Au fil de l'actualité
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En sus de l'actualité
Livre
Ananda Devi : Prix Louis Guilloux 2010
Présidé par Yvon Le Men, le jury du Prix
Louis Guilloux s’est réuni le vendredi 5 février afin
d’élire le lauréat du Prix 2010. Succédant à
Bernard Chambaz, Boualem Sansal, Léonora Miano et Lyonel Trouillot,
c'est Ananda Devi qui a été honorée pour son
roman Le sari vert. Par cette distinction, Ananda Devi vient,
une fois encore, de nous surprendre en bien. Décryptage
des sujets d'inspiration d'une femme de lettres.
Femme de lettres mauricienne, Ananda Devi fêtait ses 53 ans le
23 mars 2010. En principe, elle a jeté un regard sur son parcours
littéraire enrichi de poésie, de nouvelles et de romans.
Sans doute qu'elle a accueilli, à bras ouverts, le Prix Louis
Guillox pour son roman Le sari vert (Gallimard, septembre 2009),
une charge sans concession contre le patriarcat et les violences faites
aux femmes. Selon ses organisateurs, ce prix honore une oeuvre pour "la
dimension humaine d’une pensée généreuse, refusant
tout manichéisme, tout sacrifice de l’individu au profit d’abstractions
idéologiques" et pour "l’excellence de la langue, la qualité
romanesque du récit, et la lucidité du regard posé
sur les êtres". Ananda Devi recevait son prix et la dotation
de 10.000 euros à Saint Brieuc le vendredi 5 mars 2010. Elle participait,
le lendemain, à une journée de rencontres autour de son livre
et de l’œuvre de Louis Guilloux.
Lire la suite sur notre blog.
Poésie
Rendez-vous du 7 au 21 mars
2011 pour le 13e Printemps des Poètes sur le thème "d'infinis
paysages"
| Au
quotidien
PREMIER
BILAN DE NOTRE CAMPAGNE CONTRE L’EXCISION
Dans un précédent texte nous
avions promis de faire le point sur notre campagne, afin d’apporter toutes
précisions utiles aux personnes de cœur qui, en France, en Europe
et plus généralement un peu partout dans le monde, se sont
mobilisées derrière nous, faisant ainsi passer le message
le plus largement possible, par le biais de multiples petits groupes de
paroles, tout en organisant parfois ici et là, des réunions
d’informations plus importantes, mais aussi en ventilant nos articles,
y compris en les diffusant sous forme de tracts, jusque dans les collèges
et les lycées pour sensibiliser le plus grand nombre.
Au fil du temps, des centaines de mèls
de félicitations et de soutien nous ont été adressés,
d’autres nous arrivent encore, auxquels nous n’avons pas pu et ne pouvons
pas apporter une réponse personnelle, ce que chacun comprendra,
sachant que de pair à ce combat que nous menons contre ces pratiques
moyenâgeuses, qui relèvent de la barbarie, nous
sommes engagés dans bien d’autres, que nous jugeons tout aussi importants.
Et puisque nos sympathisants sont toujours plus nombreux, et que nos listings
ne cessent de croitre, il nous a paru nécessaire, plus particulièrement
à l’intention de nos nouveaux amis, de refaire l’historique de notre
action et le compte des avancées qui ont pu être obtenues
à ce jour. Lire la suite en pages société
culture
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Rentrée littéraire
La rentrée littéraire a démarré le jeudi
19 août. Au total, ce sont 701 nouveaux romans, dont 497 français,
qu'il faudra départager. Petit tour des dates des prix littéraires
attribués entre octobre et novembre.
Pour les néophytes, il n'est pas toujours évident de se
repérer au milieu de la masse des prix littéraires qui récompensent,
chaque année, les "meilleurs" romans de la rentrée. Goncourt,
Renaudot, Interrallié, Fémina, Médicis, Décembre...
Autant de noms prestigieux liés à un prix convoité.
Et autant de spécificités sources d'éloges, de critiques
ou de railleries. Il faut dire que les sujets de controverses ne manquent
pas: jurys « vieillissant » à la légitimité
contestée, poids des maisons d'éditions (à tel point
que le prix Interallié fut rebaptisé « Intergrasset
» ), lauréats surprises (Les Renaudot 2004 et 2007 ne figuraient
pas dans la liste des sélections officielles du prix) etc...
Bref, il plane sur les prix littéraires français, une
part d'ombre semble-t-il indissociable de leur histoire. Soupçons
de manipulations, intrigues, rituels d'attributions et composition des
jurys entretiennent ainsi le mystère... ou la polémique.
Quoiqu'il en soit, année après année, le monde des
lettres se passionne toujours pour la remise de ces distinctions, point
d'orgue de l'actualité littéraire .
C'est l'Académie française qui traditionnellement ouvre
le bal des récompenses:
Grand Prix du Roman de l'Académie française
(année de création : 1915 )
- Date des sélections :
1ère sélection : 30 septembre
2ème sélection : 21 octobre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 28 octobre, Institut
de France (23 Quai conti, Paris VIe)
- Dotation du prix : 7 500 euros
- Jury : Une douzaine d'académiciens (liste à venir)
- Lauréat de l'année 2009: Pierre Michon
pour Les Onze(éditions Verdier)
Prix Fémina
(année de création : 1904 )
-Date des sélections :
1ère : 16 septembre
2ème : 3 octobre
3ème : 19 octobre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 2 novembre, Hôtel
Crillon (Paris VIIIe)
- Dotation du prix : aucune
- Jury : exclusivement composé de femmes : Paule Constant, Claire
Gallois, Benoîte Groult, Paula Jacques, Mona Ozouf, Christine Jordis,
Viviane Forrester, Solange Fasquelle, Camille Laurens, Danièle Sallenave,
Diane de Margerie, Chantal Thomas.
- Lauréat de l'année 2009: Gwenaëlle Aubry
pour Personne(Mercure de France)
Prix Médicis
(année de création : 1958 )
- Date des sélections :
1ère : 16 septembre
2ème : 14 octobre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 3 novembre, Hôtel
Lutetia (Paris VIe)
- Dotation du prix : inconnue
- Jury : une dizaine de membres dont Patrick Grainville, Denis Roche,
Dominique Fernandez, Jacques Chessex, Anne Wiazemski, Jacqueline Piatier,
Francine Mallet, Christine de Rivoyre.
- Lauréat de l'année 2009: Dany Laferrière
pour L'énigme du retour(Grasset)
Prix Goncourt
(année de création : 1896. première proclamation
: 1903 )
- Date des sélections :
1ère : 6 septembre
2ème : 5 octobre
3ème : 4 novembre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 8 novembre, chez
Drouant (Paris 2ème arr.)
- Dotation du prix : symbolique (10 euros)
- Jury : 10 membres élus à vie (âge limite d'exercice
du droit de vote fixé à 80 ans) : Bernard Pivot, Edmonde
Charles-Roux, Didier Decoin, Robert Sabatier, Patrick Rambaud, Tahar Ben
Jelloun, Michel Tournier, Françoise Chandernagor, Jorge Semprun,
Françoise Mallet-Joris.
- Lauréat de l'année 2009: Marie NDiaye pour
Trois femmes puissantes(Gallimard)
Prix Renaudot
(année de création : 1925 )
- Date des sélections : 6 septembre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 8 novembre, chez
Drouant (Paris IIe)
- Dotation du prix : aucune
- Jury : Patrick Besson, Jean-Noël Pancrazi, Georges-Olivier Châteaureynaud,
Dominique Bona, André Brincourt, Louis Gardel, J-M-G le Clézio,
Franz-Olivier Giesbert, Christian Giudicelli.
- Lauréat de l'année 2009: Frédéric Beigbeder
pour Un roman français(Grasset)
Prix Décembre
(année de création : 1989 )
- Date des sélections :
1ère : 30 septembre
2ème : 28 octobre
- Date et lieu de proclamation du lauréat : 9 novembre, Hôtel
Lutetia (Paris 6ème arr.)
- Dotation du prix : 30 490 euros
- Jury : Un jury tournant composé de Pierre Bergé, Frédéric
Beigbeder, Philippe Sollers, Laure Adler, Arnaud Viviant, Jérôme
Garcin, Daniel Schneidermann, Patricia Martin, Bernard Frank, Christine
Angot, Charles Dantzig, Jean-Paul Kauffmann, Florence Malraux, Catherine
Millet, Cécile Guilbert, Eric Neuhoff, Dominique Noguez, Michel
Crépu.
- Lauréat de l'année 2009: Jean-Philippe Toussaint
pour La vérité sur Marie (Minuit)
Prix Interallié
(année de création : 1930 )
- Date des sélections : (à venir)
- Date et lieu de proclamation du lauréat : courant novembre,
chez Lasserre ( Paris VIIIe)
- Dotation du prix : aucune
- Jury : 10 journalistes masculins (plus le lauréat de l'année
précédente) : Serge Lentz, Eric Ollivier, Jean-Marie Rouart,
Jacques Duquesne, Pierre Schoendoerffer, Jean Ferniot, Claude Imbert, Eric
Neuhoff, Philippe Tesson, Stéphane Denis.
