Au fil de l'actualité
Sénégal: la candidature
de Wade pour un 3e mandat en 2012 fait polémique

Les critiques contre la candidature du président Abdoulaye
Wade à l'élection présidentielle de 2012 s'amplifient
au Sénégal, l'opposition et des juristes dénonçant
un troisième mandat synonyme de "violation" de la Constitution alors
que le parti au pouvoir le juge légal.
Le président Wade, 84 ans, élu en 2000 pour sept ans,
réélu en 2007 pour un deuxième mandat de cinq ans
après modification constitutionnelle pour passer au quinquennat,
a annoncé en septembre 2009 sa candidature à la présidentielle
de 2012 pour un troisième mandat. La Constitution du Sénégal,
adoptée en 2001, limite le nombre de mandats présidentiels
à deux, mais le président Wade a été élu
pour la première fois en 2000 avec une loi fondamentale datant de
1963 qui ne limitait pas les mandats. Pour l'opposition, Abdoulaye Wade
va boucler en 2012 ses deux mandats légaux: 2000-2007 et 2007-2012.
Pour le Parti démocratique sénégalais (PDDS, au pouvoir)
le décompte doit se faire à partir de 2007, date d'entrée
en vigueur du quinquennat, non 2000. "Wade ne peut se présenter
pour un troisième mandat s'il ne fait pas de coup d'Etat constitutionnel",
affirme Ibrahima Sène, un responsable d'un parti membre de la coalition
de l'opposition. "Il ne peut pas se présenter pour un troisième
mandat sauf à violer la Constitution", renchérit Pape Demba
Sy, professeur de droit constitutionnel à l'Université Cheikh
Anta Diop de Dakar. "L'esprit de la Constitution de 2001 est d'éviter
des présidents qui font vingt ans au pouvoir comme Léopold
Sédar Senghor (1960-1980) et Abdou Diouf (1981-2000) et d'avoir
dix ans au maximum. Mais comme Wade a été élu en 2000
(avec la Constitution de 1963), il fallait assurer une période transitoire
en acceptant exceptionnellement qu'il fasse éventuellement douze
ans", ajoute M. Sy, un rédacteur de la Constitution de 2001. Pour
le Premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné
Ndiaye, membre du PDS, "la Constitution permet à Wade de se représenter
en 2012". "Ceux qui disent que le président de la République
ne doit pas se présenter ne font pas du droit", a-t-il dit. Début
août, un mouvement politique dénommé "Terminus 2012"
a été lancé à Dakar pour s'opposer à
un troisième mandat du président Wade. "Aucun texte ou aucune
disposition" ne lui permet "de faire exception" à la règle
des deux mandats, dit son initiateur, Amadou Guèye. Les candidats
à la présidentielle de 2012 peuvent déposer un recours
devant le Conseil constitutionnel pour invalider la candidature de Wade.
Mais pour Ibrahima Sène, "Wade a verrouillé" le Conseil constitutionnel
en nommant récemment à sa tête un nouveau président,
Cheikh Tidiane Diakhaté, présenté comme favorable
au chef de l'Etat sénégalais. "Ce n'est pas ce Conseil qui
va dire que Wade ne peut pas se présenter en 2012. Que les amis
du Sénégal, qui veulent sauver ce pays, convainquent Wade
de respecter la Constitution", dit M. Sène. Enseignant en droit
public à l'Université Cheikh Anta Diop, Ababacar Guèye
pose un problème d'âge: "Le Conseil constitutionnel doit invalider
la candidature du président Wade. On risque d'élire un président
de la République qui aura presque 90 ans, avec des risques de crise
politique au Sénégal". "Un faux débat", rétorque
le porte-parole du président Wade, Serigne Mbacké Ndiaye.
"Le président Wade est en excellente santé. Il n'y a rien
à dire sur ses capacités intellectuelles".
SÉNÉGAL: Des
élèves d'écoles coraniques dans des conditions proches
de « l'esclavage »
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DAKAR, avec IRIN- Des centaines de chefs religieux à
la tête d'écoles coraniques au Sénégal
gardent leurs élèves « dans des conditions qui
s'apparentent à de l'esclavage », les forçant à
des tâches relevant de l'exploitation comme mendier dans la
rue, et les privant de nourriture ou de médicaments, a dit
l'organisme américain Human Rights Watch (HRW) dans un nouveau
rapport. Ni les gouvernements sénégalais et bissau-guinéen,
ni les dignitaires musulmans, ni les parents n'interviennent pour
mettre un terme à cette pratique et protéger les enfants
de cette forme d'exploitation et de maltraitance, a dit l'organisme. «
La mendicité forcée étant effectuée à
des fins d'exploitation, cette pratique relève de l'esclavage »,
selon HRW. « Au moins 50 000 enfants du Sénégal sont
victimes d'exploitation économique sous couvert d'une éducation
religieuse : ils sont forcés à mendier pendant de longues
heures au profit de leur professeur, et sujets à des maltraitances
physiques graves s'ils ne parviennent pas à remplir leur quota »,
a dit à IRIN Matthew Wells, l'auteur du rapport. Au Sénégal,
ces enfants, qui vivent chez un « marabout » (chef religieux)
et fréquentent son école, ou « daara », sont
connus sous le nom de 'talibés'. Plus de la moitié d'entre
eux ont moins de 10 ans, et certains à peine quatre. Ils passent
plus de sept heures par jour à parcourir les rues pour atteindre
leur quota (en moyenne, 87 centimes de dollar américain) et la «
grande majorité » des enfants interrogés par HRW sont
régulièrement battus s'ils ne rapportent pas l'intégralité
de la somme requise.
