et quand finalement on se fabrique un avec des planches ramassées ci et là, on se bute au problème du transport. De fois, la dépouille est transportée à même les bras, ou dans une brouette, un vélo-corbillard, quand on en a. 

Pourquoi les Fardc congolais sont-ils clochardisés jusqu'à ce point ? Les Fardc congolais ne sont-ils pas une race en voie de disparition au Nord-Kivu ? A part la tenue, l'arme, et les munitions, les Fardc congolais sont pauvres et partagent le lot du commun des Congolais appauvris par 14 ans de guerre d'agression et d'occupation. Où va donc l'argent d'Amani Leo et du Starec si les Fardc ainsi que les déplacés congolais sont abandonnés à eux-mêmes ?

Brazzaville
Cinquante ans d'indépendance du Congo: la pauvreté toujours là malgré la paix

Vue générale d'un marché qui a été pillée lors de combats, le 23 juin 2002 à Mfilou.

Les cinquante années d'indépendance du Congo, célébrées dimanche, ont été marquées par une longue période de guerre civile dans un pays où 70% des 3,6 millions d'habitants vit encore sous le seuil de pauvreté, même si la paix et la croissance semblent retrouvées.

"Les cinquante ans d'indépendance sont marqués du sceau de l'échec. Ils sont maculés de sang. Le bilan des 50 ans de l'indépendance est très largement négatif", estime le président de l’Alliance pour la république et la démocratie (ARD, plate-forme de l’opposition), Mathias Dzon. Avec un régime du parti unique jusqu’en 1992, le Congo a connu une histoire très troublée. L’ouverture du pays au multipartisme a coïncidé avec l'apparition de milices armées qui ont précipité le pays dans une spirale de guerres civiles dont il porte encore les stigmates. Le premier conflit interne a eu lieu en 1993-1994 suivi par un autre en 1997 et enfin de 1998 à 2003 dans le Pool (sud), provoquant des violences qui ont fait des milliers de victimes. Les sanguinaires ninjas, cobras, cocoyes et zulus, qui semaient la terreur ont aujourd'hui disparu. Depuis 2003, l'ensemble du pays est pacifié. Le président Denis Sassou Nguesso met l'accent sur la paix retrouvée pour lutter contre la pauvreté: "Sur cet itinéraire de cinquante ans, le maillon le plus faible de notre action collective est de n’avoir pas pu, au plan économique et social, réaliser l’équivalent du peu que nous avons réussi au plan politique". "Chacun de nous en convient, il n’y a pas de véritable indépendance sans émancipation, sans liberté économique et sociale. Il n’y aura pas d’indépendance totale pour notre pays tant que nous n’aurons pas libéré notre peuple du joug de la pauvreté", reconnaît M. Sassou Nguesso, qui cumule 26 ans au pouvoir (1979-1992, 1997-jusqu'à aujourd'hui). "Nous n’avons pas encore pu réaliser le développement économique malgré la générosité de nos efforts et de notre volonté", précise-t-il. Le cinquantenaire coïncide avec l’accès du pays au point d’achèvement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). Jusqu’à récemment, le Congo était considéré comme un des pays les plus endettés au monde par tête d’habitant. Devenu le 4e ou 5e producteur du pétrole en Afrique noire, le Congo a connu en 2010 le taux de croissance (12%) le plus important de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale. "En dépit des potentialités économiques importantes du pays, on note que les Congolais n’ont toujours pas accès à des soins de santé de qualité", dénonce Christian Mounzéo, de la Rencontre pour la paix et les droits de l’homme. "Le pays est incapable à ce jour de mettre à la disposition de sa population des services de santé couvrant les besoins sanitaires: le taux de couverture en eau potable ne dépasse 40% sur toute l’étendue du territoire national, malgré le potentiel hydraulique du pays. 41% de la population demeure sous alimentée en 2010", décrit la Commission justice et paix. "Le peuple souffre, le peuple peine à vivre, ce qu’il ne mérite pas, au vu de l’abondance des ressources dont nous disposons, renforcée tout récemment par les annulations en cascade des dettes, dans le cadre de l’admission de notre pays au point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE)", a estimé la Conférence épiscopale du Congo dans un communiqué diffusé samedi. "Au cours des 50 ans d'indépendance, toutes les politiques élaborées ou initiées dans le souci d'éradiquer la pauvreté ont échoué, estime Roger Bouka Owoko, de l'Observatoire congolais des droits de l'homme. "Cette pauvreté continue de dicter sa loi".

politique
"Inquiétudes" de l'ONU sur un projet de barrage géant en Ethiopie


Une femme pêche sur les côtes du lac Turkana en Ethiopie qui pourrait se tarir  après la construction d'un barrage hydro-électrique géant, le 14 mars 2006

L'agence des Nations Unies pour l'environnement (Unep) a exprimé vendredi des "inquiétudes" sur les conséquences environnementales d'un projet de construction de barrage hydro-électrique géant en Ethiopie.