- Lauréat de l'année 2009: Yannick Haenel
pour Jan Karski (Gallimard)
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francophonie
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Nice
accueillera les prochains Jeux de la Francophonie en 2013
La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie
mercredi à Paris, a attribué mercredi l'organisation des
13e Jeux de la Francophonie à la ville française de Nice
en 2013.La Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie
mercredi à Paris, a attribué mercredi l'organisation des
13e Jeux de la Francophonie à la ville française de Nice
en 2013. Pour l'organisation de ces Jeux, manifestation à la fois
sportive et culturelle, Nice était en concurrence avec Malabo, en
Guinée Equatoriale et N'Djamena. Nice succèdera à
Beyrouth, qui avait été l'hôte des Jeux cette année.
La veille, les ministres des 70 Etats et gouvernements ayant en commun
le français avaient décidé que le prochain sommet
politique aurait lieu à Montreux, en Suisse, du 22 au 24 octobre
2010 et que celui de 2012 se déroulerait à Kinshasa, en République
Démocratique du Congo. Montreux en revanche était seule candidate
pour le sommet, remplaçant au pied levé Antananarivo, Madagascar
étant dans l'impossibilité d'accueillir une telle réunion
internationale en raison de l'instabilité institutionnelle et politique
qui règne actuellement dans ce pays.
Hommage à Sotigui Kouyaté
Vendredi 8 octobre 2010, à 20 h 30 au Musée
Dapper - 35 bis, rue Paul Valéry - 75116 Paris / 01 45 00 91 75.
Projection suivie d'une rencontre. Débat animé par Catherine
Ruelle

Film London River, de Rachid Bouchareb.
Lui, c'est Ousmane, soixante ans, forestier. Son métier est
de préserver l'écosystème. Il vit en France, il est
musulman. Elle, c'est Elisabeth Sommers, cinquante-cinq ans. Elle vit à
Guernesey, île anglo-normande. Elle parle le français. Elle
est catholique. Ali, le fils d'Ousmane vit à Londres avec Jane,
la fille d'Elisabeth. Ils n'ont plus aucune nouvelle d'eux depuis les attentats
de Londres.
Ousmane va aller vers Elisabeth pour qu'ensemble ils les retrouvent.
Une rencontre douloureuse qui réveillera leurs espoirs. Leus désirs
refoulés. Une histoire simple où les barrières disparaissent
; seuls restent des êtres humains identiques face à la douleur.
Sotigui Kouyaté a été récompensé à
Berlin, par l'Ours d'argent 2009 du meilleur acteur pour son rôle
dans ce film.
Ce qu'on en dit dans la presse
« Un homme et une femme partent à la recherche de leur
enfant respectif, à Londres, en 2005, le jour des attentats. Beau
film sobre, simple, émouvant. » Julien Welter, L'Express
« C'est sur l'évocation du fossé arbitraire
séparant l'homme noir et la femme blanche que se joue la réussite
du film. Père et mère murés dans leurs silencieuses
solitudes, gens de campagne désarmés par la jungle urbaine,
unis par une même panique et par des métiers symétriques
mais auxquels les préjugés sociaux imposent des routes parallèles,
le réflexe ridicule de se tenir à distance. » Jean-Luc
Douin, Le Monde
« Brenda Blethyn reprend, en l'affinant légèrement,
son personnage de Secrets et mensonges, de Mike Leigh. Sotigui Kouyaté,
lui, est aussi bouleversant que dans Little Sénégal, du même
Rachid Bouchareb. Le cinéaste est en perpétuel équilibre
– fragile, tendu – entre fiction et documentaire. Il semble constamment
à l'affût de ces deux solitaires tendres, paumés dans
cette ville mutante (...) » Pierre Murat, Télérama
« Avec pudeur et discrétion, l'auteur d'Indigènes
cerne leur angoisse et leur incompréhension qui croissent et s'entremêlent.
Dans ce drame, magnifiquement interprété, il prolonge sa
réflexion sur le déracinement et une nécessaire communication
entre les peuples. Du cinéma généreux. » Laurent
Dijan, StudioCiné Live Blog
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revue
de presse afrique du 26 août avec RFI
|
Par Frédéric Couteau
Avec hier, l’exécution d’un otage algérien, un douanier
qui a avait été enlevé en juin dernier et une tentative
d’attentat à la voiture piégée contre une caserne
en Mauritanie... « Décidément, le mois de Ramadan n’est
pas un panneau de stop aux exactions d’Aqmi », relève Le Pays
au Burkina. Le Pays qui en appelle à « une action conjuguée
pour lutter contre cette force invisible. Une force, poursuit-il, qui traverse
aisément les frontières du Niger, du Mali, de la Mauritanie
et de l’Algérie et qui, elle, ne tergiverse pas sur les moyens et
les manières pour frapper son ennemi. »
Et le quotidien burkinabé d’interpeller les chefs d’Etat de la
région : « le Mauritanien Abdel Aziz, l’Algérien Bouteflika,
le Malien Amadou Toumani Touré, et même n’importe quel autre
chef d’Etat africain (car on ne sait où et quand cette terrible
menace peut déposer ses guêtres), ont besoin de se donner
la main. L’Algérie n’avait pas mieux fait lorsqu’elle en était
l’hôte. Le président mauritanien, Abdel Aziz est le dos au
mur. Combien de cavalcades esseulées tomberont-elles encore avant
qu’on ne se rende à l’évidence de l’union salutaire ? »,
s’interroge Le Pays.
Un plan Marshall ?
Le Républicain au Mali renchérit : « Tant que les
pays sahélo-sahariens, en synergie plutôt qu’en solo, ne mesureront
pas la gravité du péril salafiste pour eux-mêmes d’abord
et pour les autres ensuite, il n’y aura pas de réponse durable et
efficace contre cet ennemi qui n’est pas l’ennemi de tout le monde. Déverser
des tonnes d’armes ne suffira pas. Les communautés, et le plus souvent
les communautés pauvres, doivent être de la partie,
affirme le quotidien malien. Al-Qaïda ne s’implantant que par la stratégie
de la proximité, elle ne peut être défaite que par
la même méthode. Or pour l’instant et pour ces communautés
démunies (…), la providence c’est plus Belmokhtar et Abuzeid (les
émirs d’Aqmi) que Bamako, Nouakchott, Niamey ou Alger. »
Pour Le Républicain, les Etats de la région et la communauté
internationale doivent donc « jouer franc jeu » et libérer
les moyens pour établir une sorte de « Plan Marshall de la
sécurité » au Sahel.
Et pour ce qui est des déclarations de Nicolas Sarkozy hier
sur la lutte contre le terrorisme international, le quotidien malien reste
sceptique : « s’ils lui permettent de faire amende honorable, les
propos guerriers de Nicolas Sarkozy ne modifieront pas fondamentalement
la donne. »
D’autres raids ?
Le 22 Septembre, autre quotidien malien, estime, lui, qu’une intervention
militaire directe de certains Etats, dont la France, au Sahel, est possible
et s’en inquiète… « Déjà, la France et la Mauritanie
ont mené un raid contre les terroristes sur notre territoire, relève
le journal, usant du droit de poursuite accordé par Bamako à
Nouakchott. Le ton est-il déjà donné ? », s’interroge-t-il.
« Paris est même allé jusqu’à annoncer
que la lutte contre Aqmi se ferait avec ou sans le Mali. Alors, alerte
ou intoxication ? », se demande encore Le 22 Septembre.
« En tout cas, cette annonce, vu la faiblesse de notre pays face
à ces éléments indésirables, pourrait signifier
une volonté d’intervention de certaines puissances internationales
sur notre territoire, même contre notre gré, affirme le quotidien
malien. Cela reviendrait à réduire le Mali à une colonie,
au moment même où il fête les 50 ans de son accession
à la souveraineté nationale et internationale. »
Et Le 22 Septembre d’en appeler lui aussi à une solution inter-régionale
: « Dans la lutte contre le terrorisme, la solution est de nous aider
à créer un cadre sahélo-saharien efficace, doté
des moyens militaires humains et matériels nécessaires, appuyé
par un échange de renseignements franc et régulier. C’est
là que Paris et Washington doivent intervenir en priorité.
»
De son côté, la presse algérienne continue de fustiger
l’attitude des Européens face à Aqmi, à l’instar de
Liberté : « l’Europe se barricade derrière ses frontières,
écrit-il, paye les rançons pour libérer ses ressortissants
otages mais elle ne contribue pas pour ainsi dire à la lutte contre
le terrorisme. Bien au contraire, elle contribue à augmenter le
niveau de la menace par le renforcement de ses moyens de frappe. Aqmi vient-elle,
d’ailleurs, relève le quotidien algérien, à peine
deux jours après la libération des deux otages espagnols,
de lancer son message macabre. Une exécution et une tentative d’attentat
kamikaze ! »
Encore !