Environ 99 pour cent des talibés avec lesquels
HRW s'est entretenu doivent mendier pour se procurer les vivres et les
médicaments dont ils ont besoin. « Quand je ne pouvais pas
rapporter le quota, le "marabout" me battait ; même s'il ne manquait
que cinq [francs] CFA, il me battait. C'était toujours le "marabout"
lui-même », a raconté un ancien talibé de 13
ans à HRW. « Il sortait le câble électrique et
. je me tenais là et . il me battait encore et encore, généralement
au dos, mais parfois il ratait et me frappait à la tête ».
Les talibés peuvent également être soumis à
d'autres châtiments, notamment l'enchaînement et les positions
de stress, pouvant constituer un acte de torture, selon le rapport. Chaque
année, des centaines d'enfants fuient les « daaras »
pour retourner chez eux, vivre dans la rue ou se rendre dans un centre
de réinsertion parmi la dizaine de centres de ce type gérés
par des organisations non gouvernementales (ONG). La plupart de ces enfants
sont issus de familles pauvres des régions rurales du Sénégal
ou de la Guinée-Bissau, convaincues d'offrir un plus bel avenir
à leurs enfants en les confiant aux bons soins d'un « marabout
». Une minorité d'entre eux viennent de Guinée, de
Gambie et du Mali.
Une question de profit
D'après HRW, les « marabouts » conservent
la majorité de l'argent obtenu par les talibés et peuvent
réaliser d'importants bénéfices : à Guédiawaye,
une banlieue de Dakar, un « marabout » comptant 150 talibés
dans sa « daara » empoche 116 000 dollars
par an. La mendicité est essentielle à l'existence d'une
« daara », ont déclaré des « marabouts
» à HRW, pour couvrir les frais alimentaires, le loyer et
autres coûts annexes. Ousamane Diamanka, « marabout »
à Grand Yoff, une banlieue de Dakar, a 20 talibés à
sa charge. « Certains "marabouts" exploitent les enfants et gardent
l'argent pour eux, mais la majorité ne font pas ça : nous
prenons soin des enfants, nous les emmenons à l'hôpital quand
ils sont malades et les autorisons à aller voir leur famille régulièrement
», a-t-il dit à IRIN.
Les solutions
Améliorer les conditions de vie des talibés
en réglementant les « daaras » et en établissant
des normes minimales à respecter est une des solutions possibles,
d'après HRW. Le gouvernement est actuellement en train de moderniser
100 écoles de ce type, et d'améliorer les conditions de vie
de leurs élèves. C'est un progrès, a dit M. Wells,
« mais étant donné que le nombre de talibés
forcés à mendier continue d'augmenter, l'intervention du
gouvernement est de toute évidence insuffisante ». A l'heure
actuelle, il n'existe pas de système officiel de suivi et de communication
des informations sur les maltraitances commises dans les « daaras
», et seule une ONG (le SamuSocial) signale systématiquement
aux autorités toutes les maltraitances dont elle a connaissance.
Trop souvent, selon HRW, la générosité des organisations
humanitaires, qui fournissent des médicaments et du matériel
aux « marabouts », ne fait même qu'augmenter leurs profits.
L'autre solution consisterait à mettre en application les lois actuelles.
Forcer les enfants à mendier à des fins de profit économique
est en effet illégal en vertu de la Convention relative aux droits
de l'enfant et de la Charte africaine sur les droits et le bien-être
de l'enfant ; et la traite des enfants est contraire à la législation
contre le trafic ; enfin, la maltraitance physique des enfants est interdite
par le code pénal sénégalais. Pourtant, les autorités
n'engagent pas de procédures judiciaires à l'encontre des
« marabouts » qui obligent les talibés à mendier,
a dit HRW. L'organisme s'est également montré critique envers
les ONG qui ont incité le gouvernement à adopter la loi 2005
contre le trafic, mais n'ont pas dénoncé l'absence de mesures
prises pour mettre cette loi en application, a ajouté M. Wells.
« En tant qu'organisation humanitaire, nous plaidons
régulièrement auprès des gouvernements, et nous nous
efforçons d'améliorer les systèmes de protection de
l'enfance », a dit à IRIN Martin Dawes, porte-parole du Fonds
des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF). « La maltraitance des
enfants est illégale. Nous nous réjouissons de la publication
de ce rapport et renouvelons notre appel auprès des autorités
concernées en faveur de la protection des enfants et du respect
de leurs droits ». La loi n'étant pas appliquée, les
trafiquants d'enfants et les « marabouts » s'enhardissent,
a averti HRW, et le nombre de « daaras » a doublé entre
2002 et 2009, selon un responsable du ministère de la Famille. Les
politiciens sont souvent trop intimidés par le pouvoir social, politique
et économique important des « marabouts » pour sévir.
« Si vous touchez à un "marabout", vous touchez aux confréries,
et ici, c'est très difficile. Vous perdez des voix ; vous pouvez
même perdre vos fonctions ; et vous vous exposez à des ennuis
», a dit un responsable du ministère de la Famille. Malgré
tout, un certain nombre de chefs religieux et d'éminents érudits
musulmans du Sénégal pourraient s'allier au gouvernement
pour mettre un terme à la mendicité forcée, a dit
M. Wells. « Le gouvernement pourrait approcher ces leaders de manière
plus proactive pour s'assurer que la réglementation et la responsabilité
ne sont pas interprétées comme une menace à l'éducation
coranique, mais seulement à ceux qui la corrompent ». |
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Santé
KENYA:
Les guerriers massaïs sur le front du VIH/Sida |
avec IRIN - Alors que les tentatives visant
à sensibiliser la communauté massaï du Kenya aux dangers
du VIH se sont souvent heurtées au refus de la communauté
d'accepter des changements préconisés par des membres externes,
une nouvelle initiative fait appel aux « morans », ou guerriers
massaïs, afin de diffuser des messages de prévention.