Actuellement en construction sur la rivière Omo, dans le sud de l'Ethiopie, le barrage de Gilegel Gibe III sera mis en service en 2013 et produira environ 1.870 mégawatts (MW) d'électricité. Mais la rivière Omo, qui prend sa source en Ethiopie, est l'un des principaux affluents du lac Turkana, au Kenya voisin, le plus grand lac de la planète situé en zone désertique. Le projet inquiète les associations locales, notamment sur le sort des 300.000 personnes qui vivent de la pêche et de l'élevage autour du lac. "Construire un barrage est toujours un sujet hautement complexe et délicat, en particulier lorsque cela concerne des bassins et des cours d'eau transfrontaliers", a déclaré Achim Steiner, directeur exécutif de l'Unep, interrogé sur le sujet lors d'une conférence de presse. "J'ai bien évidemment suivi le débat public et je partage les inquiétudes auxquelles il n'a pas encore été répondu de façon adéquate. Il est important qu'on étudie très tôt ces impacts", a poursuivi le patron de l'Unep, une agence de l'Onu installée à Nairobi. Une réduction du niveau des eaux du lac Turkana risquerait notamment d'avoir indirectement des conséquences négatives sur un projet de construire dans cette même région du Turkana ce qui devrait être le plus grand parc éolien d'Afrique sub saharienne, avec une puissance prévue de 300 MW, selon un autre responsable onusien. La construction du barrage géant, qui s'ajouterait à deux autres déjà édifiés sur la rivière Omo, risque de bouleverser le cycle de condensation et d'évaporation des eaux et modifier les vents particulièrement forts dans la région de Turkana. "Cela signifie que si vous avez des niveaux d'eau réduits, ce schéma ainsi que la vitesse des vents seront modifiés et il est donc bon de savoir dans quelle mesure cela affectera la production éolienne d'électricité", a déclaré Henry Ndede, chargé des projets d'aménagement du bassin de la rivière Nairobi à l'Unep, mais soulignant que la décision finale revenait à l'Ethiopie et au Kenya.
 

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Comores: "être un vrai Mohélien" ou "quitter l'île"


Manifestation à Fomboni, capitale de l’île Mohéli, le 27 mai 2010 aux Comores Selon lui, une commerçante anjouanaise installée quelques mètres plus loin a été contrainte de fermer son magasin, installé dans un conteneur, sous les menaces des jeunes émeutiers parce qu’ elle a voulu leur tenir tête .

A Mohéli, foyer de l'opposition au prolongement du mandat du président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi, les Anjouanais sont montrés du doigt et mis en demeure de choisir: "être un vrai Mohélien ou quitter l'île".

Leur tort: être originaire de l'île d'Anjouan, comme le président Sambi, dans un contexte où la population de Mohéli réclame avec force la présidence des Comores comme le prévoit le système de "présidence tournante" de cet archipel de l'océan Indien. M. Sambi, dont le mandat de quatre ans prenait fin le 26 avril, a obtenu en mars la prolongation de sa présidence jusqu'à fin 2011, au terme d'une réforme constitutionnelle contestée et d'un Congrès boycotté par l'opposition. Depuis, la défiance d'une partie des Mohéliens envers les Anjouanais installés dans leur île s'est aggravée. Archipel de 630.000 habitants qui figure parmi les pays les plus pauvres de la planète, les Comores sont composées de trois îles (Grande Comore, Mohéli, Anjouan). En début de semaine, un groupe de manifestants a envahi le petit marché de Fomboni, la "capitale" de Mohéli, pour chasser les commerçants anjouanais qui constituent la majorité des vendeurs, saccageant leurs échoppes et leurs stands. Le marché est à présent quasiment déserté. «Lorsque j’ai vu les jeunes s’exciter et proférer des menaces contre les Anjouanais, j’ai fermé mon magasin et je suis rentré tranquillement à la maison", témoigne Abdallah Hauthou, commerçant d’origine anjouanaise installé sur l’île depuis bientôt sept ans. Selon lui, une commerçante anjouanaise installée quelques mètres plus loin a été contrainte de fermer son magasin, installé dans un conteneur, sous les menaces des jeunes émeutiers parce qu’"elle a voulu leur tenir tête". M. Hauthou relativise toutefois les menaces pesant contre les Anjouanais de Mohéli: "Beaucoup ont pris femme ici, avec des enfants, des liens se sont naturellement noués depuis longtemps. Je ne crois pas à des représailles contre les Anjouanais" qui représentent environ 30% de la population mohélienne. "Tous mes amis, politiciens ou simples gens, sont des Mohéliens! C’est à Mohéli que je gagne ma vie. On défend les intérêts de Mohéli, je défends la tournante mohélienne", dit-il en désignant son magasin bien achalandé d’environ 20 m2. Fundi Hassan, lui, a reçu cette semaine dans sa menuiserie du quartier Salamani à Fomboni la visite d’un groupe de femmes venues l’avertir de faire un choix, "être un vrai Mohélien ou quitter l'île", avant que le groupe ne se rende au marché répéter le même message. "Je ne fais plus de politique en faveur de Sambi!", se défend-il. "Mon tort, c’est vrai, c’est d’avoir participé à son élection en soutenant ici son vice-président Ikililou Dhoinine. Tout ce beau monde nous a lâchés, mais l’image de Sambi me colle toujours à la peau", se désole cet Anjouanais installé à Mohéli depuis 1992. Hamada Mmadi, chef du quartier Salamani, a été lui aussi menacé d’expulsion par un groupe de jeunes. Il n’est pourtant pas Anjouanais, mais Grand-Comorien: son tort est d’être l’ami de Hassan. Dans les quartiers à dominante anjouanaise comme Kanaleni ou Hadoudja, les Anjouanais restent peu loquaces et soulignent que, pour l'instant, il s'agit surtout de menaces verbales. "Ce sont des choses politiques, nous on est là pour travailler. Mais quand il y a des problèmes, on cherche les petits comme nous", témoigne l'un d'eux, qui a requis l'anonymat. 