Enfin, au Togo, de nouveaux ennuis pour le journaliste Didier Ledoux,
ce reporter-photographe qui avait eu maille à partir le 10 août
dernier avec un officier français. Cette fois, le journaliste a
été passé à tabac par des gendarmes. Le quotidien
togolais Liberté , pour lequel il travaille, explique que Didier
Ledoux a été pris à partie par les forces de l’ordre
alors qu’il effectuait un reportage près du Palais de justice de
Lomé. « Conduit vers le camp de la gendarmerie, le journaliste
a été relâché à côté de
la Grande-Poste, raconte le journal. Une relaxe intervenue grâce
à l’intervention de certains confrères parmi lesquels des
responsables d’organisations de presse. Conduit à l’hôpital,
le journaliste a reçu des soins et restera en observation pour quelques
jours. »
Pour ce qui est des raisons de ce matraquage, aucune explication pour
l’instant de la part des autorités.
On
en parle |
Plagier sur Internet : Bof !
par Marc Schindler
Vous n’avez jamais plagié sur Internet, jamais triché,
vraiment ? Vous espérez vraiment me convaincre que, jamais, vous
n’avez copié-collé une information piquée sur la Toile
? Désolé, je ne vous crois pas. Toutes les études
récentes en Europe, en Asie et aux États-Unis révèlent
la même réalité : tout le monde a plagié, plagie
ou plagiera grâce à Internet. C’est tellement facile : Google
vous donne accès, en quelques secondes, à des milliers de
sources. Un clic et voici l’information que vous cherchez. Un autre clic
: copié, c’est collé. Un dernier clic : je modifie la police
d’écriture et le texte est de moi ! Vous ne l’avez jamais fait.
Menteur !
Comme tous les journalistes, les chercheurs, les rédacteurs publicitaires,
les écrivains et les autres, je suis un utilisateur massif et quotidien
de Google. La chronique que vous êtes en train de lire a été
nourrie d’informations recueillies sur Internet en quelques clics. Et alors,
où est le problème ? Je suis un journaliste à l’ancienne.
On m’a appris à citer mes sources, à les vérifier,
à recouper des informations. Tout cela prend du temps, demande une
culture générale et des compétences pour évaluer
et trier le bon grain de l’ivraie. On m’a appris que ma crédibilité
professionnelle était jaugée à l’aune de ma rigueur.
Pour les utilisateurs nés avec Google, tout ça, c’est
ringard, pas cool. Depuis des années, les enseignants tirent la
sonnette d’alarme. La triche, ça a toujours existé. Vous
l’avez sûrement fait, un jour ou l’autre. Un étudiant français
sur deux avoue avoir triché lors d’un examen au collège.
Les autres sont soit de petits saints soit de sacrés menteurs. Mais,
avec Internet, la triche prend une tout autre dimension. N’importe quel
étudiant, n'importe quel scientifique, n’importe quel journaliste
peut rendre un travail qui lui vaudra une bonne note, un rapport qui fera
sa réputation ou une enquête qui lui assurera une augmentation.
Il y a même des sites qui vous vendent des rapports et des études
sur mesure. Ne comptez pas sur moi pour vous les signaler !
Les entreprises, les administrations et les enseignants ne sont pas
désarmés devant le plagiat. Il existe des logiciels qui vous
permettent de détecter le plagiat, comme Wordcheck, Turnitin.com.
Il y aussi le site www.plagiarism.com, qui compare les travaux soumis à
une base de données, pour évaluer si le travail est original
ou s’il s’agit d’un plagiat. Ce site est payant, ce qui décourage
peut-être les enseignants. Il existe l’équivalent en français,
www.compilatio.net/fr. Bref, si vous voulez vraiment lutter contre le plagiat,
c’est possible à condition de le vouloir.
Le plagiat, le faux, la contrefaçon, c’est la bête noire
des industriels et des défenseurs de la propriété
intellectuelle, un fléau qui n’épargne personne : on copie
tout, des logiciels aux jouets, des montres aux parfums, des articles de
sport aux médicaments. Les conséquences, ce sont des milliards
de chiffres d’affaires perdus, des millions de postes de travail supprimés.
Et à ce jeu, nous sommes tour à tour acteurs, témoins,
complices ou victimes, comme le rappelait une exposition, ce printemps,
à la Cité des Sciences, à Paris.
Mais, le plus étonnant, c’est ce que révèle une
étude américaine réalisée par le Centre pour
l’intégrité académique, publiée par le New
York Times et analysée par le site www.slate.com. « D'après
un sondage du centre réalisé entre 2006 et 2010, 40 % de
14.000 étudiants en licence ont admis avoir copié quelques
phrases pour des dissertations. Et la proportion d'étudiants pensant
que copier quelque chose sur le web constitue “une tricherie sérieuse”
est passée de 34 % au début des années 2000 à
29 % dernièrement. » Non seulement les étudiants américains
reconnaissent qu’ils piratent sur Internet, mais ils ne voient pas où
est le problème. Selon l’anthropologue Susan Blum, citée
par Slate : « notre notion de paternité et d'originalité
est née, elle a fleuri, et elle pourrait bien être en train
de disparaître ».
J’ai toujours cru, parce que c’est ce qu’on m’a appris, que j’étais
quelqu’un d’unique. Que c’était important pour moi d’écrire
des articles originaux, avec mes mots à moi ! Que c’était
immoral de copier et de plagier. C’est une attitude qui fait partie de
ma culture. Pas de celle des étudiants américains — et peut-être
aussi celle des étudiants français — qui plagient à
tout va sur Internet. Conclusion de Susan Blum : « ça ne (leur)
pose pas de problème de dire des choses auxquelles vous ne croyez
pas, ça ne pose pas de problème d'écrire des dissertations
dont vous vous fichez parce qu'elles ne font qu'accomplir un but, le but
de rendre un devoir et d'être noté. » Là, je
suis bluffé et mes certitudes vacillent ! Question de génération
ou de culture.
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Les Français depuis
moins de 10 ans
pourraient perdre leur nationalité
C'est un des deux amendements qui devraient être
arbitrés ces prochains jours, avant l'examen de la loi sur l'immigration
le 27 septembre. On en sait un peu plus sur le contenu de la loi immigration.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé ce vendredi
27 août sur RMC que les déchéances de nationalité
concerneront certains délinquants et criminels qui l'ont acquise
depuis moins de dix ans. Le quotidien Libération publie, lui, les
deux amendements que le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux,
veut voir adopter sur ce thème qui suscite un vif débat dans
la société française. Ces derniers, qui doivent faire
l'objet d'arbitrages dans les prochains jours, seraient intégrés
au projet de loi sur l'immigration examiné par le parlement à
partir du 27 septembre. Une réunion d'arbitrage présidée
par le président Nicolas Sarkozy discutera la "semaine prochaine"
de ces amendements. Les ministres concernés pourront apporter leurs
propositions.
Un délit de polygamie passible de 5
ans de prison
Le premier amendement crée un "délit
de 'polygamie de fait, escroquerie, abus de faiblesse'" passible de cinq
ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende. Si l'infraction est commise
en profitant de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse
du partenaire, les peines seraient portées à sept ans de
prison et 100 000 euros d'amende. A cela s'ajoute la déchéance
de la nationalité. L'autre amendement prévoit que les personnes
naturalisées depuis moins de dix ans perdraient la nationalité
française en cas de condamnation à cinq ans de prison ou
plus pour un crime ou délit visant un représentant des forces
de l'ordre mais aussi un pompier, gardien assermenté d'immeuble,
juré ou avocat, voire un conjoint, descendant, ascendant ou toute
personne vivant habituellement au domicile de ces personnes, écrit
Libération. Selon Eric Besson, "il faut se mettre d'accord sur la
notion d'origine étrangère, c'est: ayant acquis récemment
la nationalité française. Dans les conventions internationales
c'est simple, c'est réglé, c'est moins de dix ans".
Cette volonté du gouvernement de déchoir de leur nationalité
certains délinquants d'origine étrangère risque, selon
de nombreux élus de l'opposition et même de la majorité,
de se heurter au refus du conseil constitutionnel.
Cette semaine à
la Une
Kigali joue mal : Les Fdlr rapatriés
ont été refoulés
par Joachim Diana G.

Pour un retour à l’expéditeur,
Kigali devrait utiliser la voie diplomatique pour dire au gouvernement
congolais qu’il y aurait dans « le colis », des éléments
non rwandais.Les attaques des Fdlr semblent obéir à certains
agendas cachés de certains politiques congolais qui trouvent plaisir
à démontrer que la lutte contre les Fdlr est un échec.
Il y a longtemps que l’on parle du rapatriement volontaire des Fdlr. Cette
opération n’a pas connu le succès qu’on attendait. Les Fdlr
qui avaient intérêt à rentrer dans leur pays sous la
protection internationale, refusaient de saisir la perche qui leur était
tendue.
Le pasteur Daniel Ngoy Mulunda,
parti dans l’Est du pays dans le cadre de l’opération « arme
contre 50 dollars », s’est vu confronté à l’équation
Fdlr. Il en a convaincus pour la délocalisation. Celle-ci s’est
vite muée en rapatriement volontaire. Les candidats à la
délocalisation au rapatriement ont été identifiés.