« Les Massaïs sont un peuple très
traditionnel et la meilleure façon de leur adresser des messages
est de s'insérer dans leur communauté sans essayer d'affaiblir
leur culture. Nous leur offrons la liberté d'apprendre en utilisant
leurs systèmes culturels afin de les sensibiliser à la santé
de la reproduction », a déclaré Peter Ngura, gestionnaire
de programme dans le cadre d'un projet destiné aux jeunes nomades
mené par l'Association pour la médecine et la recherche en
Afrique (AMREF en anglais), une ONG dédiée à la santé
et au développement. « Nous formons les 'morans' comme
pairs éducateurs et nous nous servons d'eux pour adresser des messages
aux autres 'morans', car ce sont les uniques autres personnes avec lesquelles
la culture massaï les autorise à interagir librement »,
a-t-il poursuivi. « Les 'morans' écoutent seulement
leurs chefs 'morans', et c'est la raison pour laquelle ce sont ces personnes
que nous formons afin qu'elles forment à leur tour leurs camarades
'morans' qui sont sous leur supervision », a-t-il précisé.
Les « morans » sont de jeunes hommes âgés de 15
à 25 ans chargés de protéger leur communauté
et leur bétail. En outre, ils sont encouragés à avoir
des partenaires multiples et vivent la plupart du temps dans la brousse,
isolés du reste de la communauté. Ils ne communiquent qu'avec
leurs amies, les aînés et les chefs qui leur rendent visite
afin de partager les croyances traditionnelles massaï.
Lelein Kanunga est un chef « moran »
qui a rompu avec la tradition et consacre son temps à sensibiliser
les autres « morans » aux dangers du VIH, dans le cadre du
programme mené par l'AMREF. « J'ai été
sensibilisé aux dangers que représentent les rapports sexuels
non protégés, la circoncision féminine et la violence
à l'égard des femmes et j'ai décidé qu'il était
en mon devoir de sensibiliser à mon tour mes amis 'morans' »,
a-t-il confié à IRIN/PlusNews. « Nous pratiquons par
exemple [la mutilation génitale féminine], mais je sais qu'il
n'existe pas de raisons valables à cela. » Les statistiques
sur le taux de prévalence du VIH au sein de la communauté
massaï, qui représente près de 2 pour cent de la population
kényane, sont limitées. Toutefois, en vivant relativement
isolés de la société moderne, les Massaïs ont
plutôt été épargnés par le virus, par
rapport aux autres habitants de la vallée du Rift - une province
qui affiche un taux de prévalence de 7 pour cent. Cependant,
à l'heure actuelle, de nombreux jeunes Massaïs quittent leur
communauté afin de gagner leur vie comme chauffeurs ou commerçants
dans de vastes régions urbaines à forte prévalence
VIH. En outre, ils reviennent dans leur village, continuent d'observer
les coutumes traditionnelles, comme la polygamie, et exposent ainsi leur
communauté à des risques accrus de
contracter le virus. « Il est difficile
de dire aux 'morans' de quitter leurs amies, car ils passent leur temps
à parler de filles et de sexualité. Toutefois, ils savent
désormais que le préservatif peut les protéger contre
le VIH et d'autres maladies sexuellement transmissibles et ils s'en servent
», a ajouté Lelein Kanunga. « Ce n'est pas facile, mais
aujourd'hui, certains d'entre nous disent à des parents : 'nous
ne marierons vos filles que si elles ne sont pas excisées'. »
La culture au profit de la participation communautaire
James Reteti, un autre « moran » devenu
pair éducateur, s'est mis à utiliser une calebasse qui sert
traditionnellement de pot à lait, afin de transporter et distribuer
des préservatifs à ces camarades « morans ».
« Les 'Morans' accordent de l'importance à la calebasse dans
laquelle on transporte le lait qui leur est destiné. Selon eux,
la calebasse sert à transporter des choses précieuses»,
a-t-il précisé. « Nous nous servons de ces calebasses
comme distributeurs de préservatifs. Ils comprennent ainsi que le
préservatif est une chose importante pour eux. » Selon
M Ngura de l'AMREF, l'un des aspects clés du projet est la participation
des chefs culturels massaïs qui exercent une grande influence dans
la communauté. « Selon la tradition, ce sont les aînés
qui prennent les décisions et leurs dires sont entendus. Par conséquent,
nous faisons appel à ces aînés afin de transmettre,
par exemple, des connaissances sur les dangers de la polygamie, du mariage
précoce des jeunes filles, de la mutilation génitale féminine
et sur l'importance du planning familial », a-t-il souligné.
Jusqu'à présent, le programme a formé 70 chefs «
morans » comme pairs éducateurs dans les districts de Kajiado,
Magadi et Loitoktok, dans la province de la vallée du Rift. |
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Colonisation:
Mahmoud Abbas menace de dissoudre
l'Autorité palestinienne
Mahmoud Abbas a menacé de dissoudre
l'Autorité palestinienne qu'il préside en cas d'échec
des Etats-Unis à obtenir d'Israël l'arrêt de la colonisation
dans les Territoires occupés.
Dans une déclaration tard vendredi à
la télévision officielle palestinienne, M. Abbas a affirmé
que "si Israël ne cesse pas la colonisation et si l'appui des Etats-Unis
aux négociations s'effrite, j'oeuvrerais en vue de mettre un terme
au régime d'autonomie palestinien". L'Autorité palestinienne
a été instaurée en 1994 au retour à Gaza du
chef historique de l'Organisation de libération de la Palestine
(OLP), Yasser Arafat, après 27 d'exil. Elle était prévue,
selon l'accord d'Oslo sur l'autonomie palestinienne, pour une période
transitoire qui devait, en principe, prendre fin en mai 1999. Présidée
par M. Arafat, décédé en 2004, puis par M. Abbas,
l'Autorité palestinienne exerce un pouvoir exécutif, législatif
et théoriquement sécuritaire sur la Cisjordanie et la bande
de Gaza, avant la chute de ce territoire en 2007 aux mains des islamistes
du Hamas. Les négociations de paix israélo-palestiniennes,
relancées début septembre à Washington après
un blocage de 20 mois, avaient été à nouveau suspendues
quelques semaines plus tard, les Palestiniens refusant de les reprendre
tant qu'Israël n'arrête pas la colonisation en Cisjordanie et
à Jérusalem-Est. "Je ne peux accepter de rester président
d'une Autorité qui n'existe pas en cas de poursuite de l'occupation
israélienne de la Cisjordanie", a argué M. Abbas. "Je dis
cela aux Israéliens: je les informe qu'en tant qu'occupants ils
peuvent rester, mais la situation ne peut pas demeurer en l'état".