 
 

 
 
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Femmes du Congo-Kinshasa. Défis, acquis et visibilité de genre
de Cikuru Batumike. 
Collection : Etudes africaines. Editions L'Harmattan, mai 2009, Paris. Poids : 120 g 100 pages. ISBN : 978-2-296-07779-9. Prix public TTC : 11,00 EUR; frais de port et emballage : 1,50 EUR pour la Suisse. Réservez votre exemplaire auprès de l'auteur : cikurubatumike@hotmail.com ou par un simple courriel aux Editions l'Harmattan, service de diffusion : presse.harmattan5@wanadoo.fr

Lettres...
Les correspondances entre deux personnes aux origines culturelles éloignées, en terme géographique, se suivent mais ne se ressemblent pas. Les lettres de Marie Ito et de Cikuru Batumike, réunies ici, gardent un ton original. Au lieu d’être une perception née d’un choc de cultures, elles révèlent un échange qui ne se limite pas au seul cadre des référents culturels. 
Lettres à (de) l’amie qui me veut du bien, Nb de pages : 88, aux Editions Baudelaire, avril 2009. ISBN : 9782355081170 Achat par correspondance : 13 € + 3 € de port.
La bataille du haschich fait rage en Egypte

La guerre du haschich fait rage en Egypte, les autorités se prévalant d'avoir porté un coup sévère contre cette drogue, dont la consommation était jusque-là plutôt répandue dans le pays.

En une, le quotidien officiel Al-Ahram a même cru pouvoir proclamer la fin des combats: "Le ministère de l'Intérieur impose son contrôle sur le marché de la drogue", a-t-il avancé samedi, notant qu'un "rapport de la sécurité générale confirmait (...) l'éradication complète du trafic de haschich en Egypte". Mais dans un pays où, selon une enquête officielle de 2007, 8% des quelque 80 millions d'habitants consomment de la drogue -en premier lieu de la marijuana-, décréter une telle victoire paraît illusoire. "La lutte n'est jamais finie", confirme à l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Hamdi Abdel Karim. "Nous espérons pouvoir continuer à endiguer" le trafic de drogue. Depuis le début de l'année, les autorités égyptiennes ont mis la main sur plus de six tonnes de haschich (résine de cannabis), une répression sans égale ces dernières années, fait-il encore valoir. Cette statistique constitue un bon point pour le gouvernement auprès d'une population majoritairement conservatrice. Du point de vue du consommateur, la pénurie, elle, se fait sentir. "J'ai acheté pour 3.500 livres égyptiennes (635 dollars environ) de haschich pour mon mariage. Il y a quelques mois, pour la même quantité, cela m'aurait coûté 2.600 LE (470 USD)", se lamente un habitant du Caire. "Et cela m'a pris des mois pour en obtenir (...), ça m'a rendu dingue. Je l'ai finalement obtenu le jour de la cérémonie", ajoute-t-il. Selon lui, "tout le monde à présent dit qu'il n'y a plus rien". Le haschich présent sur le marché égyptien est en grande partie importé illégalement du Maroc via les frontières poreuses entre l'Egypte et la Libye. Contacté par l'AFP, une autre consommateur a confirmé que se procurer cette drogue était devenu complexe au Caire, métropole de 20 millions d'habitants. En désespoir de cause, certains semblent s'être rabattus sur le bango, la marijuana locale, dont les prix ont aussi explosé. "Je préfère le haschich, le bango me rend fou, c'est trop fort", ajoute un consommateur régulier. Dans un pays où la méfiance vis-à-vis du pouvoir est grande, d'autres théories que la simple répression ont par ailleurs fait surface. L'une des plus répandues consiste à voir l'oeuvre de responsables corrompus qui organiseraient la pénurie actuelle afin de faire grimper les prix, rapporte un analyste politique, qui requiert l'anonymat afin de ne pas voir son nom associé à un sujet -la drogue- toujours tabou en Egypte. "La police et le gouvernement sont d'une manière générale perçus comme corrompus. Il y a un manque total de confiance" à leur égard, explique-t-il, signalant que l'incertitude actuelle entourant l'avenir du pouvoir égyptien est propice à l'émergence de toutes sortes de rumeurs et fantasmes. Agé de 81 ans, le président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981, n'a pas encore dit s'il serait candidat à l'élection présidentielle de l'an prochain. Son fils, Gamal, pourrait lui succéder. "Dans cette atmosphère d'opacité, les spéculations (les plus) folles iront toujours bon train", estime l'analyste politique.