Sur base des témoignages divers, ils ont été reconnus
comme Rwandais et à leur demande, ils ont accepté d’être
délocalisés. C’est ainsi qu’ils seront accueillis à
Kasenge au Katanga. Mais aussitôt arrivés, certains d’entre
eux ont tenté de s’en fuir arguant qu’ils voulaient rentrer chez
eux au Rwanda. Ils avaient pourtant la latitude de choisir un rapatriement
en douceur en lieu et place de s’en fuir.
Les autorités congolaises
n’ont pas hésité, après les avoir rattrapés,
à leur obtenir ce rapatriement. Devant cette opportunité,
d’autres rebelles rwandais ont demandé également d’être
rapatriés. Il y a eu donc une cinquantaine d’éléments
Fdlr qui ont été rapatriés. C’est donc avec étonnement
que l’on apprend qu’une vingtaine de ces éléments ont été
refoulés du Rwanda pour cause qu’ils seraient Congolais. Par quelle
magie donc, pour quel intérêt, les autres membres des Fdlr
avaient-ils témoigné sur leur nationalité rwandaise
?
Dans le cadre de la transparence,
au lieu de les refouler, pourquoi Kigali n’a-t-il pas repris contact avec
Kinshasa pour lui faire comprendre que dans le colis, il y aurait de non
Rwandais ? On reprendrait l’opération d’identification pour déterminer
leur vraie nationalité. En les renvoyant en Rdc qui ne peut en aucune
façon devenir la poubelle de tous les hors-la-loi de la région
de Grands Lacs, Kigali fait de ces Fdlr des apatrides. Kinshasa va-t-il
céder et ouvrir les frontières à ces Rwandais ? Il
faut que les deux pays recourent aux voies diplomatiques notamment en mettant
en place une commission mixte qui fera le travail d’identification. S’ils
sont Congolais, ils devront dire de quel village. Leurs aïeuls les
reconnaitront et les accueilleront.
Des Fdlr prête-nom
Il y a quelques mois, nous nous
interrogions sur la vraie nature des Fdlr. On s’étonnait du fait
que de plus en plus les Fdlr censées se battre pour un espace politique
dans leur pays le Rwanda, se complaisaient à attaquer les populations
congolaises qui leur offraient l’hospitalité. Pendant ce temps,
la frontière rwandaise était en sécurité. Car,
les Fdlr ne donnaient aucun signe de vouloir en découdre avec le
régime Kagame. Si on se rend bien compte, c’est lorsqu’il y a de
grands enjeux politiques en Rdc que les Fdlr, comme si elles veulent ajouter
du leur, s’activent. Il faut être naïf pour ne pas comprendre
que, pour ces Fdlr, c’est une façon de mettre de l’eau au moulin
de certains mécontents congolais.
Contestation des opérations
conjointes
Pour ne pas remonter jusqu’au déluge,
on constate qu’après les opérations conjointes, les Fdlr,
dispersées et militairement affaiblies, devenaient plus agressives
et surtout elles sont devenues plus violentes. Elles attaquaient des villages
parfois pour tuer. Tuer gratuitement. Il faut comprendre que par ces actes
de violence aveugle, on voulait démontrer que les opérations
conjointes étaient un échec. Qui avaient besoin de cette
démonstration ? Ce ne sont pas les Fdlr. Car, ces rebelles rwandais
n’avaient pas besoin de ce bras de fer au moment où ils avaient
intérêt à ce que la Rdc n’ait pas la raison de leur
mener une guerre en profondeur. Les observateurs avertis disaient à
qui voulait les entendre qu’il y avait derrière les Fdlr un enjeu
politique purement congolais. Si des politiciens congolais ne tiraient
pas des ficelles, les Fdlr qui attaquaient n’étaient pas de vraies
Fdlr. On peut s’étonner que les Fdlr, en dépit de toute la
dureté de la vie, soient davantage revigorées au point de
menacer réellement la paix en Rdc.
Protestation contre le calendrier
électoral
Il avait suffi que le calendrier
électoral soit publié pour que des casques bleus soient tués.
Pour les observateurs avertis, c’est un signal très fort. L’attaque
contre trois éléments de la Monusco mardi dernier à
Kirumba au sud-Lubero, a été précédé
par la prise d’otages. Une pratique qui, de l’avis de beaucoup d’observateurs,
marquait une nouvelle forme de guerre et donc de nouveaux objectifs à
atteindre. Tout cela n’avait rien de commun avec la revendication de l’espace
politique au Rwanda. Avec la lutte politicienne en Rdc, oui.
Chaque fois, au lieu de chercher
à pénétrer la vraie nature des Fdlr, on trouvait en
leur lieu et place des justifications à ces actes. Ainsi avait-on
expliqué la recrudescence des attaques contre les populations civiles
par le souci des Fdlr de se venger contre les opérations conjointes
menées conte elles. Aujourd’hui, on tente d’expliquer la violence
actuelle par le non respect des accords de Goma. On prétend que
les groupes armés n’auraient pas été intégrés
dans les Fadc. Il n’y a plus de différence entre Fdlr et groupes
érmés congolais. Et pourtant, l’autorité militaire
ne demande pas mieux que de voir ces groupes déposer les armes et
se rendre pour leur démobilisation ou leur intégration dans
les Fadc. Non seulement beaucoup n’ont pas répondu à cet
appel, mais aussi et surtout certains ce ceux qui avaient été
intégrés ont choisi de reprendre du service dans les groupuscules
armés.
Il y a donc un vrai problème.
Un prêtre jésuite de l’Est du pays croisé par hasard
à Kinshasa, se pose les mêmes questions que nous au sujet
des Fdlr. Il est vrai qu’il existe des Fdlr, des rebelles rwandais, mais,
il y a des actions prêtées aux Fdlr qui relèvent de
la stratégie de certains politiques congolais. Il voulait dire que
certains groupes armés agissaient et signaients Fdlr. Pour ce prêtre,
on exagère l’importance des Fdlr en nombre et en équipement.
Lui qui effectue beaucoup de missions d’itinérance et qui contacte
plusieurs personnes dans la région, les Fdlr avaient subi un vrai
coup lors de différentes opérations militaires menées
contre elles. Il n’est pas normal, constate-t-il, que sur le terrain, tout
se passe comme si ces Fdlr n’avaient jamais été attaquées.
Si on ne peut pas parler des Fdlr,
on développe des théories dangereuses en parlant des groupes
armés liés aux communautés. Quelle est leur revendication
? A ce jour, on ne fait plus le distinguo entre les actions de ces groupes
armés et celles des Fdlr. Il faut, estiment les observateurs, que
la guerre de renseignement accompagne la guerre militaire pour découvrir
les vraies et fausses Fdlr. A ce jour, ce sont les fausses Fdlr qui s’activent
pour le compte des parrains politiques à Kinshasa, à Goma
ou à Bukavu.
Joachim Diana G.
Rapport sur la RDC: le Rwanda
menace de limiter sa collaboration avec l'ONU
Le Rwanda menace de restreindre sa coopération avec l'ONU
quelques jours avant la publication d'un rapport du Haut commissariat des
Nations unies accusant le Rwanda de crimes en République démocratique
du Congo de 1996 à 1998.
Une version non finale de ce rapport, publiée jeudi par le journal
le Monde et par la BBC, détaille les massacres, viols et pillages
commis par des militaires de plusieurs pays et notamment du Rwanda au cours
des deux guerres qui se sont déroulées au Congo. "Toute initiative
qui serait prise sur la base de ce rapport nous obligerait à nous
retirer des divers engagements que le Rwanda a pris avec les Nations unies,
notamment en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix",
a écrit la ministre des Affaires étrangères rwandaise,
Louise Mushikiwabo, au secrétaire général de l'ONU,
Ban Ki-moon. Dans un communiqué transmis vendredi sur le site de
l'agence rwandaise de presse, le gouvernement accuse les Nations unies
d'avoir laissé publier ce rapport afin de détourner l'attention
d'une série de viols commis par les rebelles à proximité
d'un camp de casques bleus dans l'est de la RDC. "Le gouvernement du Rwanda
estime que ce projet divulgué est malveillant, choquant et ridicule"
dit un communiqué. "Le moment de la publication de ce rapport est
très révélateur" affirme le texte de Ben Rutsinga,
membre du bureau du porte-parole du gouvernement. Selon lui "il semble
que les Nations unies tentengt de détourner l'attention internationale
de sa dernière faute dans la région des Grands Lacs, où
récemment des centaines de Congolaises ont été violées
sous le regard des forces de maintien de la paix". |
reportage
|
RDC – Dégâts
importants au centre de développement de l’Archidiocèse de
Bukavu
Les Missionnaires Xaviériennes déterminées
à reconstruire après l’incendie du 22 août 2010
Kinshasa, le 26 août 2010 – DIA -
La Sœur Delia Guadagnini, Supérieure Générale des
Missionnaires Xaviériennes pour la République Démocratique
du Congo et le Burundi, de Bukavu, chef-lieu du Sud Kivu à l’Est
de la RDC, s’est confiée à l’Agence Fides après l’incendie
qui a consumé une partie de leur centre Olame de l’archidiocèse
de Bukavu le dimanche 22 août 2010, en ces termes : « Nous
recommencerons et nous reconstruirons ce que le feu à détruit
».