En
octobre, un responsable palestinien, Khaled Mismar, participant à
une réunion inter-palestinienne à Amman avait affirmé
que M. Abbas avait laissé entendre qu'il pourrait démissionner
si les négociations avec Israël échouaient. Dans le
passé, des responsables palestiniens avaient évoqué
la possibilité d'une démission de M. Abbas et d'une dissolution
de l'Autorité palestinienne, face au blocage du processus de paix.
M. Abbas avait lui-même annoncé en 2009 qu'il ne briguerait
pas de nouveau mandat lors des élections générales
qui devaient avoir lieu en 2010 mais qui avaient été reportées.
C’est plus qu’un pot-de-vin :
Obama laisse tomber les droits palestiniens
Auteur : Ramzy Baroud
La politique pour le Moyen-Orient du Président
US, Barack Obama, pourrait bien s’avérer la plus néfaste
jusqu’à présent dans l’histoire, surpassant même la
politique de droite du Président George W. Bush. Même ceux
qui ont mis en garde contre l’optimisme patent qui a accueilli l’arrivée
d’Obama à la Maison-Blanche, même ceux-là doivent aujourd’hui
être stupéfiés de voir jusqu’où descend le Président
US pour apaiser Israël - tout cela dans une dangereuse logique selon
laquelle il faut absolument faire avancer le processus de paix.
L’ancien diplomate pour la paix au Moyen-Orient,
Aaron David Miller, prétend qu’en politique étrangère,
« toute avancée dans le monde atrocement douloureux des négociations
arabo-israéliennes est importante ». Et d’ajouter : «
L’administration Obama a beaucoup de mérite de garder à bord
du navire les Israéliens, les Palestiniens et les Etats arabes clés
pendant les moments très difficiles. Le Président US s’est
emparé de cette question et il s’accroche - exigence incontournable
pour le succès. » Mais à quel prix, Miller ? Et ne
croyez-vous pas que le succès d’une partie peut aussi signifier
l’échec total et lamentable d’une autre ? La secrétaire d’Etat
US, Hillary Clinton, aurait passé huit heures avec le Premier ministre
israélien, Benjamin Netanyahu, rien que pour le persuader d’accepter
l’un des plus généreux pots-de-vin jamais offerts par les
Etats-Unis à une puissance étrangère. L’accord inclut
de céder à Israël des avions de combat américains
pour une valeur de trois milliards de dollars (en plus des milliards de
dollars d’aides dans le cadre du programme annuel), de couvrir Israël
par un veto contre toute résolution du Conseil de sécurité
des Nations unies qui serait jugée lui être défavorable,
d’exclure Jérusalem-Est de tout gel de la colonisation (donc de
tolérer l’occupation illégale de la ville et son nettoyage
ethnique en cours). Et, plus dangereux encore, « la promesse écrite
des Etats-Unis que ce sera la dernière fois que le Président
Obama demandera par voies officielles aux Israéliens de mettre fin
à toute construction coloniale ».
Importante. Apaiser. Succès. Sont-ce vraiment
là les justes termes pour décrire cet odieux scandale ? Même
le terme de « pot-de-vin », qui est abondamment utilisé
pour qualifier la générosité américaine, n’est
pas celui qui convient ici. Les pots-de-vin ont défini la relation
entre la toujours plus généreuse Maison-Blanche et un Congrès
de collaborateurs pour gagner les faveurs d’un Israël toujours plus
exigeant et de son lobby de Washington toujours plus menaçant. Ce
n’est pas le concept de corruption qui doit nous choquer, mais l’ampleur
de celle-ci et le fait que le pot-de-vin soit proposé par un homme
qui se positionne lui-même comme un artisan de la paix (et qui fut,
en effet, authentifié comme tel, avec la gracieuse permission du
Comité du prix Nobel de la paix). Ce qui est également choquant,
c’est le maigre retour qu’Obama peut attendre en échange de tous
ces dollars durement gagnés par les contribuables US. Selon Atlantic
Sentential, ce ne sera qu’ « un simple prolongement de trois mois
du moratoire sur la colonisation expiré depuis fin septembre ».
Admettant d’emblée que ce n’était que pures « manœuvres
de mi-mandat », Noah Feldman, dans le New York Times, pose la question
: « Obama peut-il réussir là où tant d’autres
ont échoué ? ». Il donne un avant-goût de sa
réponse : « Israël et l’Autorité palestinienne
ne rendront pas, bien entendu, les choses faciles ».
Vous êtes sérieux, Feldman ?