Revue
Kossi Efoui : Une oeuvre inclassable

Afriscope

Le dernier numéro d'Afriscope vient de paraître. Au sommaire : •Nouara Naghouche, one-woman-choc ! Citoyenneté : •On s’bouge : Villiers-le-Bel fusionne ses mémoires / Malika Makhoukhi et Fatima Kouider, tandem gagnant à Cenon !; •Nos Droits : Salariés sans-papiers : du nouveau dans leur régularisation ?; •Des hauts et débats : Mamadou M’Baye : « Être français, c’est être moi ! » Culture : •Musique : Pytshens Kambilo, sur les marches du succès; •Cinéma : Les Secrets de Raja Amari; •Danse : Gladys Foggéa, la danse au-delà du handicap et •Théâtre : Kossi Efoui, une œuvre inclassable.

Revoilà Kossi Efoui sur le devant de la scène littéraire ! Son dernier roman, Solo d’un revenant, a remporté le prestigieux Prix Tropiques 2009. Les 12 et 13 février prochains, son théâtre fait l’objet d’un colloque au musée Dapper à Paris. Une occasion à ne pas manquer pour plonger dans l’œuvre déroutante de det enfant terrible de la littérature francophone. Il y a vingt ans Kossi Efoui, jeune philosophe et opposant politique togolais, remportait le prix interafricain de Radio France Internationale avec Le Carrefour, une pièce déconcertante pour le public occidental qui s’était forgé une certaine idée des canons de l’esthétique théâtrale africaine et de sa dramaturgie exotique et musicale. C’est le début d’une longue carrière, durant laquelle Kossi Efoui, depuis la France où il s’est installé, ne cessera de dénoncer l’acharnement de la barbarie et l’injustice des sociétés dictatoriales à travers l’errance de personnages déracinés. Pour beaucoup de critiques, le théâtre de Kossi Efoui reste encore aujourd’hui un Ovni : non identifiable mais surtout non classifiable. Il faut dire que son œuvre travaille justement sur l’insaisissable, la frontière entre le vrai et le faux, l’illusion que nos sens nous imposent.

Un théâtre qui se joue des masques

Le théâtre de Kossi Efoui propose une réflexion sur nos sociétés actuelles : l’immigration, l’altérité, l’exode, le retour au pays... des thématiques qu’il explore à travers un processus d’écriture original. Tel un jazzman, Efoui s’amuse, d’après un canevas dramatique identique, à réécrire, rejouer, ré-imaginer ses textes. Tout y est en mouvement, en projections, à l’image que l’auteur se fait de l’humanité : une humanité éphémère, qui ne peut se penser qu’en devenir, qu’en évolution, qu’en tâtonnement… en correction. « Je ne suis pas dans une quête identitaire. Ce qui m’intéresse c’est de jouer avec toutes les figures possibles et imaginables de l’identité parce que je pense que les territoires de l’identité sont une scène de théâtre. [...] Il semble que les hommes ne soient pas encore prêts à faire des choix de civilisation qui n’intègrent pas la perception qu’ils ont d’eux-mêmes et celle qu’ils voudraient que les autres aient d’eux-mêmes. »…Une belle réponse au débat qui agite la France en ce moment… et une œuvre passionnante à (re)découvrir d’urgence !
Afriscope est un magazine culturel et citoyen; un gratuit bimestriel de 32 pages édité par la rédaction parisienne d’Africultures. D’un tirage de 50 000 exemplaires, Afriscope, entièrement en quadrichromie dans une maquette originale et très visuelle, est dans un premier temps bimestriel et distribué dans la Région Ile de France.Pour s'abonner, envoyez un simple message à : Rédaction d'Africultures, 26110 Les Pilles, France.