Le Centre Olame, fondé en 1959, dépend
du bureau diocésain de développement (Bureau diocésain
de développement – BDD) et s’occupe de la formation et de la promotion
de la femme. Ce centre coordonne une série de centres paroissiaux
pour la formation des femmes et des jeunes filles. Il offre en particulier
une formation aux femmes qui n’ont pas pu aller à l’école,
en proposant des activités d’alphabétisation et de formation
de base. Le centre Olame, dirigé par Mme Mathilde Muhindo, œuvre
en faveur de toutes les femmes de l’archidiocèse : non seulement
celles qui vivent à Bukavu, mais aussi celles vivant dans les villages.
Une autre activité très importante du centre est l’assistance
aux femmes victimes de viols, une pratique très répandue
dans la région. Près de 200 femmes et jeunes filles reçoivent
de l’aide psychologique : un service d’écoute et d’accompagnement
leur est offert. Rappelons que l’incendie, provoqué par des causes
naturelles, a entièrement détruit les deux moulins et tout
le stock de maïs, de sorgho et de soja, utilisé pour la préparation
de farines destinées à l’alimentation des enfants. Les autres
établissements du centre ont été épargnés.
Malgré les dégâts subis, la Supérieure
régionale la Sœur Delia Guadagnini n’entend pas lésiner sur
les moyens : « Cela ne nous empêchera pas d’aller de l’avant
et nous reconstruirons ce qui a été détruit. Notre
mot d’ordre est « recommencer » », a-t-elle dit. (Agence
catholique DIA www.dia-afrique.org)
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Les nouveaux «Frères
d'Italie»
par Federica Araco

Alin est un jeune de 17 ans. Depuis quatre ans il vit à Ostie,
dans la banlieue romaine. Il a un tempérament revêche, avec
ses camarades et ses professeurs, qui cache un profond besoin d'acceptation
et sa difficulté d’adapter son appartenance roumaine au contexte
italien. Masha a 18 ans, elle est née en Biélorussie et a
été adoptée par une famille italienne. Pendant longtemps
elle n'a pas eu de nouvelles de son frère qui a finalement réussi
à la retrouver. Elle voudrait le serrer à nouveau dans ses
bras, même si elle a peur de rouvrir les douloureuses plaies du passé.
Les parents de Nader sont égyptiens et vivent en Italie depuis plus
de vingt ans. Lui est né ici, il y a seize ans, et affronte les
conflits de l'adolescence en se cognant aux traditions culturelles de sa
famille.
Fratelli d'Italia (Frères d'Italie, 90', Italie, 2009), du réalisateur
Claudio Giovannesi, est un documentaire en trois épisodes qui raconte,
à travers trois histoires, les parcours d'intégration semés
d’embûches que les jeunes d'origine étrangère doivent
affronter pour vivre en Italie. Il invite aussi à une plus ample
réflexion en nous efforçant de mieux comprendre la vie de
cette deuxième génération à laquelle le droit
de citoyenneté continue d'être nié. En Italie, il
y a 862 000 jeunes nés de parents étrangers. 457 000
sont nés dans notre pays, les autres sont arrivés en bas
âge lors d’un regroupement familial. Ils sont et se sentent italiens,
mais du point de vue juridique et social, ils continuent d'être considérés
«étrangers» car enfants d'immigrés. L'accès
à la citoyenneté, condition essentielle pour avoir les mêmes
droits que les enfants de parents italiens, prévoit de fait une
procédure administrative longue, tortueuse, et souvent aporétique.
«J'ai tourné ce film parce que l'Italie, à
mon avis, n'arrive pas encore à reconnaître son identité
multiculturelle, elle se cache derrière une illusion d'orgueil national
et refuse la valeur positive de la diversité», explique
le jeune documentariste. «Je considère fondamentale et
émouvante chaque forme de meltin’pot. La population que l'on appelle
immigrée est, en réalité, notre nouveau tissu social,
une richesse qui doit être accueillie dans sa complexité et
avec ses infinies contradictions», poursuit-il.
Frères d'Italie est le fruit de deux ans de travail en collaboration
avec l'institut technico-commercial Paolo Toscanelli d'Ostie, dans la banlieue
romaine, où presque 30% des élèves sont d'origine
étrangère. «J'ai choisi comme protagonistes trois
adolescents, en racontant leur vie au quotidien, en observant leurs rapports
interpersonnels et les conflits qui les tourmentent», raconte
Giovannesi. L'emblème de ce sinueux parcourt d'intégration
est l'école, où souvent les enseignants ne réussissent
pas à garantir une formation satisfaisante aux élèves,
de plus en plus victimes des faux besoins imposés par la consommation
de masse. Dans un contexte ambigu, parfois violent, l'accablante croissance
individuelle se cogne à l'exigence de standards réfractaires
aux traditions religieuses et culturelles des communautés de provenance.
C'est le cas de Nader: sang égyptien et style de vie italianissime.
Comme beaucoup de jeunes de son âge, ce garçon aux yeux vifs
et éclatants rêve de devenir footballeur professionnel, il
aime les filles (il a une copine italienne, contre la volonté de
ses parents), et à l'école il est tellement rebelle qu'il
en est arrivé à se faire suspendre, avant un redoublement
annoncé.
«Le conflit de génération dans le film nous renvoie
au thème de l'identité. La différence qui sépare
pères et fils est à l'origine des problèmes qui se
posent aux première et deuxième générations
d'immigrés» commente Giovannesi. «J'ai essayé
de considérer le concept d'intégration au-delà de
son abstraction utopique, en le traitant au cœur même de la réalité»,
continue le réalisateur. «Je me suis rendu compte que l'intégration,
même quand elle est fortement désirée, n'est pas toujours
réalisable: c'est un parcours sans fin, qui nécessite une
redéfinition de l'identité, complexe et responsable, que
les deux parties -les nouveaux arrivants et ceux qui les accueillent- doivent
engager de manière paritaire. Alin, Masha et Nader vivent les joies
et les conflits d'une «génération pont» entre
des cultures différentes, fruit de la profonde mutation sociale
qui caractérise l'Italie de nos jours.
«Au début cela n'a pas été facile du tout:
je n'étais pas habituée à être suivie par quatre
techniciens du matin au soir», raconte Masha, protagoniste du deuxième
épisode. «Ils m'accompagnaient partout, en portant d'encombrants
équipements: à l'école, à la maison, aux rendez-vous
avec mon copain. Avec le temps, la caméra est devenue une amie toujours
à mes cotés, à qui j'ai pu confier mes émotions
et mes peurs». Et elle ajoute: «c’était une expérience
super et j’espère que le film pourra venir en aide aux jeunes, aux
parents et aux enseignants. Je conseille à tous de le voir parce
que, souvent, les gens jugent les immigrés sans connaissance de
cause, sans rien connaître de leurs histoires, des difficultés
qu'ils sont obligés de surmonter».
Le documentaire a obtenu la mention spéciale du jury au "Roma
Film Festival 2009", section L'autre cinéma/extra «pour
le regard surprenant, envoutant et pressant avec lequel le documentaire
entre dans la vie de trois adolescents italiens fils d'immigrés».
actuel
Seize femmes puissantes
Par François Busnel
Il y a les beaux livres et les grands livres. Les
livres qui peuvent changer une vie et ceux qui peuvent changer la vie.
Photo de groupe au bord du fleuve appartient à toutes ces catégories.
Voilà pour les étiquettes. De quoi s'agit-il ? De l'odyssée
d'une femme brusquement propulsée à la tête d'un mouvement
de revendication qui finira par ébranler le pouvoir traditionnel.
Voilà pour le contexte. Mais Emmanuel Dongala ne se contente ni
des étiquettes ni d'une toile de fond : romancier, il ne tombe jamais
dans le didactisme, ne verse pas dans l'exotisme, se garde de tout idéalisme.
Bref, il contourne ces "ismes" qui réduisent la pensée à
des slogans, tracent une ligne de partage entre le bien et le mal, le noir
et le blanc. Méréana casse des pierres tout au long de la
journée dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Autour
d'elle, quinze femmes. Elles ne se connaissent pas. Peu à peu, on
découvrira quelles mésaventures les ont conduites à
devenir ces forçats qui réduisent en gravier les pierres
du fleuve. Lorsque le président de ce beau pays décide de
construire un aéroport international et que les prix des matières
premières se mettent à flamber (y compris celui des prostituées
venues des pays voisins), ces femmes décident de doubler le prix
de leur sac de gravier. Les hommes qui les achètent pour une bouchée
de pain ne l'entendent pas ainsi. Bagarres. Coups. Humiliations. Tortures.
Emprisonnements. Tirs. Les femmes du bord du fleuve se mobilisent et ne
céderont pas. Seize femmes puissantes. Elles ont choisi Méréana
comme porte-parole. En revendiquant une hausse du prix de leur travail,
elles mettent à mal les traditions, qui veulent que la loi de l'Etat
soit une chose et la loi ancestrale une autre. Avec ce superbe roman, Emmanuel
Dongala porte un coup terrible au pouvoir des hommes en Afrique. Il dénonce
les violences sexuelles, l'hypocrisie religieuse, la tyrannie du mariage,
l'oppression domestique. Parfois, ce roman ressemble à un Germinal
africain. Il y a du Zola chez Dongala, l'un des meilleurs romanciers de
langue française, né au Congo d'une mère centrafricaine,
que la France a refusé d'accueillir lorsqu'il en fit la demande
(tandis que la guerre civile ravageait son pays) et qui enseigne aujourd'hui...
aux Etats-Unis.