Le Président de l’Autorité palestinienne,
Mahmoud Abbas, dont le mandat a déjà pris fin, doit actuellement
vivre les moments les plus humiliants et les plus difficiles de sa si peu
éminente carrière. Un moment, il avait espéré
que l’arrivée du Président Obama lui épargnerait,
à lui et à son Autorité, plus de hontes. Imaginant
que le Président se rangerait à son côté dans
sa position « modérée », il a mis tous ses œufs
dans le panier Obama, il a même défié le gouvernement
démocratiquement élu des Palestiniens dans les territoires
occupés. Il est même allé jusqu’à mettre fin
à l’enquête internationale sur les crimes israéliens
lors de la récente guerre israélienne contre Gaza, rien que
pour ne pas contrarier le gouvernement de Netanyahu ni heurter les sensibilités
proisraéliennes du Congrès US. Certes, Abbas a essayé,
à certains moments, d’apparaître comme un dirigeant déterminé
et sûr de lui. Il a recherché l’occasion de reprendre les
pourparlers de paix, il a conditionné son acceptation à des
actions israéliennes qui ne se sont en réalité jamais
concrétisées, et finalement, il a sollicité l’aide
de la Ligue arabe, une organisation aux abois et indécise, qui n’a
aucun mandat politique. Comment Abbas et son Autorité ont-ils pu
rendre les choses « difficiles » pour les Etats-Unis, Feldman
? Un gouvernement qui se respecte doit-il accepter des concessions, faites
en son nom, sans avoir la possibilité de donner son propre avis
? Mais c’est exactement ce qu’a fait l’Autorité palestinienne, et
à maintes reprises, avec Abbas.
Et pourtant, bien des Israéliens ne sont
pas satisfaits de ce marchandage. Caroline B. Glick, écrivant dans
le Jerusalem Post, décrit le gel des constructions dans les colonies
juives illégales en Cisjordanie comme « un viol discriminatoire
des droits de propriété de citoyens respectueux des lois
(qui est) à vous en couper le souffle ». Elle a même
l’outrecuidance d’assimiler ce pitoyable moratoire à un «
abandon de terres ». Pour ce qui est de cet important marché
des F-35, c’est « tout simplement bizarre », soutient-elle
car après tout, « Israël a besoin des F-35 pour se défendre
contre des ennemis comme l’Iran ». Stupéfiant. Les USA offrent
généreusement les droits palestiniens sur un plateau d’argent
à Israël, et la mentalité d’extrême droite, qui
imprègne aujourd’hui les grands courants politiques et la société
en Israël, trouve cela encore inacceptable. Mais, à part cette
réponse israélienne arrogante, et les tentatives des médias
US à trouver du positif dans ce scandale Obama, une question doit
être soulevée. Que va-t-il arriver maintenant qu’Obama a finalement
montré qu’en réalité, il n’était pas différent
de ses prédécesseurs ? maintenant que les Etats-Unis ont
perdu le contrôle de leur propre politique étrangère
au Moyen-Orient ? que, franchement, Netanyahu s’est avéré
plus déterminé, plus tenace et avec plus de ressources que
le Président américain ?
Allons-nous poursuivre le même raisonnement,
encore et toujours, ou enfin le temps est-il venu pour les Palestiniens
de réfléchir hors des sentiers battus états-uniens
? Les Arabes peuvent-ils enfin s’en écarter pour rechercher d’autres
partenaires et alliés dans la région et dans le monde qui
ont compris le lien entre paix, stabilité politique et prospérité
économique ? Il est peut-être temps pour eux de faire avancer
leur relation avec la Turquie, d’établir des contacts avec l’Amérique
latine, de demander des comptes à l’Europe et d’essayer de comprendre
et d’engager la Chine. Les récentes élections US ont montré
que le battage médiatique d’Obama avait fait son temps aux Etats-Unis
mêmes. Peut-on au moins espérer que les Palestiniens, les
Arabes et leurs amis se rendront compte que tout cela n’était, effectivement,
que du battage médiatique - avant qu’il ne soit trop tard ?
Ramzy Baroud
RDCongo
Un Vélo-Corbillard
conduit un Fardc à sa dernière demeure
Les Fardc congolais du Nord-Kivu meurent aussi ! Ils sont pauvres,
très pauvres, leur solde (quand elle est envoyée de Kinshasa)
étant soit détournée en cours de route soit coiffée
dans des « opérations-retour » à l'expéditeur.
Le militaire qui a remis cette photo à notre confrère Beni
Lubero n'avait pas des mots justes pour décrire l'appauvrissement
des Fardc congolais engagés dans la très médiatisée
opération AMANI LEO.
QUAND un militaire tombe malade, ou quand sa femme accouche ou est
malade, quand ses enfants sont malades ou doivent aller à l'école,
c'est un problème, un gros problème car souvent un militaire
n'a pas d'argent sur lui. Les commandants des unités ne savent pas
où envoyer un militaire malade parce qu'ils trainent plusieurs factures
impayées dans plusieurs hôpitaux ou centres de santé
de la place.
En cas de décès, on se bute à la difficulté
de trouver un cercueil. Et quand finalement on se fabrique un avec des
planches ramassées ci et là, on se bute au problème
du transport. De fois, la dépouille est transportée à
même les bras, ou dans une brouette, un vélo-corbillard, quand
on en a.
Pourquoi les Fardc congolais sont-ils clochardisés jusqu'à
ce point ? Les Fardc congolais ne sont-ils pas une race en voie de disparition
au Nord-Kivu ? A part la tenue, l'arme, et les munitions, les Fardc congolais
sont pauvres et partagent le lot du commun des Congolais appauvris par
14 ans de guerre d'agression et d'occupation. Où va donc l'argent
d'Amani Leo et du Starec si les Fardc ainsi que les déplacés
congolais sont abandonnés à eux-mêmes ?
Brazzaville
Cinquante ans d'indépendance
du Congo: la pauvreté toujours là malgré la paix
Vue générale d'un marché qui a été
pillée lors de combats, le 23 juin 2002 à Mfilou.
Les cinquante années d'indépendance du Congo, célébrées
dimanche, ont été marquées par une longue période
de guerre civile dans un pays où 70% des 3,6 millions d'habitants
vit encore sous le seuil de pauvreté, même si la paix et la
croissance semblent retrouvées.
"Les cinquante ans d'indépendance sont marqués du sceau
de l'échec. Ils sont maculés de sang. Le bilan des 50 ans
de l'indépendance est très largement négatif", estime
le président de l’Alliance pour la république et la démocratie
(ARD, plate-forme de l’opposition), Mathias Dzon. Avec un régime
du parti unique jusqu’en 1992, le Congo a connu une histoire très
troublée. L’ouverture du pays au multipartisme a coïncidé
avec l'apparition de milices armées qui ont précipité
le pays dans une spirale de guerres civiles dont il porte encore les stigmates.
Le premier conflit interne a eu lieu en 1993-1994 suivi par un autre en
1997 et enfin de 1998 à 2003 dans le Pool (sud), provoquant des
violences qui ont fait des milliers de victimes. Les sanguinaires ninjas,
cobras, cocoyes et zulus, qui semaient la terreur ont aujourd'hui disparu.
Depuis 2003, l'ensemble du pays est pacifié. Le président
Denis Sassou Nguesso met l'accent sur la paix retrouvée pour lutter
contre la pauvreté: "Sur cet itinéraire de cinquante ans,
le maillon le plus faible de notre action collective est de n’avoir pas
pu, au plan économique et social, réaliser l’équivalent
du peu que nous avons réussi au plan politique". "Chacun de nous
en convient, il n’y a pas de véritable indépendance sans
émancipation, sans liberté économique et sociale.
Il n’y aura pas d’indépendance totale pour notre pays tant que nous
n’aurons pas libéré notre peuple du joug de la pauvreté",
reconnaît M. Sassou Nguesso, qui cumule 26 ans au pouvoir (1979-1992,
1997-jusqu'à aujourd'hui). "Nous n’avons pas encore pu réaliser
le développement économique malgré la générosité
de nos efforts et de notre volonté", précise-t-il. Le cinquantenaire
coïncide avec l’accès du pays au point d’achèvement
de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés
(PPTE). Jusqu’à récemment, le Congo était considéré
comme un des pays les plus endettés au monde par tête d’habitant.
Devenu le 4e ou 5e producteur du pétrole en Afrique noire, le Congo
a connu en 2010 le taux de croissance (12%) le plus important de la Communauté
économique des Etats de l’Afrique centrale. "En dépit des
potentialités économiques importantes du pays, on note que
les Congolais n’ont toujours pas accès à des soins de santé
de qualité", dénonce Christian Mounzéo, de la Rencontre
pour la paix et les droits de l’homme. "Le pays est incapable à
ce jour de mettre à la disposition de sa population des services
de santé couvrant les besoins sanitaires: le taux de couverture
en eau potable ne dépasse 40% sur toute l’étendue du territoire
national, malgré le potentiel hydraulique du pays. 41% de la population
demeure sous alimentée en 2010", décrit la Commission justice
et paix. "Le peuple souffre, le peuple peine à vivre, ce qu’il ne
mérite pas, au vu de l’abondance des ressources dont nous disposons,
renforcée tout récemment par les annulations en cascade des
dettes, dans le cadre de l’admission de notre pays au point d’achèvement
de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE)", a estimé
la Conférence épiscopale du Congo dans un communiqué
diffusé samedi. "Au cours des 50 ans d'indépendance, toutes
les politiques élaborées ou initiées dans le souci
d'éradiquer la pauvreté ont échoué, estime
Roger Bouka Owoko, de l'Observatoire congolais des droits de l'homme. "Cette
pauvreté continue de dicter sa loi". |
politique
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"Inquiétudes"
de l'ONU sur un projet de barrage géant en Ethiopie
Une femme pêche sur les côtes du lac Turkana en Ethiopie
qui pourrait se tarir après la construction d'un barrage
hydro-électrique géant, le 14 mars 2006
L'agence des Nations Unies pour l'environnement (Unep) a exprimé
vendredi des "inquiétudes" sur les conséquences environnementales
d'un projet de construction de barrage hydro-électrique géant
en Ethiopie.
Actuellement en construction sur la rivière Omo, dans le sud
de l'Ethiopie, le barrage de Gilegel Gibe III sera mis en service en 2013
et produira environ 1.870 mégawatts (MW) d'électricité.
Mais la rivière Omo, qui prend sa source en Ethiopie, est l'un des
principaux affluents du lac Turkana, au Kenya voisin, le plus grand lac
de la planète situé en zone désertique. Le projet
inquiète les associations locales, notamment sur le sort des 300.000
personnes qui vivent de la pêche et de l'élevage autour du
lac. "Construire un barrage est toujours un sujet hautement complexe et
délicat, en particulier lorsque cela concerne des bassins et des
cours d'eau transfrontaliers", a déclaré Achim Steiner, directeur
exécutif de l'Unep, interrogé sur le sujet lors d'une conférence
de presse. "J'ai bien évidemment suivi le débat public et
je partage les inquiétudes auxquelles il n'a pas encore été
répondu de façon adéquate. Il est important qu'on
étudie très tôt ces impacts", a poursuivi le patron
de l'Unep, une agence de l'Onu installée à Nairobi. Une réduction
du niveau des eaux du lac Turkana risquerait notamment d'avoir indirectement
des conséquences négatives sur un projet de construire dans
cette même région du Turkana ce qui devrait être le
plus grand parc éolien d'Afrique sub saharienne, avec une puissance
prévue de 300 MW, selon un autre responsable onusien. La construction
du barrage géant, qui s'ajouterait à deux autres déjà
édifiés sur la rivière Omo, risque de bouleverser
le cycle de condensation et d'évaporation des eaux et modifier les
vents particulièrement forts dans la région de Turkana. "Cela
signifie que si vous avez des niveaux d'eau réduits, ce schéma
ainsi que la vitesse des vents seront modifiés et il est donc bon
de savoir dans quelle mesure cela affectera la production éolienne
d'électricité", a déclaré Henry Ndede, chargé
des projets d'aménagement du bassin de la rivière Nairobi
à l'Unep, mais soulignant que la décision finale revenait
à l'Ethiopie et au Kenya.