LES
NOIRS À CUBA AU DÉBUT DU XXE SIÈCLE 1898-1933
Marginalisation et lutte pour l'égalité
Marc Sefil
Préface d'Alain Yacou
Recherches et documents Amériques latines
ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE HISTOIRE
IMMIGRATION, INTERCULTUREL MONDE CARAÏBES
La recherche montre le rôle éminent
joué par les populations issues du continent africain dans l'histoire
"post-colombienne" de la Caraïbe. Ces travaux manifestent l'existence
d'une véritable "voie noire" dans le processus de recomposition
politique économique, social et surtout culturel amorcé dans
cet espace après l'extermination de ses premiers occupants. L'évaluation
et l'évolution de la condition des Noirs à Cuba au début
du XXe siècle constituent le thème central. L'Harmattan ISBN
: 978-2-296-11894-2 • mai 2010 • 280 pages
Les
crapauds-brousse par Tierno Monénembo
Par Baptiste Liger
Avec les Crapauds-brousse, Monénembo s'emploie
à livrer une chronique sociale acerbe de la société
africaine. En 2008, à la surprise générale, le prix
Renaudot était attribué à Tierno Monénembo
pour Le roi de Kahel. Si le grand public a pu être dérouté
par le choix de cet auteur guinéen, les amoureux de littérature
africaine savaient qu'il s'agissait d'un auteur de première importance
- preuve en est avec Les crapauds-brousse, paru en 1979 et peut-être
son plus beau roman. Le crapaud : un batracien au physique réputé
ingrat qui, pourtant, selon une légende peule, fut la créature
préférée de Dieu. Mais pourquoi lui a-t-il laissé
une enveloppe charnelle si peu flatteuse ? Cette allégorie animalière
sert de point de départ à une fable acide sur l'ascension
de Diouldé. Après ses études d'électricité
en Hongrie, le jeune homme ambitieux revient au pays, dirigé par
le despote Sâ Matraq (à lire phonétiquement - clone
à peine voilé du dictateur Sékou Touré). Alors
qu'il se prépare à une vie tranquille auprès des "intellectuels",
ce garçon va vite découvrir un envers du décor particulièrement
corrompu, dont il pourrait bien être la victime. Chronique sociale
acerbe, Les crapauds-brousse vaut aussi pour sa langue, magique et imagée,
dont l'influence se fait sentir aujourd'hui chez nombre d'auteurs - Alain
Mabanckou en tête.n
Les
élites des banlieues françaises choyées par… les Etats-Unis

En France, le « diversity management »,
la gestion de la diversité, a du mal à passer des bonnes
intentions aux actes. Outre-Atlantique, c'est une réalité.
L'ambassade américaine à Paris repère et forme les
jeunes français prometteurs issus des quartiers populaires via son
programme de « visiteurs internationaux ».
Aux Etats-Unis, c'est un concept politique. Et il s'enseigne. Le «
diversity management » (gestion de la diversité), dans un
pays qui vient d'élire son premier président noir, est l'un
des thèmes de l'« International Visitors Program » (Programme
pour les visiteurs internationaux). Chaque année, ils sont 4.000
jeunes, dont une trentaine de Français conviés aux Etats-Unis
pour trois semaines de séminaire. Ressortissants des pays où
les Etats-Unis ont une ambassade, issus des formations de jeunesse des
partis ou d'associations jugées influentes, ils sont appelés
à être la future élite de leurs pays et sont invités
à ce séminaire où l'on évoque aussi bien le
manque d'accès à l'eau courante en Alabama que l'évolution
des droits civiques. Le programme est en place depuis soixante ans. En
leur temps, Nicolas Sarkozy, François Fillon ou Laurent Fabius y
ont participé.
Mais depuis la fin des années 1990, l'Oncle Sam n'invite pas
chez lui que les nouveaux diplômés de grandes écoles.
« On regarde ce que les jeunes font sur le terrain, pas quelle école
ils ont fait. Ceux qui fondent un magazine ou une association de réflexion
sur la banlieue sont forcément des gens d'avenir », explique
Lora Berg, attachée culturelle de l'ambassade américaine
à Paris, dont tous les employés sont invités à
repérer les jeunes prometteurs. Mais c'est surtout une Française,
Randiane Peccoud, qui supervise ce travail. Réunions, lancement
de projets, bouche-à-oreille… L'ambassade suit tout ce qui bouge
dans les quartiers populaires, avec des techniques de réseau classiques.
Elle dispose aujourd'hui de la meilleure liste de la diversité en
France.
« Le pouvoir se prend »
Invitée à Washington en tant que fondatrice de l'association
Les Indivisibles (lire ci-contre), Rokhaya Diallo pense que, « contrairement
à la France, les Etats-Unis ont compris qu'il y avait des Noirs,
des Beurs, des Ultramarins qui peuvent compter. Pour des raisons démographiques,
il y en a qui perceront ». Et donc, autant les aider. Le séminaire
comporte aussi une branche consacrée aux techniques de campagne
politique. Les conseillers en communication démocrates y enseignent
comment démarcher les électeurs en porte-à-porte,
comment se constituer un réseau. « Ce que j'en ai tiré,
c'est que le pouvoir ne se demande pas, il se prend », s'enthousiasme
Reda Didi, fondateur du think tank Graines de France.
Car ce programme révèle une différence de fond
entre la France et les Etats-Unis. Dans un pays qui pratiquait la ségrégation
il y a cinquante ans, les minorités participent aujourd'hui aux
conseils d'administration et sont dans les plus hautes sphères politiques.
« La France continue de traiter les questions de diversité
comme si elle était obligée, elle n'a pas compris qu'il en
allait de sa propre dynamique », observe Marc Cheb Sun, fondateur
de « Respect Mag ». « Aux Etats-Unis, la diversité
est vue comme une grande force. Même s'il y a des signes encourageants,
ce n'est pas encore le cas en France », souligne Lora Berg.
Les participants semblent satisfaits : les Etats-Unis leur portent un
intérêt qu'ils disent ne pas recevoir en France. « Les
mêmes personnes qui sont discriminées en France sont promues
aux Etats-Unis », résume Rokhaya Diallo. « J'ai envoyé
un tract sur mon think tank aux députés français ;
personne ne m'a répondu. Par contre, ça a enthousiasmé
plusieurs membres du Congrès américain », ajoute Reda
Didi. Comme les autres, il assure toutefois ne pas avoir mis son sens critique
dans sa poche pour succomber à un nouveau rêve américain.
CORENTIN BAINIER
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Monde
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Identité
Afrique:
des signes venus des sables
Par Bruno D. Cot
Berceau de l'humanité, le continent africain a souvent été
présenté comme celui de l'oralité. Faux. Bien avant
l'Europe, des civilisations brillantes y inventaient des systèmes
d'écriture parfois encore usités de nos jours.
"En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque
qui brûle." Aussi belle et profonde que puisse être la pensée
d'Amadou Hampâté Bâ, écrivain malien du siècle
passé, elle repose sur un terrible malentendu. Oui, l'Afrique, plus
que tout autre, est le continent de l'oralité, mais contrairement
à un discours politique convenu - inspiré de plusieurs siècles
de colonisation - elle n'est pas sans écriture. Loin de là.
Ou, plutôt, au plus loin de l'humanité dont elle est le berceau,
l'Afrique, via l'Egypte et la civilisation hiéroglyphique, pourrait
bien être aussi à l'origine de la première écriture,
avant celle de Mésopotamie (voir L'Express du 14 juillet dernier).
"Ethnologues et linguistes ont fait d'extraordinaires avancées ces
dernières décennies et, au-delà du cas égyptien,
le continent africain a possédé plusieurs systèmes
d'écriture antiques du côté du Soudan, de l'Ethiopie
et en Afrique du Nord", explique Bertrand Hirsch, le directeur adjoint
du Centre d'études des mondes africains (Cemaf). Revue de détail.
Le Méroïtique
Le premier de ces systèmes d'écriture prend corps dans
cette aire géographique qui s'appelait la Nubie, un vaste territoire
qui a la particularité de partager le Nil avec l'Egypte. Là,
quelque trois millénaires avant notre latin, dans le royaume koushite
dit de Kerma, né au sud de la troisième cataracte du Nil,
s'est développée une langue vraisemblablement parlée
par les élites. "Nous en connaissons l'existence par l'intermédiaire
d'une correspondance entre les souverains indigènes et les Egyptiens,
où apparaissent des noms avec des éléments méroïtiques",
explique Claude Rilly, du laboratoire Langage, langues et culture d'Afrique
noire (Llacan/CNRS), et qui dirige la Section française de la direction
des antiquités du Soudan. Mais après sa chute, vers 1500
av. J.-C., le royaume de Kerma, à l'exception de deux stèles,
n'a pas laissé de vestiges. Les restes de l'empire sont rapidement
colonisés par l'ennemi voisin. S'ouvre alors une période
de fusion des cultures : les Egyptiens viennent construire des monuments
majestueux, comme le temple d'Abou-Simbel, sous le règne de Ramsès
II (1279-1213 av. J.-C.), tandis que les Koushites "s'égyptianisent".