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actuel |
Comores: "être un vrai
Mohélien" ou "quitter l'île"
Manifestation à Fomboni, capitale de l’île Mohéli,
le 27 mai 2010 aux Comores Selon lui, une commerçante anjouanaise
installée quelques mètres plus loin a été contrainte
de fermer son magasin, installé dans un conteneur, sous les menaces
des jeunes émeutiers parce qu’ elle a voulu leur tenir tête
.
A Mohéli, foyer de l'opposition au prolongement du mandat
du président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi, les Anjouanais
sont montrés du doigt et mis en demeure de choisir: "être
un vrai Mohélien ou quitter l'île".
Leur tort: être originaire de l'île d'Anjouan, comme le
président Sambi, dans un contexte où la population de Mohéli
réclame avec force la présidence des Comores comme le prévoit
le système de "présidence tournante" de cet archipel de l'océan
Indien. M. Sambi, dont le mandat de quatre ans prenait fin le 26 avril,
a obtenu en mars la prolongation de sa présidence jusqu'à
fin 2011, au terme d'une réforme constitutionnelle contestée
et d'un Congrès boycotté par l'opposition. Depuis, la défiance
d'une partie des Mohéliens envers les Anjouanais installés
dans leur île s'est aggravée. Archipel de 630.000 habitants
qui figure parmi les pays les plus pauvres de la planète, les Comores
sont composées de trois îles (Grande Comore, Mohéli,
Anjouan). En début de semaine, un groupe de manifestants a envahi
le petit marché de Fomboni, la "capitale" de Mohéli, pour
chasser les commerçants anjouanais qui constituent la majorité
des vendeurs, saccageant leurs échoppes et leurs stands. Le marché
est à présent quasiment déserté. «Lorsque
j’ai vu les jeunes s’exciter et proférer des menaces contre les
Anjouanais, j’ai fermé mon magasin et je suis rentré tranquillement
à la maison", témoigne Abdallah Hauthou, commerçant
d’origine anjouanaise installé sur l’île depuis bientôt
sept ans. Selon lui, une commerçante anjouanaise installée
quelques mètres plus loin a été contrainte de fermer
son magasin, installé dans un conteneur, sous les menaces des jeunes
émeutiers parce qu’"elle a voulu leur tenir tête". M. Hauthou
relativise toutefois les menaces pesant contre les Anjouanais de Mohéli:
"Beaucoup ont pris femme ici, avec des enfants, des liens se sont naturellement
noués depuis longtemps. Je ne crois pas à des représailles
contre les Anjouanais" qui représentent environ 30% de la population
mohélienne. "Tous mes amis, politiciens ou simples gens, sont des
Mohéliens! C’est à Mohéli que je gagne ma vie. On
défend les intérêts de Mohéli, je défends
la tournante mohélienne", dit-il en désignant son magasin
bien achalandé d’environ 20 m2. Fundi Hassan, lui, a reçu
cette semaine dans sa menuiserie du quartier Salamani à Fomboni
la visite d’un groupe de femmes venues l’avertir de faire un choix, "être
un vrai Mohélien ou quitter l'île", avant que le groupe ne
se rende au marché répéter le même message.
"Je ne fais plus de politique en faveur de Sambi!", se défend-il.
"Mon tort, c’est vrai, c’est d’avoir participé à son élection
en soutenant ici son vice-président Ikililou Dhoinine. Tout ce beau
monde nous a lâchés, mais l’image de Sambi me colle toujours
à la peau", se désole cet Anjouanais installé à
Mohéli depuis 1992. Hamada Mmadi, chef du quartier Salamani, a été
lui aussi menacé d’expulsion par un groupe de jeunes. Il n’est pourtant
pas Anjouanais, mais Grand-Comorien: son tort est d’être l’ami de
Hassan. Dans les quartiers à dominante anjouanaise comme Kanaleni
ou Hadoudja, les Anjouanais restent peu loquaces et soulignent que, pour
l'instant, il s'agit surtout de menaces verbales. "Ce sont des choses politiques,
nous on est là pour travailler. Mais quand il y a des problèmes,
on cherche les petits comme nous", témoigne l'un d'eux, qui a requis
l'anonymat.
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La
bataille du haschich fait rage en Egypte
La guerre du haschich fait rage en Egypte,
les autorités se prévalant d'avoir porté un coup sévère
contre cette drogue, dont la consommation était jusque-là
plutôt répandue dans le pays.
En une, le quotidien officiel Al-Ahram a même
cru pouvoir proclamer la fin des combats: "Le ministère de l'Intérieur
impose son contrôle sur le marché de la drogue", a-t-il avancé
samedi, notant qu'un "rapport de la sécurité générale
confirmait (...) l'éradication complète du trafic de haschich
en Egypte". Mais dans un pays où, selon une enquête officielle
de 2007, 8% des quelque 80 millions d'habitants consomment de la drogue
-en premier lieu de la marijuana-, décréter une telle victoire
paraît illusoire. "La lutte n'est jamais finie", confirme à
l'AFP le vice-ministre de l'Intérieur, Hamdi Abdel Karim. "Nous
espérons pouvoir continuer à endiguer" le trafic de drogue.
Depuis le début de l'année, les autorités égyptiennes
ont mis la main sur plus de six tonnes de haschich (résine de cannabis),
une répression sans égale ces dernières années,
fait-il encore valoir. Cette statistique constitue un bon point pour le
gouvernement auprès d'une population majoritairement conservatrice.
Du point de vue du consommateur, la pénurie, elle, se fait sentir.