Ils adoptent certains dieux dans leur propre panthéon (Amon, Isis,
Osiris) et s'émerveillent devant les hiéroglyphes. Pour autant,
côté langue, le méroïtique ne semble pas abandonné,
s'imposant comme le parler du peuple et du commerce alors que l'égyptien
serait celui des hauts dignitaires. "Pourtant, les deux langues parfaitement
répandues sont aussi différentes que le français et
le turc", poursuit Claude Rilly, qui s'étonne de leur coexistence
aussi longue. Parce que, si elle ne repasse pas les plats, l'Histoire tourne
: au viiie siècle av. J.-C., les Koushites reprennent possession
de leur territoire et, mieux, s'emparent de la Haute-Egypte. Le coeur du
pouvoir se déplace de Napata vers Méroé, toujours
plus au sud. Comme s'il s'agissait de mieux se démarquer de l'influence
pharaonique. "En 250 avant notre ère émerge le royaume de
Méroé, durant lequel se développe, enfin, une écriture
méroïtique qui n'enregistre plus seulement quelques noms, mais
l'ensemble de la langue", raconte le chercheur du Llacan. Cette nouvelle
ère ne dure qu'une centaine d'années, mais va laisser aux
archéologues un bon millier de documents scripturaux. Selon les
linguistes, il existait deux écritures méroïtiques,
l'une hiéroglyphique et l'autre cursive. La première est
indéniablement d'inspiration égyptienne, même si les
signes n'ont ni la même valeur ni la même direction : "Ils
regardent en fin de ligne", explique joliment Claude Rilly. L'autre, dite
"cursive", apparaît comme une variation du démotique, avec
des hiéroglyphes simplifiés, "quasiment sténographiés".
Longtemps, le méroïtique est resté un mystère
pour les archéologues. Il a fallu attendre presque un siècle
entre sa découverte (1821) et son déchiffrement (1911) par
le Britannique Francis Llewellyn Griffith. "Et encore, on sait lire l'écriture,
mais on ne la comprend pas, précise Claude Rilly. Comme un bon latiniste
sait lire du turc, mais ne le comprend pas pour autant." Avant d'estimer
qu'aujourd'hui "à peine 5 % du vocabulaire et un tiers de la grammaire
ont véritablement été déchiffrés". Pour
avancer, il faudra du temps et la découverte d'autres vestiges,
plus riches. Le méroïtique, langue originelle, purement phonétique,
est bien une invention africaine. Elle supprime définitivement le
dogme qui voudrait que ce continent n'ait pas été suffisamment
intelligent pour créer une écriture propre et demeure un
envoûtant mystère pour les archéologues.
L'écriture éthiopienne
Elle n'a pas de nom, son origine reste l'objet de conjectures, mais
elle est mère de toutes les langues du pays. L'écriture antique
éthiopienne serait née de part et d'autre de la mer Rouge,
en symbiose avec le royaume de Saba. "On évoque souvent un substrat
yéménite, sans plus de précision étant donné
la rareté des inscriptions", explique Meaza Revol-Tissot, chercheuse
à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).
Dès le ve siècle avant notre ère, les relations entre
Saba et Erythrée ne font aucun doute : la langue, mais aussi les
dieux et même l'emblème royal sont intimement liés.
Jusqu'à la création en Ethiopie, au ier siècle apr.
J.-C., du royaume d'Aksoum, avec sa propre langue, le guèze (ou
éthiopien classique), qui va s'étendre de la province du
Tigré à une partie de l'Erythrée. "Elle était
la langue des milieux savants et de la religion, ce qui explique sa durée
dans le temps, puisqu'elle va être utilisée jusqu'au xe siècle
de notre ère", ajoute Meaza Revol-Tissot. Avant de préciser
: "On peut la comparer au latin, puisque d'elle sont nés le tigrigna
parlé au nord et surtout l'amharique, qui demeure, aujourd'hui,
la deuxième langue sémitique la plus parlée au monde
(après l'arabe) et la plus importante d'Ethiopie." Au point de jouer
un rôle identitaire de premier ordre.
Le Libyque
Il persiste un doute sur son antériorité qui se compte,
non en décennies, mais en siècles. Cette écriture,
dite aussi "libyco-berbère", puise sa source au fond des grottes,
dans des abris-sous-roche à vocation religieuse ou sur les monolithes
que l'on croise, ici ou là, au milieu du désert du Sahel.
Quelques inscriptions qui, plus tard, vont permettre de créer une
écriture alphabétique propre aux Berbères, au coeur
d'une immense aire géographique allant de l'Afrique du Nord au Mali.
"Les traces les plus certaines, exhumées sur le site de l'actuelle
Dougga (Tunisie), datent de 138 av. J.-C., mais des spécialistes
estiment qu'elle remonte au viie siècle avant notre ère",
explique Bertrand Hirsch. Une controverse chronologique sans fin, mais
pas sans arrière-pensées : le libyque pourrait avoir une
origine indigène, à savoir une genèse locale sans
influence extérieure ; ou endogène, inspirée par un
alphabet sémitique, probablement le phénicien. Mais dans
le premier cas, il devient le substrat de l'identité berbère,
celle qui revendique une histoire de l'Afrique du Nord avant l'arrivée
des Arabes. Aujourd'hui, la théorie la plus aboutie serait celle
d'une origine autochtone née d'un ensemble de signes appartenant
à l'art géométrique, qui aurait été
perfectionné par différents emprunts à d'autres langues
pour donner un alphabet propre.
"L'autre caractéristique fondamentale de l'écriture libyco-berbère
est d'avoir traversé le temps jusqu'à nos jours", raconte
Mohamed Aghali-Zakara, de l'Inalco. En effet, ce "rameau libyque" s'est
séparé, sous l'Antiquité, en trois alphabets qui "possèdent
une évidente continuité scripturale", reprend le chercheur
: oriental (Algérie, Tunisie, Libye), occidental (Maroc, une partie
de l'Algérie, jusqu'aux îles Canaries) et saharien. De ce
dernier est né le tifinagh, qui demeure l'écriture des Touaregs.
A aucun moment il ne sert à fixer la mémoire historique ou
à développer une quelconque littérature. "Là
encore, le tifinagh est, pour le peuple du désert, une marque identitaire
forte, qui a perduré parce qu'ils en ont eu un usage ludique", ajoute
Mohamed Aghali-Zakara. Outre quelques inscriptions symboliques écrites
par les adultes (marques de propriété, signatures), il s'apprend
à l'adolescence, sur le sable, pour des jeux ou pour écrire
de petits messages amoureux. "Leur usage s'apparente à celui des
jeunes en Occident qui, frénétiquement, envoient des dizaines
de textos par jour", conclut le spécialiste des Touaregs. De quoi
relativiser la moderne toute-puissance de notre dieu "téléphone
portable."
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Droit à la santé
Séropositive, Clémentine l'avoue:
"Je ne me cache plus pour en parler"
Tenue le 5 juin dernier à l'hôtel NH de Fribourg, la
2ème journée de consultations entre l'ASS et les églises
africaines était marquée par des ateliers, des discussions
et diverses interventions d'experts en matière du VIH/sida. Moment
fort de ce rendez-vous, le témoignage de Mme Clémentine*
(prénom d'emprunt) touchée dans sa chair par le virus ravageur.
Reportage.
Le jour où Clémentine apprends sa séropositivité,
le ciel lui tombe sur la tête. Un grand choc de sa vie. Aux interrogations
succède le dénie. "Ce n'est pas possible. Pas à
moi. A quoi ont servi toutes les précautions prises pour se protéger
de la maladie ?". Du sexe à moindre risque aux préservatifs,
il a suffi un moment d'inattention. Dans ce genre de situations, on reste
dans le doute. Le diagnostic du médecin était-il le bon ?
Après le temps d'interrogations et du dénie de son statut
sérologique, voici que Clémentine se met à regretter.
Elle réalise dorénavant que sa vie sera courte. Et qu'à
37 ans, elle n'en a pas vraiment profité. Elle s'en veut, elle dont
les enfants n'auront peut-être pas l'opportunité de profiter
du bonheur promis, cette nouvelle vie qu'elle est venue chercher Suisse.Lire
la suite en pages Diasporisons
Le musée du quai Branly présente cet été, à
travers 170 oeuvres majeures et 80 documents, une importante exposition
consacrée aux traditions artistiques d’Afrique Centrale, à
savoir le Gabon, la République du Congo et la République
démocratique du Congo. Véritable voyage initiatique menant
le visiteur des forêts du Nord aux savanes du Sud, l’exposition démontre
les liens existant entre les oeuvres produites dans les régions
bordant le majestueux fleuve Congo, par diverses populations de langues
bantoues. Derrière la variété des masques et sculptures
fang, hemba, kwélé ou kota, l’exposition met en lumière
les oeuvres majeures de l’Afrique Centrale, dans leur conception, leurs
structures et les liens artistiques qui les rapprochent. Les trois thèmes
de l’exposition, fondamentaux communs à ces peuples iconophiles,
sont complémentaires : les masques et statues ayant le « visage
en forme de coeur », et qui assurent l’unité et l’identité
des groupes respectifs ;
l’importance de l’ancêtre fondateur et des membres éminents
de son lignage ; la représentation de la femme dans les royaumes
de la savane, équilibrant l’autorité des hommes, liée
au mystère de la régénération de la terre,
de l’agriculture, de la vie humaine. Musée du quai Branly 37, quai
Branly 75007 – Paris Tél : 01 56 61 70 00 mardi, mercredi
et dimanche : de 11h à 19h et jeudi, vendredi et samedi : de 11h
à 21h.