"J'ai acheté pour 3.500 livres égyptiennes (635 dollars environ)
de haschich pour mon mariage. Il y a quelques mois, pour la même
quantité, cela m'aurait coûté 2.600 LE (470 USD)",
se lamente un habitant du Caire. "Et cela m'a pris des mois pour en obtenir
(...), ça m'a rendu dingue. Je l'ai finalement obtenu le jour de
la cérémonie", ajoute-t-il. Selon lui, "tout le monde à
présent dit qu'il n'y a plus rien". Le haschich présent sur
le marché égyptien est en grande partie importé illégalement
du Maroc via les frontières poreuses entre l'Egypte et la Libye.
Contacté par l'AFP, une autre consommateur a confirmé que
se procurer cette drogue était devenu complexe au Caire, métropole
de 20 millions d'habitants. En désespoir de cause, certains semblent
s'être rabattus sur le bango, la marijuana locale, dont les prix
ont aussi explosé. "Je préfère le haschich, le bango
me rend fou, c'est trop fort", ajoute un consommateur régulier.
Dans un pays où la méfiance vis-à-vis du pouvoir est
grande, d'autres théories que la simple répression ont par
ailleurs fait surface. L'une des plus répandues consiste à
voir l'oeuvre de responsables corrompus qui organiseraient la pénurie
actuelle afin de faire grimper les prix, rapporte un analyste politique,
qui requiert l'anonymat afin de ne pas voir son nom associé à
un sujet -la drogue- toujours tabou en Egypte. "La police et le gouvernement
sont d'une manière générale perçus comme corrompus.
Il y a un manque total de confiance" à leur égard, explique-t-il,
signalant que l'incertitude actuelle entourant l'avenir du pouvoir égyptien
est propice à l'émergence de toutes sortes de rumeurs et
fantasmes. Agé de 81 ans, le président Hosni Moubarak, au
pouvoir depuis 1981, n'a pas encore dit s'il serait candidat à l'élection
présidentielle de l'an prochain. Son fils, Gamal, pourrait lui succéder.
"Dans cette atmosphère d'opacité, les spéculations
(les plus) folles iront toujours bon train", estime l'analyste politique.
Revue
Kossi
Efoui : Une oeuvre inclassable
Afriscope
Le dernier numéro d'Afriscope vient de
paraître. Au sommaire : •Nouara Naghouche, one-woman-choc ! Citoyenneté
:
•On s’bouge : Villiers-le-Bel fusionne ses mémoires / Malika
Makhoukhi et Fatima Kouider, tandem gagnant à Cenon !; •Nos Droits
: Salariés sans-papiers : du nouveau dans leur régularisation
?; •Des hauts et débats : Mamadou M’Baye : « Être français,
c’est être moi ! » Culture
: •Musique : Pytshens Kambilo,
sur les marches du succès; •Cinéma : Les Secrets de Raja
Amari; •Danse : Gladys Foggéa, la danse au-delà du handicap
et •Théâtre : Kossi Efoui, une œuvre inclassable.
Revoilà Kossi Efoui sur le
devant de la scène littéraire ! Son dernier roman, Solo d’un
revenant, a remporté le prestigieux Prix Tropiques 2009. Les 12
et 13 février prochains, son théâtre fait l’objet d’un
colloque au musée Dapper à Paris. Une occasion à ne
pas manquer pour plonger dans l’œuvre déroutante de det enfant terrible
de la littérature francophone. Il y a vingt ans Kossi Efoui, jeune
philosophe et opposant politique togolais, remportait le prix interafricain
de Radio France Internationale avec Le Carrefour, une pièce déconcertante
pour le public occidental qui s’était forgé une certaine
idée des canons de l’esthétique théâtrale africaine
et de sa dramaturgie exotique et musicale. C’est le début d’une
longue carrière, durant laquelle Kossi Efoui, depuis la France où
il s’est installé, ne cessera de dénoncer l’acharnement de
la barbarie et l’injustice des sociétés dictatoriales à
travers l’errance de personnages déracinés. Pour beaucoup
de critiques, le théâtre de Kossi Efoui reste encore aujourd’hui
un Ovni : non identifiable mais surtout non classifiable. Il faut dire
que son œuvre travaille justement sur l’insaisissable, la frontière
entre le vrai et le faux, l’illusion que nos sens nous imposent.
Un théâtre qui se
joue des masques
Le théâtre de Kossi
Efoui propose une réflexion sur nos sociétés actuelles
: l’immigration, l’altérité, l’exode, le retour au pays...
des thématiques qu’il explore à travers un processus d’écriture
original. Tel un jazzman, Efoui s’amuse, d’après un canevas dramatique
identique, à réécrire, rejouer, ré-imaginer
ses textes. Tout y est en mouvement, en projections, à l’image que
l’auteur se fait de l’humanité : une humanité éphémère,
qui ne peut se penser qu’en devenir, qu’en évolution, qu’en tâtonnement…
en correction. « Je ne suis pas dans une quête identitaire.
Ce qui m’intéresse c’est de jouer avec toutes les figures possibles
et imaginables de l’identité parce que je pense que les territoires
de l’identité sont une scène de théâtre. [...]
Il semble que les hommes ne soient pas encore prêts à faire
des choix de civilisation qui n’intègrent pas la perception qu’ils
ont d’eux-mêmes et celle qu’ils voudraient que les autres aient d’eux-mêmes.
»…Une belle réponse au débat qui agite la France en
ce moment… et une œuvre passionnante à (re)découvrir d’urgence
!
Afriscope est un magazine culturel
et citoyen; un gratuit bimestriel de 32 pages édité par la
rédaction parisienne d’Africultures. D’un tirage de 50 000 exemplaires,
Afriscope, entièrement en quadrichromie dans une maquette originale
et très visuelle, est dans un premier temps bimestriel et distribué
dans la Région Ile de France.Pour s'abonner, envoyez un simple message
à : Rédaction d'Africultures, 26110 Les Pilles, France. |
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