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L'actualité
Lettre au Roi des Belges à propos de...
Sire,
Avez-vous comme moi regardé hier soir sur Arte le remarquable
film documentaire Le roi blanc, le caoutchouc rouge, la mort noire? Avez-vous
été, vous aussi, horrifié en voyant ces souffrances
terribles infligées à la population du Congo par le roi Léopold
II entre 1885 et 1908 ? Ces enfants dont on tranchait la main quand ils
ne rapportaient pas assez de caoutchouc ! Ces hommes dont on prenait les
femmes en otage afin qu’ils produisent plus ! Ces villages entiers qu’on
brûlait pour asseoir la terreur ! Ces tortures sadiques ! Avez-vous
frémi, vous aussi, en entendant l’historien M’bokolo expliquer que
ce génocide avait fait tomber la population du Congo de vingt millions
à dix millions ?
Ce n’est pas ce qu’on nous racontait à l’école, n’est-ce
pas ? On nous parlait d’un « grand souverain visionnaire et bâtisseur
» ! Alors qu’il s’est construit une des plus grandes fortunes du
monde, à coups de tortures, de massacres et de mensonges !
Bruxelles, notre ville à vous et à moi, regorge de statues
et monuments à la gloire de ce « grand roi ». C’est
gênant. C’est comme si Berlin arborait fièrement des statues
d’Hitler. Car, si on se place du point de vue des Noirs, Léopold
II, c’était bien notre Hitler, n’est-ce pas ? Blanches ou noires,
les victimes ont la même valeur.
Que comptez-vous faire, Sire ? Bien sûr, personne n’est responsable
des actes de son arrière grand-oncle. Mais enfin, s’il est vrai
que la fortune de la famille royale belge a pour origine un génocide,
ça doit vous gêner terriblement ! Alors, voici deux suggestions…
On parle beaucoup ces temps-ci, et à raison, du devoir de mémoire.
On visite Auschwitz, et c’est très bien. Mais enfin, ne serait-il
pas encore plus méritoire de s’occuper de notre Hitler à
nous ? Je ne propose pas d’enlever ces statues choquantes. Il serait plus
éducatif de les accompagner de quelques plaques expliquant ce qui
s’est vraiment passé. Et de créer un musée du génocide
congolais que les écoles pourraient visiter. Vous pourriez
aussi, je ne sais pas, demander pardon ? Pas personnellement bien sûr,
mais pour montrer que vous ne voulez pas être complice de ces crimes.
Et puis aussi, pour ne pas rester seulement dans les symboles, ne pourriez-vous
aider à réparer ? Comme vous le savez, les plus grosses fortunes
de la Belgique se sont construites en pillant le Congo. Il existe un excellent
livre, «Et l’Europe sous-développa l’Afrique» où
le professeur Walter Rodney montre, faits et chiffres à l’appui,
comment le colonialisme a bloqué le développement de ce continent.
(Ce livre est déjà ancien et sans doute épuisé.
Si vous ne le trouvez pas, appelez-moi, je vous le prêterai volontiers)
Donc, si votre grand-oncle a tant volé, vous serez bien d’accord
qu’il est juste de restituer. Vous donnerez ainsi un bel exemple à
plusieurs grosses sociétés belges. C’est important pour le
peuple du Congo. Il se débat dans une misère épouvantable
parce qu’on l’a volé. Et, comme vous savez, parce que le pillage
continue aujourd’hui. Sous des formes plus camouflées mais plus
efficaces encore. C’est aussi important pour nous en Belgique. On dit que
vous êtes très préoccupé par la montée
de nos partis fascistes et racistes. Vous avez là un excellent moyen
de les contrer. Puisqu’ils ne cessent de présenter les réfugiés
noirs comme des «profiteurs» qui viennent nous prendre notre
bien-être, n’êtes-vous pas le mieux placé pour leur
couper l’herbe sous le pied ? En montrant que les peuples noirs ne sont
pas des profiteurs, mais des victimes. Et que notre bien-être (enfin,
plutôt le vôtre que le nôtre) provient largement de ce
pillage commis contre les Noirs.
Alors, Sire, je vous le dis bien sincèrement : Remboursez
! Remboursez de bon cœur, ne gardez pas pour vous le fruit du génocide
! Ainsi, vous pourrez regarder vos enfants et petits-enfants les yeux dans
les yeux. Et tous les enfants noirs. Ca vaut mieux qu’un gros tas d’or
mal acquis, n’est-ce pas ?
MICHEL COLLON
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à jour qui se puisse trouver, pour tous les amis du Congo et tous
ceux qui s'intéressent à la RDC.
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L'Art d'être un homme
Afrique, Océanie
Exposition conçue et réalisée par le musée
Dapper, présentant environ 150 oeuvres, souvent inédites,
provenant de collections publiques ou privées.
En Afrique, comme en Océanie, les hommes
apparaissent rarement sans ornement. Portés au quotidien ou lors
de cérémonies cultuelles, les parures et les emblèmes
témoignent d'expériences vécues notamment lors des
rites d'initiation qui marquent les différentes étapes de
la vie d'un individu. La transformation de l'apparence première,
autrement dit du corps nu, est révélatrice du statut occupé
dans la communauté. Tous les signes, objets et marques corporelles,
affichent l'identité d'une personne et la situent au sein d'un groupe
où elle trouve sa place selon son âge, son sexe, sa fonction
- celle de chef, de chasseur, d'officiant ou de devin jouissant d'un certain
prestige. Les hommes parés sont au centre de relations complexes
où se tissent une infinité de liens tant sociaux que religieux,
liens avec les autres membres de la société, les ancêtres
et les êtres du monde surnaturel. Musée Dapper - 35 bis, rue
Paul Valéry - 75116 Paris / 01 45 00 91 75
Débat sur l'identité
nationale: vingt écrivains "pour une identité-monde"
"Agacés" par le débat sur l'identité nationale
lancé pendant l'hiver par le gouvernement, vingt écrivains
défendent la notion d'"identité-monde", dans un recueil de
réflexions initié par Jean Rouaud et Michel Le Bris."Agacés"
par le débat sur l'identité nationale lancé pendant
l'hiver par le gouvernement, vingt écrivains défendent la
notion d'"identité-monde", dans un recueil de réflexions
initié
par Jean Rouaud et Michel Le Bris. Sous un titre hommage à Rimbaud,
"Je est un autre", sous-titré "Pour une identité-monde",
leurs contributions viennent de sortir aux éditions Gallimard. "Nous
sommes plusieurs à avoir été agacés par ce
débat sur l'identité nationale et la médiocrité
du discours ambiant", confie à l'AFP Jean Rouaud, l'un des initiateurs
avec Michel Le Bris, fondateur d'Etonnants Voyageurs dont la 21è
édition se tenait ce week-end à Saint-Malo. "J'ai envoyé
(en décembre 2009) un texte au Monde à ce sujet en développant
l'idée que, pas plus que la littérature n'est circonscrite
à un territoire, l'identité ne l'est non plus", poursuit
le prix Goncourt 1990. Puis les choses se sont enchaînées.
"Nous avons rédigé un texte avec Michel (Le Bris). Nous l'avons
adressé à différents auteurs en leur demandant de
réagir sur le sujet". Ainsi est né "Je est un autre", dans
le droit fil du festival Etonnants Voyageurs. "Une identité unique
relève de l'absurdité à une époque où
nous vivons ces migrations permanentes, où nous sommes touchés
par ces flux d'informations, où chacun est témoin de ces
télescopages de cultures", dit Michel Le Bris. "Nous sommes le résultat
d'une multitude d'identités que nous reconstruisons par l'imaginaire",
assure-t-il. "Qu'on le veuille ou non, la France est aujourd'hui multiple.
Le nier, le refouler, c'est proprement absurde", estime celui que se définit
comme "français, anglais, américain... écrivain du
monde entier et breton par ailleurs". "Ma vie entière a été
un apprentissage de la diversité", résume pour sa part l'écrivain
Juan Goytisolo, qui, il y a plus de 20 ans, se définissait ainsi:
"Castillan en Catalogne, français à Madrid, espagnol à
Paris, latin en Amérique du nord, nasrani au Maroc et maure partout".
("Je est un autre - Pour une identité-monde", sous la direction
de Michel Le Bris et Jean Rouaud - NRF/Gallimard - 220 pages - 18 euros).
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